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La formation continue en technologies de l'information manque d'étudiants

Quelques étudiants du service de formation continue du Collège... (Stéphane Lessard)

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Quelques étudiants du service de formation continue du Collège Shawinigan

Stéphane Lessard

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le Collège Shawinigan offre maintenant tous les outils pour permettre aux jeunes adultes de gagner leur vie dans les technologies de l'information et ainsi répondre aux besoins pressants de main-d'oeuvre dans la région.

Seul problème, les étudiants ne se bousculent pas aux portes au service de formation continue, un phénomène qui préoccupe la direction.

Par exemple, «Programmation d'applications mobiles» devait d'abord être lancée à l'automne 2014. Devant le manque d'intérêt, elle a été repoussée en janvier dernier. Treize étudiants étaient alors inscrits, deux de moins que le minimum habituellement prévu pour démarrer un programme. Onze étudiants compléteront finalement cette formation de 1500 heures au printemps.

«Même si nous n'avions pas 15 étudiants, nous avons décidé de démarrer quand même pour enclencher le processus», explique Jean-François Léveillé, directeur-adjoint des études au service de formation continue du Collège Shawinigan.

«Les besoins de main-d'oeuvre étaient là et ils sont encore là; c'est dans la lancée de la diversification économique de Shawinigan. Le Collège voulait s'impliquer, même si le programme n'était pas rentable. Il fallait marquer le pas!»

Guidé par les besoins des entreprises locales, particulièrement ceux de la multinationale CGI qui s'est installée au centre-ville au début de l'année, le Collège Shawinigan a décidé de lancer une autre formation, «Spécialiste en qualité logicielle».

«Nous avons eu des discussions, au printemps, sur les besoins de CGI», raconte M. Léveillé. «Ils veulent une équipe de testeurs pour des logiciels de gestion à Shawinigan, pour eux et pour les autres centres d'excellence.»

Ce programme existe déjà au Collège Bois-de-Boulogne, à Montréal, où CGI puise déjà. Une entente a été conclue avec cette institution pour offrir la même formation à Shawinigan. L'entreprise SIM a aussi levé la main pour manifester son intérêt envers ces diplômés.

Mais encore une fois, pour le moment, cette formation suscite un intérêt mitigé. Ce programme de 1260 heures doit débuter en février et jusqu'ici, M. Léveillé compte les inscriptions sur les doigts d'une seule main. Idéalement, il souhaiterait avoir une vingtaine d'étudiants.

Pourtant, la plupart des cours se déroulent dans un univers moderne et stimulant, au Digihub Shawinigan.

«Il reste encore quelques mois, mais nous partons d'autres programmes en avril et nous avons quatre fois plus d'inscriptions», précise le directeur-adjoint. «En Technique d'intervention en milieu carcéral, j'ai une quarantaine de personnes ! En Programmation d'applications mobiles, j'ai une dizaine d'étudiants et j'en ai quatre ou cinq en Spécialiste en qualité logicielle.»

«Il faut faire de quoi», enchaîne M. Léveillé. «On sent que les besoins sont là, mais que nous ne sommes pas capables d'y répondre. Nous allons regarder une stratégie de communication différente, parce que nos canaux traditionnels comme Emploi Québec, les carrefours jeunesse emploi ou notre site web, qui fonctionnent habituellement, ça ne décolle pas.»

Le service de formation continue offre également une mise à jour pour les programmeurs, pour ceux qui veulent rafraîchir leurs connaissance ou qui souhaitent compléter leurs études dans ce domaine.

«On ne recherche pas nécessairement une clientèle de la Mauricie, car les cours peuvent se donner en ligne, le soir et le jour», précise M. Léveillé. «Là encore, le recrutement est assez difficile. Ça nous prend un bassin important de candidats, mais nous n'avons pas suffisamment de personnes. Quinze, c'est encore le chiffre magique.»

Le Collège Shawinigan offre évidemment le diplôme d'études collégial en informatique, qui connaît un bel engouement, sans doute à la suite de la création du Digihub et de l'arrivée de CGI. Mais il faut laisser le temps aux jeunes de compléter leur formation.

«Le taux de placement frôle les 100 %», glisse M. Léveillé. «Nous avions sept inscriptions à l'automne 2013 et c'est passé à 26 en 2014 et 2015. Les jeunes comprennent ce qui se passe!»

«Mais les besoins actuels sont très grands», ajoute-t-il. «Seulement avec les prévisions de CGI, qui souhaite l'embauche de 300 personnes au cours des trois prochaines années, nos diplômés ne sont pas suffisants.»

M. Léveillé ne croit pas que les adultes, à qui s'adressent les programmes du service de formation continue, soient naturellement moins intéressés aux technologies de l'information.

«Je regarde dans d'autres régions et ils ont beaucoup moins de difficultés de recrutement que nous connaissons pour des programmes semblables», laisse-t-il tomber. «Au Cégep de Sainte-Foy, ils refusent du monde!»

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