Technologies de l'information: le défi du recrutement

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Chantal Trépanier, présidente-directrice générale de SIM, reconnaît que l'embauche de programmeurs qualifiés représente un défi.

Sylvain Mayer

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Casse-tête quotidien, enjeu pour la croissance de l'entreprise, risque d'impartition de certains services dans d'autres régions: les difficultés de recruter du personnel qualifié dans les technologies de l'information à Shawinigan pèsent lourd. Difficile passage obligé dans le cadre d'une reconversion économique ou reflet d'une situation irréversible?
Chantal Trépanier, présidente - directrice générale de SIM, embaucherait au moins cinq développeurs informatiques expérimentés demain matin si elle pouvait trouver les perles rares.

«Ça n'a pas de bon sens; c'est critique !», déclare-t-elle. «C'est un frein à la croissance, carrément. Il y a aussi le service à la clientèle qui n'est pas évident. Nos clients sont partout dans le monde. Ça prend du monde bilingue et en région, c'est difficile.»

La sous-traitance a même été utilisée l'an dernier en raison d'une pénurie de développeurs informatiques pour sortir la quatrième version de la plate-forme Cognibox.

«Une entreprise de Montréal était capable de nous fournir dix programmeurs parce qu'on n'arrivait pas avec notre équipe et qu'on ne réussissait pas à en trouver», mentionne Mme Trépanier.

Même constat du côté de Claude Bourassa, président d'ICO Technologies.

«Ça peut être un ralentissement à la croissance», analyse-t-il. «On attire des gens de l'extérieur. Nous avons réussi à embaucher au cours des deux dernières années, mais pas à la vitesse qu'on aurait voulu.»

ICO Technologies vise la création d'au moins une dizaine de postes au cours de la prochaine année.

«Ce ne sont pas les mandats qui manquent», sourit M. Bourassa.

Chantal Trépanier veut participer à la création d'un événement sur les technologies de l'information au cours des prochains mois pour faire connaître les besoins dans la région. Déjà, des initiatives comme le dernier Salon de l'emploi, de la formation et de l'entrepreneuriat de Shawinigan, la création du Digihub et du Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins et les formations sur mesure au collège créent du mouvement. «Beaucoup d'initiatives sont prises pour faire un pôle informatique, mais on dirait qu'on n'est pas encore rendu là», constate Mme Trépanier. «Probablement qu'à un moment donné, on va atteindre la masse critique. Mais on ne l'a pas encore. Clairement, il faut faire déménager du monde en Mauricie!»

C'est ce que fait CGI jusqu'à maintenant. Émilie Proulx, chef de service aux communications de la multinationale, mentionne que sur une cinquantaine de personnes au centre d'excellence de la 5e Rue, environ 70 % viennent de l'extérieur de la Mauricie. Pour certains, il s'agit toutefois d'un retour dans la région.

CGI a officiellement lancé ses activités en avril, rappelle Mme Proulx. Jusqu'à maintenant, le recrutement se déroule au rythme espéré.

«Nous recherchons des emplois spécialisés», explique-t-elle. «On se crée un écosystème en TI. Former des gens, ça prend du temps, mais ça contribue au développement économique de la région. Jusqu'ici, la situation n'est pas différente de celle que nous avons observée dans les autres centres. Ça va au rythme prévu.»

Chez ICO Technologies, M. Bourassa estime qu'au moins la moitié des dix dernières embauches proviennent de l'extérieur de la Mauricie. Une fois les gens convaincus, la rétention ne pose pas problème.

«Nous avons de gros avantages de qualité de vie par rapport à d'autres régions», fait-il remarquer. «Avec le temps, nous avons confiance. Mais pour le moment, c'est un défi.»

Le meilleur à venir

Frédéric Laurin, professeur en économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières, précise qu'une table sectorielle des technologies de l'information au sein du Partenariat économique Mauricie - Rive-Sud s'est réunie pour la première fois le 2 septembre. Le diagnostic initial relève justement le défi de la main-d'oeuvre, sous divers volets: la pénurie évidemment, mais aussi son attraction et sa formation.

M. Laurin estime qu'une quinzaine d'entreprises en technologies de l'information en forte croissance en Mauricie recherchent actuellement entre 30 et 60 employés... sans compter CGI qui vise toujours à créer 300 postes d'ici 2018.

Bien que les besoins ne soient pas faciles à satisfaire actuellement, M. Laurin croit que le meilleur reste à venir.

«Ça va s'améliorer avec le temps», croit-il. «Ce qui est important, c'est d'avoir une masse critique d'entreprises qui se développent. Pour attirer des jeunes, ça prend des opportunités d'emplois, une espèce de dynamisme territorial. Ils doivent sentir qu'il y a quelque chose de branché à travailler dans les technologies de l'information dans la région. Shawinigan joue beaucoup là-dessus.»

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