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Digihub: le MAMOT a refusé que la Ville de Shawinigan cautionne un emprunt

Nancy Déziel, présidente du conseil d'administration du Digihub... (François Gervais, Le Nouvelliste)

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Nancy Déziel, présidente du conseil d'administration du Digihub Shawinigan.

François Gervais, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Le Digihub de Shawinigan doit se débrouiller avec les moyens du bord en attendant d'encaisser des revenus de location substantiels et l'été dernier, le ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire lui a compliqué un peu la tâche en refusant que la Ville endosse un emprunt pour le fonctionnement de cet organisme.

Le 14 avril, en assemblée publique régulière, le conseil municipal adoptait une résolution prévoyant un cautionnement de 150 000 $ en faveur de la station du numérique, qui souhaitait obtenir un contrat de crédit variable avec la Caisse Desjardins du Centre-Sud de Shawinigan pour son fonctionnement.

Dans le libellé, la Ville demandait au MAMOT l'autorisation de se porter garante de cette obligation. Or, le 15 juillet, Québec a refusé net.

Invitée à expliquer les raisons de cette décision, Audrey Garon, relationniste de presse et conseillère en communication stratégique au MAMOT, a transmis le courriel suivant:

«La Loi sur les cités et villes prévoit que toute municipalité peut se rendre caution d'une institution, d'une société et d'une personne morale vouée à la poursuite de certaines fins définies dans la Loi sur les compétences municipales», explique-t-elle. «Dans le cas présent, le Ministère, contrairement à la Ville, considère que les principales activités de la Station du numérique ne répondent pas aux fins prévues par la loi. Plus précisément, que cet organisme n'est pas voué à la poursuite d'oeuvres de bienfaisance, d'éducation, de culture, de formation de la jeunesse et de toute initiative de bien-être de la population.»

Le MAMOT s'est basé sur l'article 91 de la Loi sur les compétences municipales pour justifier sa décision. La présidente du conseil d'administration du Digihub, Nancy Déziel, reconnaît que cette interprétation a quelque peu déstabilisé l'organisme.

«Je n'ai pas le recul pour dire si ce refus est habituel ou non, mais c'est sûr que nous avions besoin de ce cautionnement», convient-elle. «Quand on fonctionne avec un organisme qui décolle, ça prend un fonds de roulement. Nous aurions aimé l'avoir, mais on se débrouille quand même assez bien. Nous avons gratté nos fonds de tiroirs!»

Mme Déziel précise que de nouveaux partenaires devraient annoncer une participation financière dans le Digihub prochainement, pour donner un peu d'air à l'organisation. 

«Nous avons géré de façon extrêmement serrée», ajoute la conseillère municipale du district de la Rivière. «C'est sûr que des projets ont été retardés. C'est la décision du gouvernement et on la respecte. Maintenant, je suis en mode solution.»

«J'en ai parlé à la Ville pour qu'on nous vienne en aide afin d'obtenir plus de liquidités pour mettre en oeuvre toutes sortes de projets», poursuit-elle. «Quand on démarre un centre, il faut installer des systèmes de sécurité, par exemple; plein de choses qui demandent des liquidités. Avec l'aide que nous avons, nous sommes en mesure de mener nos opérations et de lancer ce qui était en attente.»

À sa dernière séance régulière, le conseil municipal a ainsi autorisé une subvention de 75 000 $ au Digihub, pigée dans le Fonds de développement des territoires. Il s'agit d'un outil qui avait été créé dans le cadre du pacte fiscal transitoire de l'an dernier.

La Ville a identifié les trois priorités dans son plan d'action envers le nouveau fonds. Il s'agit du Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins, de la Communauté entrepreneuriale et du Digihub.

«Le but est de faire fonctionner la bâtisse», reprend Mme Déziel. «Quand on démarre, on ne démarre pas les locaux pleins. Pour que le Digihub fonctionne, il faut que le motel industriel rapporte des loyers. Sinon, je n'ai pas d'autres sources de revenus. L'incubation, ce n'est pas une opération positive financièrement parce que les gens paient des tarifs réduits pour qu'ils démarrent, ce qui est correct parce qu'on veut les aider. Ça nécessite beaucoup d'accompagnement.»

«La phase 1 est pratiquement remplie, mais je n'ai pas eu un chèque de loyer encore», fait-elle remarquer. «Ça prenait un petit peu d'air pour financer les opérations.»

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.... (Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 2.0

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Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Le maire attend encore un signal de Québec

En plus du Digihub, le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins a aussi bénéficié d'une subvention de 75 000 $ du Fonds de développement des territoires lors de la dernière séance publique du conseil municipal de Shawinigan. Cette somme est également versée pour son fonctionnement.

Visiblement, le conseil municipal regarde dans toutes les directions pour trouver du soutien au Digihub et au Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins. La conversion de l'ancienne Wabasso a entraîné des investissements de plus de dix millions de dollars et le maire, Michel Angers, souhaite toujours que le gouvernement du Québec bonifie son support. Une demande qui se conjugue difficilement avec un contexte d'austérité budgétaire.

En 2013, sous le bref régime péquiste, le Centre d'entrepreneuriat Alphonse-Desjardins recevait un million de dollars via le Fonds Résolu. De son côté, le Digihub obtenait 1,2 million $ grâce au Fonds de diversification économique du Centre-du-Québec et de la Mauricie créé à la suite de l'arrêt d'exploitation de la centrale nucléaire Gentilly-2.

Depuis ce temps, le maire crie dans le désert. Toujours lors de la séance publique du 6 octobre, le conseil municipal a accepté que la Ville se porte caution pour la Société de développement de Shawinigan pour un prêt de 2,250 millions $ avec la Caisse populaire Desjardins de la Vallée-du-Saint-Maurice. Ce montant doit servir à payer les factures des derniers travaux d'aménagement.

«On attend toujours de l'argent du gouvernement pour nous aider», déplore M. Angers. «Nous avons finalisé nos travaux et il faut que ça fonctionne. Nous avons plein de projets d'entreprise, mais c'est toujours la même affaire...»

Le maire précise que Québec n'a jamais refusé catégoriquement d'injecter d'autres sommes d'argent dans ce projet, mais le silence du gouvernement met beaucoup de pression sur la Ville.

«On nous dit que c'est un beau projet, que c'est super intéressant, que c'est porteur pour l'avenir et que c'est ce qu'il faut faire», résume-t-il. «Mais il n'y a pas plus d'argent qui suit.»

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