Les conservateurs ont manqué de stratégie, dit Frédéric Laurin

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Frédéric Laurin

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Difficile d'établir clairement un lien entre des politiques mises en place par un gouvernement et les conséquences sur le marché du travail d'une région.

Mais pour Frédéric Laurin, professeur en économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières, le problème du Parti conservateur consistait en l'absence d'un plan concret pour stimuler la croissance.

«La crise de 2008 a achevé les secteurs qui étaient en difficulté», explique-t-il. «Nous sommes en processus de diversification industrielle et ça prend du temps à se résorber.»

«Les conservateurs ont des idées économiques», poursuit M. Laurin. «Ils baissent les impôts, ils luttent contre le déficit, mais ils n'ont pas une stratégie économique. Ils utilisent des petites mesures ciblées, mais il n'y a pas de stratégie, en particulier pour le secteur manufacturier. C'est problématique, car ça prendrait une stratégie d'innovation pour appuyer le secteur manufacturier, parce que c'est l'avenir.»

«La plupart des pays qui fonctionnent bien ont une vraie stratégie, qui va au-delà de: On baisse les impôts et on prie», image-t-il. «La France a une stratégie de pôles de compétitivité, les Suédois ont une stratégie d'innovation excessivement importante, liée à l'éducation. Les Allemands ont une stratégie d'innovation et de formation de la main-d'oeuvre absolument fabuleuse, qui fait en sorte qu'ils peuvent concurrencer les Chinois sur la fabrication.»

Ceci dit, M. Laurin convient qu'il serait plutôt périlleux de lier cette lacune aux taux d'emploi et d'activité rachitiques en Mauricie, des phénomènes structurels qui résistent au temps et aux gouvernements.

Par ailleurs, le professeur fait remarquer qu'au plan national, le développement régional n'a pas fait souvent les manchettes dans la campagne électorale qui s'achève.

«Le Canada est un pays excessivement complexe en tant que structure industrielle», comprend-il. «Entre l'Alberta, le Québec, l'Ontario, les Maritimes, ce n'est pas du tout la même chose. Même au sein du Québec, entre ce qui se passe à Montréal et en Mauricie, ce n'est pas du tout pareil. On peut donc avoir une stratégie macroéconomique sur le contrôle des taux d'intérêt par exemple, mais une stratégie industrielle pancanadienne ne ferait pas beaucoup de sens.»

Des organismes comme Développement économique Canada et les Sociétés d'aide au développement des collectivités constituent de bons exemples de décentralisation pour favoriser la réflexion sur des politiques de développement régional efficaces, souligne M. Laurin.

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