Moteurs truqués: perquisitions en Allemagne chez Volkswagen

La police allemande a mené jeudi des perquisitions au siège de Volkswagen pour... (Photo: Associated Press)

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Agence France-Presse

La police allemande a mené jeudi des perquisitions au siège de Volkswagen pour tenter d'identifier les responsables du gigantesque scandale des tests anti-pollution truqués, alors que le groupe a reconnu avoir été au courant dès 2014 d'une possible infraction.

«Le but des perquisitions était de saisir des documents et des supports informatiques», susceptibles de permettre d'identifier les employés impliqués dans le trucage de onze millions de véhicules dotés d'un logiciel trompant les contrôles anti-pollution, a expliqué le parquet de Brunswick (nord) dans un communiqué.

Une porte-parole du parquet a précisé à l'AFP que des appartements privés avaient également été perquisitionnés à Wolfsburg (nord) et dans d'autres villes non précisées.

Trois procureurs et 50 policiers ont pris part à ces perquisitions, alors que le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, en visite justement à Wolfsburg jeudi, a réclamé «une action offensive du groupe», qui «doit faire la lumière».

Il y a presque trois semaines, Volkswagen a été épinglé aux Etats-Unis pour avoir installé un logiciel truqueur sur des voitures diesel, permettant de tromper les contrôles anti-pollution. Peu après, le groupe aux douze marques admettait que onze millions de voitures de par le monde, dont huit millions en Europe, en étaient équipées.

Depuis, plusieurs enquêtes judiciaires ont été ouvertes contre Volkswagen, en Allemagne, mais aussi dans nombre d'autres pays, dont la France, où ces voitures truquées ont été vendues.

Le constructeur a lancé aussi sa propre enquête en interne pour déterminer les responsabilités dans cette tromperie, qui visait à faire passer les voitures pour plus «vertes» qu'en réalité.

«D'après ce que je sais, seuls quelques salariés étaient impliqués», a déclaré mercredi dans une interview le nouveau patron Matthias Müller, parlant de «quelques développeurs». «Quatre personnes, dont trois directeurs responsables à différentes époques du développement des moteurs» ont été suspendues.

La presse allemande parle du chef du développement de la filiale Audi, Ulrich Hackenberg, et de son homologue chez Porsche, Wolfgang Hatz. Volkswagen n'a rien confirmé.

- Non-respect des normes d'émission

Jeudi vers 14H00 GMT, le patron de Volkswagen USA a commencé à s'expliquer sur ce scandale lors d'une audition devant le congrès américain.

«Au printemps de 2014 (...) on m'a dit qu'il y avait une non-conformité des émissions qui pouvait être corrigée. Je suis informé que les régulations de l'EPA (agence de protection de l'environnement) comprennent plusieurs sanctions pour non-respect des normes d'émission», doit indiquer M. Horn, selon son discours transmis dès mercredi par l'entreprise à la presse.

Alors que se pose la question de savoir à quel moment les dirigeants de Volkswagen ont eu connaissance de la tromperie, M. Horn dit avoir été informé «plus tard en 2014, que les équipes techniques disposaient d'un plan spécifique de remèdes pour rendre les véhicules conformes et qu'elles étaient en discussions avec les agences (compétentes) sur cette procédure».

«Je voudrais présenter des excuses sincères de Volkswagen pour avoir utilisé un logiciel qui a servi à truquer le régime des tests» des normes antipollution, doit aussi déclarer le dirigeant, auditionné par une commission parlementaire.

- Premiers rappels prévus en janvier -

La remise aux normes des voitures de Volkswagen équipées d'un moteur truqué prendra des mois, a reconnu Matthias Müller, qui a pris la tête de Volkswagen y a dix jours après l'éviction de Martin Winterkorn.

Dans les délais fixés, le ministre allemand des Transports Alexander Dobrindt a reçu un courrier de Volkswagen, dans lequel le constructeur détaille les grandes lignes de son plan pour remettre aux normes ses véhicules.

«Si tout se passe comme prévu, nous pourrons commencer le rappel en janvier, et d'ici fin 2016 tout devrait être remis en ordre», a récemment promis le patron du groupe.

Le logiciel truqueur a aussi été activé en Europe, et pas seulement aux Etats-Unis, souligne par ailleurs jeudi le quotidien Süddeutsche Zeitung. Sans cette technologie, «les voitures concernées n'auraient vraisemblablement pas été autorisées à être mises en circulation selon la norme d'émission Euro 5», poursuit le journal.

VW a indiqué continuer à enquêter en interne sur le sujet.

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