Des rumeurs sur la CSeries font bondir le titre de Bombardier

L'action de Bombardier (TSX:BBD.B) s'est envolée à la... (Photo Jasper Juinen, Bloomberg)

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L'action de Bombardier (TSX:BBD.B) s'est envolée à la Bourse de Toronto, mardi, à la suite de la publication d'une dépêche selon laquelle l'entreprise québécoise aurait proposé de vendre à Airbus une participation majoritaire dans son programme d'avion commercial CSeries.

Photo Jasper Juinen, Bloomberg

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La Presse Canadienne

L'action de Bombardier (TSX:BBD.B) s'est envolée à la Bourse de Toronto, mardi, à la suite de la publication d'une dépêche selon laquelle l'entreprise québécoise aurait proposé de vendre à Airbus une participation majoritaire dans son programme d'avion commercial CSeries.

Après un gain de plus de 18 pour cent, le titre de l'avionneur a terminé la séance à Bay Street à 1,77 $, en hausse de 23 cents ou 14,34 pour cent.

D'après Reuters, le géant français du transport donnerait un coup de main à Bombardier pour compléter le développement de son nouvel avion commercial pouvant transporter de 110 à 160 passagers en échange d'une participation majoritaire dans ce programme.

Une source citée par l'agence a toutefois qualifié les discussions d'«exploratoires».

En soirée, Bombardier a confirmé par communiqué avoir eu des pourparlers avec Airbus «concernant certaines occasions d'affaires», sans toutefois mentionner la CSeries, ajoutant que ces discussions étaient terminées.

L'analyste Richard Aboulafia, de la firme américaine Teal Group, a estimé qu'il était très inhabituel de voir un vendeur approcher un acheteur potentiel, soulignant qu'Airbus était un concurrent de Bombardier dans le marché des avions de 110 à 160 passagers.

«Soit que ce n'est pas vrai ou c'est désespéré, a expliqué l'analyste au cours d'un entretien téléphonique. Si c'est vrai, cela suggère que l'entreprise veut désespérément une stratégie de sortie (pour la CSeries).»

De plus, selon M. Aboulafia, les constructeurs d'avions ont des philosophies différentes et sont généralement peu enclins à utiliser les technologies des autres lorsque vient le temps de construire des appareils.

L'analyste de Teal Group estime qu'il serait plus logique pour Bombardier de s'associer avec un partenaire chinois pour la CSeries, compte tenu des ambitions de la société à l'égard de ce marché.

«Peut-être que l'entreprise a essayé et qu'il n'y a pas eu d'intérêt, a dit M. Aboulafia. Peut-être que ce n'était pas faisable.»

Benoit Poirier, de Desjardins Marchés des capitaux, estime que Bombardier pourrait profiter de l'important réseau de clients d'Airbus advenant une transaction, mais il soulève certaines préoccupations.

Dans une note, l'analyste écrit entre autres que la transaction serait complexe et qu'elle serait scrutée à la loupe par les gouvernements, dont celui du Canada.

«Les investisseurs se demanderaient aussi pourquoi Bombardier vendrait une participation majoritaire de la CSeries quelques mois avant les premières livraisons, alors que les investissements majeurs ont déjà été effectués et que la performance de l'appareil dépasse les attentes», estime M. Poirier.

L'analyste Turan Quettawala, de la Banque Scotia, croit pour sa part que sans nouvelles commandes, Bombardier pourrait avoir besoin de liquidités supplémentaires dès la mi-2016 pour le développement du CS300 ainsi que de ses avions d'affaires Global 7000/8000.

En raison des imprévus et retards, les coûts du programme de la CSeries ont explosé, passant d'environ 2 milliards $ US à 5,4 milliards $ US. Bombardier a jusqu'ici reçu 243 commandes fermes pour son modèle CS100, dont les premières livraisons sont prévues dans la première moitié de 2016.

Par le biais d'émissions d'actions et d'obligations l'hiver dernier, l'avionneur avait récolté 3,1 milliards $ US. En date du 30 juin dernier, ses flux de trésorerie étaient estimés à 4,4 milliards $ US.

Le constructeur d'avions et de trains prépare actuellement l'entrée en Bourse d'une partie minoritaire de sa division ferroviaire, ce qui, selon des analystes, pourrait générer jusqu'à 5 milliards $ US.

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