«Un accord comme on n'en voit qu'une seule fois dans une vie»

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Le chef conservateur Stephen Harper a vanté les vertus du Partenariat transpacifique.

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Le Canada, les États-Unis, le Japon, l'Australie et huit autres pays bordant l'océan Pacifique se sont finalement entendus hier à Atlanta pour créer la plus vaste zone de libre-échange au monde, mais le plus difficile reste à venir: la ratification de l'accord, notamment à Washington.

Pour les pays participants, le Partenariat transpacifique (PTP) doit permettre de limiter l'influence économique de la Chine dans cette vaste région. Les 12 pays du PTP comptent près de 800 millions d'habitants et représentent 40% de l'économie mondiale. Comme le Canada a déjà des traités de libre-échange avec plusieurs d'entre eux, les gains les plus importants proviennent du Japon, du Viêtnam, de la Malaisie et de l'Australie.

«C'est un accord comme on n'en voit qu'une seule fois dans une vie, s'est exclamé le premier ministre sortant, Stephen Harper, en conférence de presse à Ottawa. On pouvait en faire partie ou non, et nous avons décidé d'embarquer parce qu'il y a tout simplement trop à gagner pour le Canada. Nous avons choisi la participation plutôt que l'isolement.» Le chef conservateur a même soutenu que l'entente «surpassait» ses attentes.

Or, à la toute fin des négociations, Ottawa a tout de même dû consentir des concessions en ce qui a trait au système de gestion de l'offre qui protège les producteurs de lait, de volaille et d'oeufs depuis des décennies. Ainsi, le Canada fera une place accrue aux pays du PTP, principalement les États-Unis, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, dans ses marchés: 3,25% pour le lait, 2,3% pour les oeufs, 2,1% pour le poulet, 2% pour le dindon et 1,5% pour les oeufs d'incubation.

Ce sont les contribuables qui combleront les pertes des producteurs. Le gouvernement fédéral a annoncé hier la création de quatre programmes d'aide qui coûteront 4,3 milliards sur 15 ans.

Quelque 3,9 milliards iront aux producteurs de lait, de volaille et d'oeufs, dont 2,4 milliards sous la forme d'indemnités oscillant entre 71 500 $ et 192 000 $ par ferme et 1,5 milliard pour protéger la valeur des quotas de production. À cela s'ajouteront 450 millions pour aider les transformateurs à se moderniser et 15 millions pour soutenir l'exportation.

Automobile

L'autre secteur mis à mal par l'accord est celui de l'automobile, où Ottawa a également accepté de faire des concessions importantes. Le tarif douanier de 6,1% imposé par le Canada sur les importations de véhicules sera graduellement éliminé sur une période de cinq ans pour les pays du PTP, au premier chef le Japon. Les États-Unis ont aussi accepter d'éliminer cette barrière tarifaire, mais sur 25ans. De plus, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont accepté d'abaisser la proportion minimale de contenu provenant des pays membres de l'accord pour qu'un véhicule soit exempt de douanes: elle passera de 62,5à45%. Aux États-Unis, Ford a dénoncé l'accord, déplorant qu'il n'aborde pas la question de la dévaluation des devises, une façon pour certains pays de rendre leurs exportations plus compétitives.

En revanche, les exportateurs canadiens profiteront de l'élimination ou de la réduction des tarifs des pays membres du PTP dans plusieurs secteurs, dont ceux du boeuf, du porc, des métaux, de la machinerie, du canola, de l'orge, des petits fruits (canneberges et bleuets notamment), du vin, des produits de l'érable, du bois d'oeuvre, du papier journal et des services professionnels.

Le chef libéral, Justin Trudeau, a laissé entendre hier qu'il pourrait appuyer l'accord alors que le chef bloquiste, Gilles Duceppe, s'est dit «déçu» de la «brèche» pratiquée dans la gestion de l'offre. Le leader néo-démocrate Thomas Mulcair a répété qu'il ne se sentait pas lié par «l'entente secrète» négociée par le gouvernement conservateur.

Il était difficile hier d'en savoir davantage sur l'accord puisque le texte de celui-ci ne sera rendu public qu'au cours des prochaines semaines. On sait toutefois que le traité oblige les pays membres à respecter des normes minimales en matière de droit des travailleurs et de libre circulation des données pour le commerce électronique, ce qui pourrait avoir un impact particulier au Viêtnam et en Malaisie. De plus, des groupes de pression américains ont indiqué hier que le PTP allait désormais empêcher les cigarettiers de poursuivre en justice les gouvernements qui adoptent des mesures de lutte contre le tabagisme.

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