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Partenariat Transpacifique: les producteurs sous gestion de l'offre déçus

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La production laitière écope avec cet accord sur le Partenariat transpacifique.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) L'accord sur le Partenariat transpacifique (PTP) conclu lundi déçoit vivement les producteurs de lait, d'oeufs et de volailles de la Mauricie et du Centre-du-Québec, c'est-à-dire ceux qui sont sous gestion de l'offre.

Pour un, Pierre Lampron, président des producteurs de lait de la Mauricie, estime que le nouvel accès au marché canadien de 3,25 % concédé par le Canada dans le PTP est une perte qui en coûtera aux payeurs de taxes.

C'est que le système de gestion de l'offre canadien «ne coûte rien aux contribuables», dit-il. Avec le nouvel accord, l'actuel gouvernement Harper promet un programme de compensations aux producteurs qui totalisera à long terme 4,3 milliards $.

«L'argent vient quand même des contribuables», plaide M. Lampron. «Il donne accès à notre marché et il va nous compenser avec de l'argent qui vient du contribuable», dit-il.

Maintenant, «on embarque avec ce que les Américains ont, le Farm Bill et les compensations», déplore-t-il.

La gestion de l'offre ne tombe pas, dit-il, «mais elle est affaiblie parce qu'on donne 3,25 %» du marché.

Denis Morin, président des producteurs de lait du Centre-du-Québec, indique que les producteurs sont «très déçus. Pour une deuxième fois en deux ans, on sert de monnaie d'échange pour obtenir une entente de commerce. On est des gens d'affaires, on n'est pas contre le commerce, mais que le secteur laitier serve, à chaque négociation, de monnaied'échange pour conclure une entente, c'est très décevant et c'est très inquiétant pour le futur», fait-il valoir.

«C'est certain que pour les productions qui ne sont pas sous gestion de l'offre, ça peut peut-être amener une certaine ouverture de marché», concède-t-il.

D'ailleurs, l'Association des producteurs de canneberges du Québec a fait connaître sa satisfaction, hier, face au PTP qui lui ouvre les portes vers 11 pays de la zone Asie-Pacifique. «Cette libéralisation des marchés représente un excellent coup de main pour développer nos marchés», a indiqué hier le président de l'APCQ, Louis-Michel Larocque.

Cette association s'attend en effet à l'élimination des tarifs douaniers de l'ordre de 5 à 30 %, indique l'APCQ.

Pour Denis Morin, si Ottawa parle d'un programme de compensation c'est parce qu'il va y avoir des pertes.

«C'est comme annoncer à un travailleur qui vient de perde sa job qu'il va avoir de l'assurance-chômage», estime-t-il. «Il n'y a pas de quoi se réjouir.»

M. Morin estime qu'il reste à voir maintenant quel sera l'impact de cet accord sur la vie économique des fermes. Jusqu'à présent, on estime que le PTP grugera 20 000 $ sur des revenus moyens de 400 000 $ pour une ferme de 60 vaches. «Les derniers dollars qu'une entreprise vient à bout d'aller chercher dans le marché sont souvent les plus profitables», dit-il. Ce qui est vrai pour les fermes l'est aussi pour les transformateurs, estime-t-il.

«En bout de ligne, reste que c'est du lait qui ne sera plus produit sur nos fermes et qui ne sera plus transformé dans nos entreprises de transformation. Ça a un double impact par rapport à l'activité économique que le Canada va perdre dans ses secteurs de production», fait-il valoir.

«On ne le produira plus, ce marché-là», renchérit Pierre Lampron. «Je ne pense pas que les gars vont vendre leurs quotas (de lait) à cause de ça, mais ça reste que ça coupe les marges (de profit). C'est un peu démoralisant», dit-il.

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