Une pépinière à noix ouverte sur le monde à Maskinongé

Marc-Olivier Harvey, propriétaire de la Pépinière Casse-Noisette de... (Photo: Stéphane Lessard)

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Marc-Olivier Harvey, propriétaire de la Pépinière Casse-Noisette de Maskinongé.

Photo: Stéphane Lessard

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Maskinongé) Dans le rang de la Rivière Sud-Ouest, à Maskinongé, une jeune entreprise peu connue dans la région exporte ses produits aux quatre coins de l'Amérique du Nord et dans plusieurs pays européens.

Les arbres qu'on y cultive sont en effet recherchés. Outre leurs qualités ornementales et la valeur de leur bois, ils produisent des noix comestibles et tolèrent bien le climat rigoureux de nos latitudes. À maturité, certains de ces arbres peuvent produire suffisamment pour alimenter en noix toute une famille qui se donnerait la peine de les récolter.

La pépinière Casse-Noisette a démarré ses activités en 2013 et déjà, elle marche à fond de train, donnant raison au proverbe africain selon lequel «un petit écureuil peut soulever une grosse noix.»

Géographe de formation, spécialisé en aménagement du territoire, Marc-Olivier Harvey, le propriétaire, est un passionné d'arboriculture et collectionne les noix, dont certaines rares, pour faire pousser des arbres recherchés qu'on ne trouve pas dans les autres pépinières ou centres jardins. «Je récolte des noix l'automne et j'ai aussi un réseau de cueilleurs», dit-il.

Originaire d'Alma, M. Harvey a pris racine à Maskinongé, là où il a trouvé son âme soeur ainsi qu'une bonne terre qui lui a permis de transformer sa passion pour les arbres à noix en une entreprise exceptionnellement florissante.

Son magnifique site web bilingue a rapidement attiré l'attention des arboriculteurs des quatre coins de la planète. «Ça a été beaucoup plus vite que je pensais», dit-il. Les commandes sont arrivées d'autres provinces canadiennes, des quatre coins des États-Unis, de la France, de la République Tchèque et des pays scandinaves.

Il expédie ses petits arbres dans des boites par courrier selon des règles phytosanitaires imposées par l'Agence canadienne de l'inspection des aliments. Les feuilles sont enlevées et les racines exemptées de toute trace de terre, mais conservées dans des sacs, à l'humidité. Les nouvelles qu'il en a sont bonnes. Les petits arbres repoussent et se développent tous.

L'entrepreneur passionné cultive ses arbres à noix à divers endroits dans la région, notamment au Baluchon, à Saint-Paulin, où il est en train d'aménager 500 spécimens.

C'est que les plus grands consommateurs de noix ne sont pas nécessairement les écureuils, mais les restaurants. Les noix produites au Québec sont peut-être un peu plus petites, dans certains cas, que dans les pays chauds, mais elles sont plus goûteuses, assure le producteur.

Les arbres à noix indigènes du Québec sont principalement le noyer cendré, le hêtre d'Amérique, le coudrier ou noisetier à long bec et le caryer ovale, un cousin de l'arbre qui produit les délicieuses pacanes.

Plusieurs autres essences plus performantes ont toutefois été testées pour les zones climatiques du Québec et sont plus intéressantes. «On parle du noisetier hybride qui donne de grosses avelines comme on en trouve au supermarché», illustre M. Harvey.

C'est dans les années 1980 que les arbres à noix commencent à attirer l'attention, au Québec. Dans les années 2000, on voit naître le Club des producteurs de noix comestibles du Québec, une association de producteurs et d'amateurs dont Marc-Oliver Harvey est président pour la troisième année. L'association, qui devrait bientôt se lancer dans la mise en marché, regroupe autant les petits que les gros producteurs, c'est-à-dire ceux qui cultivent 3000 ou 4000 arbres à noix.

Le Club est en train de développer, avec les étudiants de l'Université de Sherbrooke, un projet de création d'un casse-noix mécanique pouvant traiter des centaines de noix à la minute et résoudre ainsi le problème des noix de noyers noirs, difficiles à extraire.

Les projets de développement de la Pépinière Casse-Noisette prévoient la construction d'un bâtiment à vocation agrotouristique sur ses terres, à Maskinongé, où les noix récoltées dans la pépinière seront mises en valeur.

Le jeune arboriculteur fait aussi la production d'arbres ornementaux rares qui ne donnent pas de noix. Peut-on planter un arbre à noix sur un terrain dans un quartier résidentiel? Selon M. Harvey, l'avelinier hybride peut être intéressant, mais on doit en planter au moins trois pour obtenir un effet de pollinisation.

Il ne faut pas oublier que si le but n'est pas de récolter ses propres noix, ce genre d'arbre pourrait poser problème puisque ses fruits deviendront un encombrement. «Près de la rue ou de l'entrée, ce n'est pas idéal», fait-il valoir.

Les plus gros clients de l'entreprise sont donc surtout des cultivateurs ou des propriétaires de terres à bois.

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