«On a réussi à sauver l'usine»

Serge Loubier est le président de Marquis....

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Serge Loubier est le président de Marquis.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) Si Marquis réussit aujourd'hui à avoir un haut niveau d'activités à son usine de Louiseville, c'est grâce aux employés qui ont accepté d'importantes concessions dans leurs conditions de travail et qui ont malgré tout apporté leur contribution au succès de la compagnie.

Lorsque Marquis a acheté l'imprimerie Gagné des mains de Transcontinental, en juillet 2012, les risques de fermeture de l'usine étaient réels, la direction ayant la volonté de centraliser les activités à son usine de Montmagny. Mais devant le potentiel de l'imprimerie Gagné, la direction a décidé de s'asseoir avec son syndicat à la fin de 2012 pour demander de modifier certains aspects de la convention collective toujours en vigueur.

Marquis voulait ajuster les conditions de ses travailleurs louisevillois à celles de son imprimerie de Montmagny. Il faut dire que Marquis, qui comptait à l'époque moins de 300 travailleurs, ne pouvait se comparer à Transcontinental qui employait il y a trois ans quelque 10 000 personnes.

Le contrat de cinq ans, valide jusqu'en 2018, prévoit une réduction monétaire globale de 15 %. L'entreprise a baissé les salaires, a coupé dans les jours de congé et a diminué sa part dans le fonds de pension des employés qui contribuaient à un régime de retraite. Marquis n'a pas de fonds de pension, ce qui fait que les nouveaux employés n'en ont pas non plus.

«On a montré les chiffres et on a montré dans quel état l'usine était, rappelle le président, Serge Loubier. Je n'ai pas fait ça de gaieté de coeur. Nous, on regardait pour la pérennité. Il y a des gens qui ont moins bien pris le deal de -15 %, mais aujourd'hui, ces gens comprennent pourquoi on l'a fait. On a réussi à sauver une usine dont Transcontinental, une grande entreprise, ne voulait plus.»

À écouter Serge Loubier, on comprend que l'usine n'était pas dans le trèfle. L'entente a permis à Marquis d'économiser quelque trois millions de dollars. La fourchette salariale s'étend dorénavant de 14 $ à 27 $ l'heure.

M. Loubier ajoute qu'en échange de ces sacrifices, la direction a mis en place un programme de bonis de performance. Le nouveau pacte fait en sorte que les employés devraient retrouver environ la moitié des billes perdues à la suite des modifications à la convention collective.

Daniel St-Pierre confirme que l'atmosphère de travail a changé radicalement à l'intérieur de l'usine. «À la fin du règne de Transcontinental, l'ambiance était mauvaise en raison de l'insécurité. Marquis a apporté une sécurité auprès des travailleurs. J'ai assisté récemment à une rencontre du comité des relations de travail. J'ai été surpris de ce que j'ai vu. C'est bien structuré, l'entreprise embauche, elle a acheté des machineries, ce qui a eu un effet positif», précise le représentant national d'Unifor qui s'occupe des travailleurs de Marquis-Gagné.

Marquis a des plans pour Louiseville. La conclusion d'un partenariat avec SoBook va assurément apporter de l'eau au moulin, mais la direction planche aussi sur un projet de développement de près de deux millions de dollars.

«On se lance dans l'impression couleur avec une presse rotative que nous sommes en train d'inventer à Louiseville. Le marché du livre couleur passe du livre de recettes au guide pratique aux bandes dessinées. Ce sera un complément de ce qui se fait à l'usine de Montmagny», explique le président.

L'entreprise développe un système avec un procédé nettement plus respectueux de l'environnement: au lieu d'utiliser un fourneau à gaz pour sécher l'encre, Marquis commandera plusieurs lampes UV provenant d'Italie. Ces lampes auront la tâche de sécher une encre spéciale.

Cette pression devrait être mise en exploitation en janvier. Elle demandera l'arrivée d'une vingtaine de nouveaux travailleurs. Des opérateurs de presse et des opérateurs de colleuse sont recherchés. À ce sujet, Marquis offre une formation sur mesure en usine.

Marquis a aussi réglé la question de location. Son bail avec Transcontinental est valide jusqu'en août 2018 et est renouvelable pour une autre période de cinq ans. La direction n'écarte pas l'idée d'acheter la bâtisse qu'elle occupe presque en totalité.

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