Nemaska: un contexte différent de Limtech

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Limtech Lithium a connu des débuts prometteurs, mais son modèle d'affaires n'a pas survécu.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) «L'utilisation accrue du carbonate de lithium dans les ordinateurs, les cellulaires et les voitures électriques ouvre la voie à un très grand marché potentiel.»

Cette déclaration n'a pas été pigée à la conférence d'information sur l'arrivée de Nemaska Lithium à Shawinigan, mardi après-midi. Elle vient plutôt de la bouche de John A. Stimpson, président-directeur général de la société Limtech Lithium, lors de l'inauguration officielle de cette entreprise en... octobre 2000.

Situé dans le Technoparc, ce produit du Laboratoire des technologies de l'énergie d'Hydro-Québec était voué à un avenir fort prometteur. Incapable de véritablement prendre son envol, l'entreprise a déposé son bilan en 2004, puis définitivement à l'été 2009, sans être parvenue à investir les 55 millions $ prévus lors de son lancement, en octobre 1999.

Guy Bourassa, président et chef de la direction de Nemaska Lithium, se souvient très bien du projet de Limtech. Pour lui, il s'agit d'un précurseur, qui ne bénéficiait pas du contexte actuel pour favoriser sa croissance. «Limtech était peut-être, malheureusement, dix ans en avant de son temps», croit-il. «Leur projet consistait en la purification de carbonate à haute pureté pour des systèmes de batteries. Ils n'avaient pas de source d'approvisionnement. Ils avaient la technologie pour purifier, mais pas la ressource.»

«La grande différence est donc la valeur ajoutée de notre projet», ajoute-t-il. «Quinze ans plus tard, nous avons un marché en pleine effervescence, à la recherche d'hydroxide de lithium. Surtout, nous sommes propriétaires à 100 % de la ressource, ce qui nous donne un avantage que Limtech n'avait pas, en plus d'être à la merci, à ce moment, du cartel qui contrôlait le lithium.»

Ex-chercheur au Laboratoire des technologies de l'énergie d'Hydro-Québec, Jean-François Magnan travaille maintenant comme directeur technique chez Nemaska Lithium. Il a aussi participé à la création de Phostech, société dans laquelle Limtech avait acquis 26 % du capital actions en février 2002.

«À ce moment, le marché pour les batteries au lithium était relativement petit», explique M. Magnan. «Au début des années 2000, 100 % du marché des batteries lithium-ion était contrôlé par cinq compagnies japonaises. À ce moment, exploiter le spodumène était difficilement rentable. Aujourd'hui, le marché a explosé. Il y a des usines de matériaux de cathodes et de batteries sur tous les continents. Le marché a complètement changé, particulièrement depuis les cinq dernières années avec l'arrivée des modèles de véhicules électriques.»

M. Magnan corrobore les propos de M. Bourassa quand ce dernier mentionne que Limtech était en avance sur son temps. «La stratégie de prendre le lithium d'une autre source pour le purifier n'était pas mauvaise. Ça a duré plusieurs années, mais un moment donné, ils ont connu des difficultés. Ils ne sont pas parvenus à s'assurer d'un approvisionnement pour faire du lithium de haute pureté et les concurrents se sont mis à le purifier davantage.»

LONG PROCESSUS

Denis Lapointe, maire de Salaberry-de-Valleyfield, assure que même s'il est déçu de la décision de Nemaska Lithium de tourner le dos à sa ville, il garde confiance en la réalisation de ce projet. Dans son esprit, il ne fait aucun doute que le développement d'une usine d'hydrométallurgie où le concentré de spodumène de la mine Whabouchi sera transformé en hydroxide et en carbonate de lithium demeure réaliste. «Guy Bourassa est un personnage, un fonceur», décrit-il. «Je pense qu'il est crédible. Je ne peux pas lui en vouloir s'il a pris une décision qui, sur le plan financier, avantage son entreprise.»

«Évidemment, entre l'opération de la mine, le projet pilote et la construction d'une usine, il y a encore beaucoup d'étapes à faire, notamment dans le financement», ajoute-t-il. «Je suis ingénieur industriel, alors je sais que dans la mise en place d'un processus industriel, il va passer des mois et des années avant de pouvoir être opérationnel. Mais M. Bourassa est très volontaire et il sait certainement où il s'en va.»

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