Nemaska Lithium: une annonce prometteuse, mais incomplète

Richard Garneau, président et chef de la direction... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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Richard Garneau, président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu; Guy Bourassa, président et chef de la direction de Nemaska Lithium et Michel Angers, maire de Shawinigan, ont participé à l'annonce de mardi après-midi, à la Maison de la culture Francis-Brisson.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Nemaska Lithium a bel et bien confirmé son implantation sur le site de l'ancienne papeterie Laurentide mardi après-midi, mais il faudra attendre encore quelques semaines pour connaître le coût d'acquisition de cette vaste propriété par la Société de développement de Shawinigan. Lors de l'importante annonce, aucun ministre du gouvernement provincial ne s'était déplacé pour préciser l'aide financière accordée via le Fonds Résolu.

En fait, du point de vue de Québec, le dossier demeure sous analyse. Au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Stéphanie Lemieux, responsable des communications, souligne que le dépôt de l'étude de caractérisation complète sur la propriété de l'ex-papeterie n'est finalement pas prévu avant l'automne, pour des «raisons d'ordre technique».

Or, sans le sceau du MDDELCC, impossible pour le gouvernement de participer à l'annonce d'hier. La députée de Laviolette, Julie Boulet, s'était quand même déplacée pour l'occasion, mais n'a pas pris la parole. Son collègue de Saint-Maurice, Pierre Giguère, était aussi présent.

Le maire, Michel Angers, confirme tout de même que la Société de développement de Shawinigan procédera à l'acquisition non seulement de la propriété industrielle, mais également du parc Forman ainsi que du site d'enfouissement Parc Harmonie, tout près de Grandes-Piles.

Dans son communiqué, Nemaska Lithium avance la signature d'un «accord de principe» avec la Ville de Shawinigan pour l'acquisition d'une partie de l'ancienne usine Laurentide. La société basée à Québec deviendra propriétaire le 1er janvier, mais elle pourra utiliser les bâtiments requis pour sa phase 1, dans l'ancien atelier d'usinage, dès le 1er octobre.

«La construction va s'étirer sur une dizaine de mois, en plus de deux mois pour le démarrage», précise Guy Bourassa, président et chef de la direction de Nemaska Lithium. «Des emplois seront créés à partir de l'été 2016 pour l'usine de la phase 1. La construction de l'usine commerciale est prévue à la fin 2016.»

M. Bourassa s'attend à voir apparaître la production d'hydroxide et de carbonate de lithium de très haute pureté quelque part au premier trimestre de 2018. Ces éléments entrent dans la production de batteries pour les téléphones intelligents, les tablettes et les véhicules électriques.

Une vingtaine d'emplois sont prévus pour la phase 1 et une centaine d'autres pour le complexe commercial, qui remplacera l'ancienne machine à papier no 11. Actuellement, Nemaska Lithium emploie une dizaine de personnes à son siège social de Québec.

M. Bourassa ne pouvait préciser les investissements requis pour le projet prévu à Shawinigan. Les dernières estimations remontaient à 2014 et portaient sur une implantation à Salaberry-de-Valleyfield, où le projet pilote et l'usine d'hydrométallurgie étaient d'abord attendus. Au total, on parlait alors d'un projet de 521 millions $, dont 200 millions $ au gisement Whabouchi et plus de 300 millions $ pour une construction neuve, qui ne sera plus nécessaire avec l'intégration au site Laurentide.

«Nous sommes certains que nous aurons une économie par rapport à ce que nous voulions faire à Salaberry-de-Valleyfield, mais nous ne l'avons pas chiffrée», souligne le chef de la direction.

Confirmation à venir

Le gouvernement du Québec devrait donc confirmer un peu plus tard à l'automne sa participation via le Fonds Résolu, essentielle pour l'acquisition de l'usine Laurentide et l'arrivée de Nemaska Lithium à Shawinigan. Il s'agirait d'une aide financière d'un million de dollars, qui couvrira la moitié du coût d'acquisition de deux millions $.

L'autre partie devrait être financée par la vente de bâtiments à Nemaska Lithium, sans compter le potentiel de développement du reste de la propriété industrielle et l'attrait du site Harmonie, qui possède déjà les certificats d'autorisation du MDDELCC.

«Je peux vous assurer que la Ville et la Société de développement de Shawinigan sortiront très grandement gagnantes de cette transaction», prédit M. Angers.

M. Bourassa croit non seulement que le site de Shawinigan lancera les opérations industrielles de Nemaska Lithium, mais qu'il survivra à l'exploitation de la mine Whabouchi, principale propriété de l'entreprise qui a obtenu le certificat d'autorisation environnementale du gouvernement du Québec pas plus tard que vendredi dernier, après avoir obtenu celui d'Ottawa à la fin juillet.

«La localisation stratégique, avec la présence du chemin de fer et la proximité du port de Trois-Rivières, fait que cette usine va survivre l'épuisement des réserves de la mine Whabouchi», croit-il. «Nous pourrons recevoir, par bateau ou par rails, le concentré de spodumène, peu importe où il serait produit au monde.»

guy.veillette@lenouvelliste.qc.ca

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