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Conflit chez Delastek: «Je ne peux pas avoir de la bonne foi pour deux»

Le président de Delastek, Claude Lessard, se rendra... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le président de Delastek, Claude Lessard, se rendra en Chine au cours du prochain mois afin de rencontrer des acheteurs potentiels.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Laurie Noreau
Le Nouvelliste

(Shawinigan) C'était un retour à la table de négociations pour les parties patronale et syndicale de l'usine d'aéronautique Delastek lundi. La rencontre a plutôt pris la forme d'une mise au point selon le président Claude Lessard. Ce dernier continue ses démarches de relocalisation outre-mer alors qu'il se rendra en Chine le mois prochain pour rencontrer des acheteurs potentiels.

Les deux parties se retrouvaient autour de la même table pour la première fois depuis le 9 juillet dernier. La rencontre n'a mené à aucun avancement majeur à en croire le syndicat.

«Le conciliateur nous a demandé de réexpliquer nos demandes syndicales, on a représenté ça à l'employeur. L'employeur n'a rien déposé, ni rien proposé. On dirait qu'il ne cherche pas nécessairement à trouver un terrain d'entente. Il est passif là-dedans», avance Alexandre Maranger, président de la section locale 1209 d'Unifor. «On ne croit pas vraiment qu'il y a d'ouverture».

Le président de l'entreprise ne l'entendait pas de cette façon. «Quand je suis arrivé ce matin, il y avait des oeufs sur la bâtisse et ils avaient coupé des fils de caméra. Tu me demandes comment ça a été? Je ne suis pas enclin à te dire que ça va très bien», a lancé d'entrée de jeu Claude Lessard. «Si ça c'est de vouloir négocier... C'est plus de vouloir m'insulter. Selon moi, ils ne sont vraiment plus de bonne foi».

L'employeur explique avoir voulu faire une mise au point avec ses employés lundi. Selon lui, certains points de la négociation dont l'assurance collective ainsi que «les histoires de vacances» font déjà partie de questions réglées lors de précédentes négociations. «On leur a demandé de nous faire un résumé de qu'est-ce qui dans [leur] tête est réglé ou pas. C'était plus une mise au point».

Le soupir que Claude Lessard a poussé après lui avoir demandé s'il a encore espoir d'en arriver à une fin heureuse parle de lui-même. «Moi je me dis que c'est pas vrai que tu as besoin de prendre six mois pour régler de quoi. Si on assoit des gens intelligents autour d'une table, et que chacun est prêt à se parler et à faire des concessions, je pense qu'on peut arriver à de quoi. Mais quand on a un dialogue de sourds, ça va pas bien. Je ne peux pas avoir de la bonne foi pour deux», laisse-t-il tomber.

Patrons et syndicat auront l'occasion de discuter de cette «mauvaise foi» dont ils s'accusent mutuellement de faire preuve dans le processus de négociation. Ils se retrouveront devant la Commission des relations du travail dès demain, et ce, jusqu'à vendredi pour une plainte de négociation de mauvaise foi.

Les deux parties doivent se rencontrer à nouveau pour négocier le 4 septembre.

Tentations outre-mer

Claude Lessard n'a jamais caché qu'il lorgnait du côté de l'étranger pour y déménager sa production. «J'ai toujours voulu produire les pièces au Québec parce que j'y crois», se défend-il. «Sauf que je te dirais que ma croyance est un petit peu affectée», reconnaît-il en lien avec les déboires syndicaux qui divise la compagnie depuis avril dernier.

Il s'est rendu sur le continent asiatique à quelques reprises déjà et compte y retourner dans les prochaines semaines. «Je m'en vais en Chine rencontrer des clients potentiels chinois dans une mission commerciale au mois de septembre. Avec la Chine, est-ce que la production va se faire ici? Tout le monde connaît les Chinois, ils veulent tirer pas mal de leur côté. Oui, on peut garder une certaine portion ici, mais avec les Chinois, c'est une autre façon. C'est ça la mondialisation».

Outre la Chine, M. Lessard a toujours nos voisins du Sud dans sa mire. «Je regarde aux États-Unis présentement des choses... Et c'est très, très, très intéressant. C'est pas loin. Donc oui, je regarde différents scénarios. J'évalue toutes les possibilités». Sa priorité reste-t-elle tout de même de conserver Delastek au Québec? «Le brain, le développement, ça va toujours rester ici. Moi, j'y crois beaucoup. On est imaginatif au Québec, on est novateur. Je vous dirais que je me pose de sérieuses questions pour ce qui est de la production.

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