NÉGOCIATIONS CHEZ DELASTEK

Positives chez les uns, statu quo chez les autres

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La grève à l'usine Delastek perdure depuis le 1er avril dernier.

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La partie patronale et les syndiqués de Delastek se sont assis à la même table, jeudi, en présence d'un conciliateur, histoire de remettre le couvert d'une négociation qui traîne en longueur depuis le début de la grève le 1er avril dernier. Le président de Delastek, Claude Lessard, estime que la rencontre a été positive; le syndicat avoue en ressortir ni chaud, ni froid.

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Claude Lessard, président de Delastek.

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Les mots échangés de part et d'autre ont été, par le passé, plutôt rudes. Si les deux parties conviennent que depuis jeudi, les négociations ont repris, force est de constater qu'elles sont au point mort. Aucune avancée n'a été enregistrée mais, du moins, on ne se traite plus de «sauvage» comme ce fut le cas dans les pages du Nouvelliste le 7 juillet. Le président de Delastek pointait alors du doigt ses employés syndiqués.

«Selon moi, j'aurais tendance à dire [que la rencontre du 9 juillet] a bien été. Selon moi. Je n'étais pas à la table, mais ce qui m'a été rapporté, c'est que ç'a bien été», résume Claude Lessard. Du même souffle, compte tenu des propos qu'il a tenus, il comprend que les syndiqués «on l'air d'être en cr... un peu. De dire: a-t-on avancé ou non? Je resterais un peu flou et vais faire attention à mes propos. Selon moi, je trouve que les négociations ont avancé. Mais eux-autres, ont-ils trouvé que ç'a avancé? Je ne sais pas.»

«J'ai l'impression que [le syndicat] commence à se réveiller et à essayer de vouloir comprendre. J'avais l'impression que le syndicat les tenait [ses membres] dans l'ignorance. Il semble y avoir une volonté de négocier», renchérit M. Lessard. Du même coup, ce dernier est persuadé que les syndiqués envisagent de longues discussions, sans quoi ils n'auraient pas érigé «un camping» à 300 pieds de l'usine, avec eau courante branchée sur le réseau d'aqueduc de la Ville de Shawinigan.

«Je me dis: wow! Ville de Shawinigan, bienvenue aux grévistes», lance M. Lessard.

Alexandre Maranger, représentant syndical des employés syndiqués de Delastek, considère que la réunion de jeudi annonce aucune progression à court terme, au mieux relève-t-elle du statu quo. En effet, devant le conciliateur, les deux parties ont déposé pour une énième fois les mêmes demandes. «L'employeur nous a présenté la même chose qu'il nous présente d'habitude. Nous, de notre côté, le conciliateur nous a demandé de travailler sur les points que l'employeur refuse de discuter. Donc, il n'y a pas eu d'avancement réellement au niveau des négos. De chaque côté on regarde nos trucs, mais il n'y a pas eu d'avancement», répète M. Maranger.

Selon le syndicat, trois points majeurs, parmi une constellation de requêtes, achoppent toujours, soit le salaire et l'augmentation salariale annuelle, la santé et la sécurité au travail, ainsi que le compagnonnage. À ce propos, on demande qu'un travailleur syndiqué soit jumelé à un travailleur non syndiqué lorsque du travail de type manuel doit être effectué sur l'étage de la recherche et du développement.

En somme, «c'est comme si on négociait une première convention collective, parce que dans le passé, l'employeur n'a jamais voulu négocier avec nous d'aucune façon. On veut donc régler tous les problèmes accumulés durant les dernières années», affirme M. Maranger.

La prochaine rencontre a été fixée au 17 août prochain. Le lendemain, les deux parties se retrouveront derechef devant la Commission des relations du travail pour assurer le suivi des plaintes pour «négociation de mauvaise fois» déposées à tour de rôle par les syndiqués et par les dirigeants.

Sur une autre note, le président de Delastek affirmait mardi dernier que des démarches avaient été entreprises pour délocaliser ses équipes de production à l'extérieur de Shawinigan, aux États-Unis, voire ailleurs dans le monde. Sans démentir ses propos, M. Lessard a tenu à les nuancer en précisant que son intention n'était pas de déménager sa production actuelle, mais plutôt de localiser sous d'autres latitudes sa production à venir dans l'éventualité où l'entreprise connaîtrait une expansion.

«Je vais garder mes activités ici, mais ce sera l'expansion qui ira ailleurs», indique-t-il. «J'aurais plus tendance à grandir à Trois-Rivières», lance le président. «Mais ça, c'est un autre débat.» Un débat qui, assure-t-on de source sûre, n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd.

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