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Partenariat Transpacifique: un accord dangereux pour les emplois de la région

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Les producteurs agricoles de la Mauricie qui sont soumis au système de gestion de l'offre sont inquiets pour la survie de leur ferme.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les producteurs agricoles de la Mauricie qui sont soumis au système de gestion de l'offre sont inquiets pour la survie de leur ferme, des emplois qui s'y rattachent et des emplois indirects qui dépendent de l'agriculture, comme les vétérinaires, meuneries et abattoirs, le domaine de la construction et les vendeurs d'équipements, pour ne citer que quelques exemples.

C'est que le Partenariat Transpacifique (PTP) qui est présentement en négociations, pourrait avoir des impacts très sérieux sur la gestion de l'offre, le système canadien de quotas de production au sein duquel les productions sont régularisées en fonction de l'offre et de la demande. Avec cette méthode, le producteur a son juste part, le transformateur vit très bien aussi et les consommateurs paient le juste prix. Encore mieux, les producteurs n'ont pas besoin de subventions.

Toutefois, dans le cadre des négociations en cours du PTP, l'Australie, «les États-Unis et l'Asie veulent la libéralisation complète au niveau des marchés agricoles», explique René Perreault, premier vice-président de Fédération de l'UPA de la Mauricie. Si le gouvernement fédéral accepte, ça pourrait sonner le glas du système de la gestion de l'offre et avoir de graves conséquences pour les régions, estiment les producteurs.

René Gélinas, de Saint-Boniface, président des Éleveurs de volailles de la Mauricie, produit du poulet et de la dinde sous gestion de l'offre. Tous les ans, dit-il, il investit des centaines de milliers de dollars dans sa ferme afin d'améliorer sa production qui fait 1,8 million de kilos de viande par année. «La gestion de l'offre nous garantit un prix stable», sans pourtant recevoir de subventions du gouvernement et ce, depuis les années 1970, dit-il.

M. Gélinas cite l'exemple de sa ferme où, sans aucune subvention gouvernementale, il a investi dans un système de chauffage à la biomasse et construit un poulailler ultramoderne. Tous ses poulaillers sont aussi en train d'être informatisés. «On fait virer l'économie du Québec», fait-il valoir. Toutefois, «chaque part de marché qu'on enlève aux producteurs représente des emplois qu'on enlève au Québec», explique-t-il.

«Le gouvernement ne devrait jamais céder quelque part de marché que ce soit pour avoir une entente avec le Transpacifique», estime-t-il.

En Mauricie et Centre-du-Québec, il y a 142 éleveurs de poulets et 17 éleveurs de dindons qui génèrent des revenus de 129 millions $. Au Québec, ces deux élevages créent à eux seuls 16 000 emplois directs et indirects et une contribution au PIB de 1,7 milliard $.

De son côté, Pierre Lampron, président des Producteurs de lait de la Mauricie, fait valoir qu'on ne peut concentrer tous les emplois à Montréal et à Québec. «La gestion de l'offre, ce sont des jobs qui se créent en région», plaide-t-il. «Il y a six fermes laitières à Saint-Boniface, 260 en Mauricie dont 177 dans la MRC de Maskinongé», dit-il.

«On ne demande rien à l'État», plaide M. Perreault. «Tout ce qu'on veut, c'est de garder notre système. De cette façon-là, les gens n'ont pas besoin de payer avec leurs impôts pour supporter l'agriculture», fait-il valoir.

«Les piliers de la gestion de l'offre, c'est le contrôle de la production, le contrôle des importations et le contrôle des prix. «Si tu laisses entrer n'importe quel produit laitier au Canada, tu vas déstabiliser l'offre», résume M. Perreault.

L'UPA Mauricie, les producteurs de lait et les producteurs de volailles de la région ont associé leur voix, hier, au mouvement «Forts et unis» de la Coalition pour un modèle agricole équitable, la gestion de l'offre qui demande au gouvernement du Canada de ne pas accepter le Partenariat Transpacifique.

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