Travaux de recherche de l'UQTR: des retombées d'un million $

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) La création d'un protocole d'identification de champignons comestibles visant à faciliter leur repérage dans la forêt mauricienne sera un outil supplémentaire dans le développement de cette filière qui pourrait engendrer des retombées économiques annuelles de plus d'un million de dollars d'ici quelques années.

À la demande de la coopérative L'autre forêt, l'Université du Québec à Trois-Rivières a lancé il y a deux ans des travaux de recherche visant à bâtir ce protocole d'identification par marqueurs moléculaires, soit l'ADN du champignon. Cette découverte permet de cibler précisément les zones où les champignons seront abondants, car ce travail peut être fait quelques mois avant la saison des récoltes. Et pas besoin de parcourir la forêt de long en large pour procéder à cette identification: l'analyse en laboratoire d'un échantillon de sol suffit.

«C'est une première canadienne, déclare Marcel Otis, président de cette coopérative de solidarité des produits de la forêt du Haut-Saint-Maurice. Il est question de rentabilité, de cueillette efficace et de maximisation des investissements. La localisation de la ressource est vitale.»

Le professeur du département de chimie, de biochimie et de physique, Hugo Germain, s'est penché sur la possibilité de cibler l'ADN des deux espèces de champignon à l'étude, soit la chanterelle commune et l'armillaire ventru. Les travaux conduits par Geneviève Laperrière, étudiante à la maîtrise au département de biologie médicale de l'UQTR, ont permis d'isoler l'ADN de ces deux champignons parmi les nombreux éléments qui composent le sol.

«Il y a l'ADN d'autres champignons, des bactéries, des vers de terre, en plus des contaminants chimiques comme de l'acide organique, explique le professeur Germain. Avec les coordonnées GPS de l'échantillon du sol, on peut dire si de l'ADN de champignon est dans le sol. Donc, le cueilleur ne perd pas son temps à chercher dans un secteur où il n'y a pas de champignons.»

La Mauricie regroupe quelque 400 000 hectares de forêt en terrains privés et des millions d'hectares en forêts publiques. Pour Patrick Lupien, coordonnateur de la Filière mycologique de la Mauricie, le dévoilement de cette technique annonce de beaux jours pour le milieu du champignon sauvage.

«On veut que le champignon forestier devienne un produit d'appel touristique. Quand on parle de potentiel en retombées économiques annuelles, c'est plus d'un million de dollars, en regroupant les activités de cueillette, de transformation, de distribution et tout ce qui entoure l'aspect gastronomique. Et c'est de l'économie locale.»

La création de dizaines d'emplois est logiquement envisageable. La filière travaille également à un projet d'usine de transformation qui permettrait de conserver les champignons pour pouvoir les vendre durant toute l'année.

Ce protocole d'identification par ADN, qui a été réalisé grâce à un octroi de 25 000 $ provenant du Conseil national de recherche en sciences et génie du Canada, pourrait être mis en application dès l'an prochain.

martin.lafreniere@lenouvelliste.qc.ca

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