Le projet d'IFFCO remis sur les rails

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Le chef de la direction d'IFFCO Canada, Claude Lafleur.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Bécancour) Alors que l'avenir de l'usine de production d'urée d'IFFCO à Bécancour ne semblait pas coulé dans le béton il y a un an à peine, voici que le nouveau chef de la direction, Claude Lafleur, annonce que le projet est désormais «réactivé» et va bon train.

C'est qu'IFFCO Canada est en train de venir à bout du «problème majeur» du projet de Bécancour, c'est-à-dire l'approvisionnement en gaz pendant 15 à 20 ans, une donnée sur laquelle tout repose, fait valoir M. Lafleur. La stabilité du prix du gaz sera le point majeur des négociations, indique-t-il.

M. Lafleur ne pouvait toutefois pas confirmer encore, hier, si le projet de Bécancour est viable ou pas. «On ne pourra pas le faire avant la clôture de financement», dit-il.

Selon le chef de direction, les partenaires ont été revus et ont confirmé leur intérêt. «Maintenant, ils veulent voir le détail du contrat. Les prochains mois représentent la partie la plus intéressante du projet», indique-t-il.

Quant à la construction, elle pourrait s'amorcer au printemps 2016 si tout continue à bien se dérouler. Il faudra compter quatre ans pour la réaliser. M. Lafleur précise que l'usine sera automatisée le plus possible, donc elle embauchera environ 200 personnes et non 300 comme on le croyait au départ.

Pour ce qui est de l'approvisionnement en gaz, «au lieu de le faire nous-mêmes en essayant de s'entendre avec TransCanada et d'aller dans toutes les autorisations réglementaires, on a demandé à une firme spécialisée en commerçants de taille mondiale qui connaît ça, qui a des installations partout dans le monde et qui a un immense chiffre d'affaires, de nous organiser ça», explique-t-il.

M. Lafleur convient qu'il y a un prix pour ce type de sous-traitance, «mais l'entente de principe fait en sorte que c'est raisonnable», assure-t-il.

«Depuis six mois, on a fait beaucoup de progrès», raconte M. Lafleur, «qu'on a présentés au conseil d'administration la semaine passée et nos partenaires indiens sont même venus ici, incluant le président des 5 millions de membres (d'IFFCO). Il a encore visité les installations et on a eu l'autorisation de continuer», annonce-t-il, «pas nécessairement de relancer le projet, mais de le réactiver», précise-t-il.

IFFCO Canada a aussi réussi à trouver un consortium «désireux de faire le projet à l'intérieur des paramètres de coûts compétitifs», soit entre 1,7 et 2 milliards $ en argent américain comme les autres projets construits en Amérique du Nord. Il s'agit du groupe espagnol DF (Duro Felguera) et du groupe italien Maire Technimont qui a bâti la moitié des usines d'urée dans le monde. «Ils se sont associés à Roche et au groupe Nardella» qui s'occupe de management, dit-il.

Hier matin, IFFCO a rencontré les acteurs locaux afin d'expliquer son récent repli stratégique «parce qu'on n'a pas toutes les conditions gagnantes, entre autres sur le gaz, entre autres aussi sur la construction», explique-t-il. «On a demandé aux intervenants locaux d'accueillir avec bienveillance le consortium» qui ira d'ailleurs les revoir, explique M. Lafleur.

«D'ici quelques mois, on aura un portrait juste de la situation», prévoit-il. «La situation sera analysée et là, on pourra dire que le projet est viable. On le fait ou on ne le fait pas», dit-il.

Claude Lafleur semblait confiant, hier. IFFCO a la bénédiction du BAPE, le soutien de la population locale, une mise en marché ferme, un modèle financier rentable. «On a une entente de principe de construction, une entente de principe dans le gaz. Maintenant, attachons ça», résume-t-il.

Selon lui, les projets similaires de cette ampleur, ailleurs dans le monde, n'ont été réalisés qu'en 10 à 12 ans. Celui de Bécancour, espère-t-il, le sera en huit ans environ. Rappelons que la coopérative indienne IFFCO avait confirmé sa venue à Bécancour en 2012 sur les anciens terrains de Norsk Hydro.

Claude Lafleur indique que «le gouvernement du Québec a toujours été derrière le projet et récemment, il a été encore plus clair sur ses intentions», dit-il, tout en précisant que le soutien en question sera annoncé plus tard, lorsque toutes les ficelles seront attachées.

IFFCO: chronologie des événements

> Août 2012: Un décret ministériel fixant la contribution maximale d'Investissement Québec permet d'apprendre la venue du projet IFFCO à Bécancour.

> Octobre 2012: IFFCO confirme sa venue à Bécancour. L'usine de production d'urée est alors évaluée à 1,2 milliard de dollars et doit voir le jour d'ici 2017 à Bécancour. L'investissement doit générer quelque 1500 emplois durant la construction alors prévue de 2014 à 2017 et l'usine fera travailler entre 200 et 300 personnes.

> Décembre 2012: IFFCO entame les démarches en vue de l'obtention des autorisations environnementales.

> Février 2013: IFFCO décide de s'installer sur les anciens terrains de Norsk Hydro alors que le groupe indien avait plutôt une option d'achat sur les espaces situés de l'autre côté de la rue.

> Janvier 2014: Dans son rapport, le BAPE se veut favorable à sa réalisation. Au terme de son analyse, la commission d'enquête conclut que le projet répond à un besoin et que la proposition déposée par IFFCO Canada est acceptable d'un point de vue écologique, social et économique.

> Mars 2014: IFFCO Canada retient les services de Ganotec pour finaliser l'évaluation du coût du contrat de maîtrise d'oeuvre du projet.

> Avril 2014: Le gouvernement du Québec autorise le projet. Un décret ministériel est adopté, sous la recommandation du ministre du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs.

> Avril 2014: Évalué à 1,6 milliard $, l'investissement d'IFFCO dans une usine d'engrais à Bécancour ne se réalisera pas si l'entreprise n'obtient pas la garantie d'approvisionnement en gaz de schiste américain sur laquelle elle comptait, et qui tarde à venir.

> Mai 2014: IFFCO Canada annonce la nomination de Claude Lafleur à titre de chef de la direction. 

> Juin 2014: Même s'il évite de presser le bouton panique, Claude Lafleur, ne cache pas que les délais réglementaires pour obtenir les garanties d'approvisionnement en gaz naturel viennent compliquer la réalisation de l'usine d'engrais de Bécancour.

> Septembre 2014: Bien que le projet d'usine d'engrais à Bécancour ne soit pas encore compromis, IFFCO Canada se voit contrainte de reporter son démarrage en 2018.

> Décembre 2014: IFFCO met sur la glace son projet d'usine d'engrais à Bécancour.

> Juin 2015: IFFCO Canada réussit à obtenir une entente de principe avec une entreprise spécialisée afin d'assurer un approvisionnement stable en gaz et relance ainsi le projet de Bécancour.

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