Ultimatum chez Kruger Trois-Rivières

Les travailleurs du local 136 d'Unifor doivent se... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Les travailleurs du local 136 d'Unifor doivent se prononcer ce jeudi sur les offres patronales finales. On reconnaît sur la photo, en bleu, le président de la section locale, Stéphane Gosselin.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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(Trois-Rivières) Alors que les membres de la section locale 136 d'Unifor de l'usine Kruger Trois-Rivières doivent se prononcer jeudi au sujet des offres patronales qualifiées de finales, ceux-ci ont manifesté mercredi afin de dénoncer les récentes propositions de l'entreprise.

Dans une lettre envoyée mardi aux employés, dont Le Nouvelliste a obtenu copie, la haute direction de Kruger lance toutefois un ultimatum aux syndiqués, affirmant qu'un important projet d'investissement «prometteur pour l'avenir de l'usine» ne verra pas le jour si une entente n'est pas signée. 

«Il s'agirait d'un investissent majeur qui consoliderait nos activités à Trois-Rivières et protégerait de nombreux emplois directs et indirects», peut-on lire dans la lettre signée par Daniel Archambault, vice-président de direction et chef de l'exploitation, ainsi que par François D'Amours, vice-président principal, papier pour publications. «Malheureusement, le projet est compromis parce que nous n'arrivons pas à conclure une convention collective équitable et concurrentielle.»

L'entreprise affirme vouloir signer une entente comparable à celles déjà en vigueur dans l'industrie, sans quoi le projet d'investissement serait compromis. «L'avenir de votre usine dépend donc de votre volonté», peut-on lire dans la lettre envoyée aux travailleurs. 

Les syndiqués dénoncent l'ultimatum de Kruger et indiquent que leurs moyens de pression n'ont pas interrompu la production, malgré que l'employeur ne s'est pas montré, selon eux, ouvert à la négociation. Selon les propos du responsable du comité de mobilisation, les relations avec la direction de l'entreprise sont tendues. 

«L'employeur n'a pas voulu dégager des travailleurs pour participer à la réunion du comité de mobilisation d'aujourd'hui [mercredi]. L'employeur serre la vis et tente de nous serrer. Nous essayons de répliquer, mais on essaie de ne pas faire de moyens de pression pour diminuer la production. On va suivre les négociations, on ne veut pas sortir. On veut que l'employeur s'assoit avec nous. Il ne s'est pas assis pour négocier et il ne s'est pas assis pour nous faire des offres. Nous aussi avons des offres, mais il ne veut pas les entendre», dénonce Jean-Guy Bellerive, responsable du comité de mobilisation. 

«L'employeur a redonné les mêmes offres qu'on avait avant. C'est imposé par l'employeur. Et il a passé la semaine à aller voir chacun de nos membres pour imposer le mandat. Il n'a même pas le droit de faire ça.»

Les travailleurs, qui ont déjà accordé un mandat de grève à leur exécutif syndical, ont notamment plusieurs revendications au sujet du fonds de pension. Le président de la section locale, Stéphane Gosselin, craint que le fonds de pension des travailleurs ne soit plus solvable. Rappelons que le régime de retraite avait été modifié le 1er septembre 2013 au profit d'un système à prestations cibles, comme c'était prévu dans la dernière convention collective, maintenant échue. Ces modifications n'ont toutefois pas été approuvées par la Régie des rentes du Québec, qui ne s'attend pas à ce qu'un cadre législatif sur les régimes à prestations cibles soit en place avant 2016.

«La seule entente qu'on a présentement, c'est 8 % payé par l'employé et 10 % payé par l'employeur. On sait qu'avec 8 et 10 % ce ne sera pas suffisant pour avoir un fonds de pension solvable. Il va falloir un moment donné qu'on appelle les retraités pour leur dire qu'on va devoir leur couper de l'argent sur leur fonds de pension, parce qu'on en a pas assez pour fournir. [...] On veut avoir notre ancien fonds de pension», soutient le président de la section locale 136 du syndicat Unifor, une unité syndicale qui représente 170 travailleurs de la maintenance et de la production. 

À l'exception des régimes de retraite, les points en litige selon le syndicat sont le recours par l'employeur à la sous-traitance ainsi que le rattrapage salarial en raison des concessions accordées dans le passé. Le syndicat souligne que des concessions salariales de 10 % et un gel pendant 5 ans avaient été acceptés par les travailleurs lors de la ratification de la dernière convention collective.

«Nous demandons un rattrapage salarial de 10 % et des augmentations de 2 % par année. L'employeur devait investir des millions afin de garantir l'avenir de l'usine. Un investissement mineur a été fait, ce qui a créé deux emplois», soutient le syndicat dans un communiqué publié mercredi. 

Fait à noter, Steeve St-Pierre, le représentant au syndicat Unifor qui a présenté aux membres l'entente de principe conclue avec Kruger, qui a finalement été rejetée à 82 % par les membres de la section locale 136, brillait par son absence lors de la manifestation de mercredi midi.

Lorsqu'il a présenté l'entente de principe aux membres, le représentant syndical s'est fait rabrouer par ses membres. Les travailleurs avaient visiblement, mercredi midi, de la grogne envers Unifor. Rappelons de plus que les autres sections locales avaient entériné cette entente de principe, ce qui, selon nos sources, engendre de la tension à l'intérieur de l'usine.

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