Des investissements de près de 40 millions $ à Shawinigan

Une soixantaine de personnes s'étaient réunies au nouveau... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Une soixantaine de personnes s'étaient réunies au nouveau salon de la microbrasserie Broadway, en fin d'après-midi mardi, pour célébrer les investissements réalisés au cours de la dernière année. De gauche à droite, on reconnaît Johanne Caron et Claude Baril, responsables de la compilation, en compagnie du maire de Shawinigan, Michel Angers.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Les gens d'affaires de Shawinigan sentent visiblement de plus en plus le besoin de faire connaître leurs initiatives positives qui, bout à bout, apportent un nouvel éclairage sur la vigueur économique de leur communauté. En fin d'après-midi mardi, le propriétaire du IGA Extra du Carré Trudel, Claude Baril, a dévoilé qu'au cours de la dernière année, 84 entreprises avaient investi 38,8 millions $, créant ainsi pas moins de 330 emplois.

Il ne s'agit évidemment pas d'un bilan exhaustif de ce qui s'est passé à Shawinigan en 2014, mais d'une démarche qui incite les gens d'affaires à s'enorgueillir un peu plus des montants d'argent injectés dans les PME locales pour leur permettre de se démarquer. Un 10 000 $ à un endroit, un 400 000 $ à un autre, quelques millions de dollars ailleurs finissent par démontrer que les décideurs ne se sont pas laissé abattre par la fermeture de l'aluminerie de Rio Tinto Alcan ou celle de la papeterie Laurentide. Une soixantaine d'entre eux s'étaient déplacés à la microbrasserie Broadway pour célébrer cette compilation.

En mai 2014, M. Baril avait lancé son projet, «Ensemble, faisons la différence». Après seulement quelques semaines, il avait découvert qu'une quarantaine d'entrepreneurs avaient investi dix millions de dollars et créé 117 emplois à Shawinigan. Le dynamique homme d'affaires reconnaît que sa mâchoire a décroché quand il a pris connaissance du bilan final.

«Aux Fêtes, on s'était dit que ce serait bien de se rendre à 20 millions $», raconte M. Baril. «Je n'aurais jamais pensé aller jusque-là!»

Le propriétaire du IGA Extra est d'autant plus étonné de la progression que l'humeur générale n'annonce pas l'abondance dans les ménages, dont l'endettement ne cesse de croître. De plus, selon l'Institut de la statistique du Québec, Shawinigan représente l'endroit où le revenu d'emploi a le moins augmenté dans la région entre 2009 et 2013, avec un taux de croissance annuel moyen de 1,9 %.

«Le contexte économique est difficile et je peux vous en parler!», constate M. Baril. «Quand on voit des joueurs comme Target sortir du Canada parce que le commerce de détail n'est pas facile... On peut aussi parler de la restauration. Des emplois bien rémunérés ont été perdus et des foyers ont moins d'argent, c'est sûr. Malgré tout, que des montants semblables soient investis chez nous, c'est parce qu'il y a des gens qui y croient. Le milieu des affaires n'a pas perdu foi en Shawinigan. La situation économique n'est pas pire qu'ailleurs.»

Ces données ont aussi étonné le maire de Shawinigan, Michel Angers, qui n'a pas raté l'occasion de saluer l'implication de M. Baril pour sortir ces investissements de l'ombre.

CCIS

Claude Baril a profité de l'occasion pour annoncer qu'il passait le flambeau. Épaulé par Johanne Caron du CLD, ils se sont chargés de compiler les formulaires envoyés par les entrepreneurs, en plus de faire eux-mêmes une cinquantaine d'appels téléphoniques pour joindre des gens d'affaires qui avaient assurément investi au cours de la dernière année, mais qui ne s'étaient pas manifestés.

«Mon travail est terminé», confie M. Baril. «J'ai fait ça parce que j'ai pensé que ça valait la peine de le faire. Ma femme me dit toujours que j'ai le tour d'embarquer dans toutes sortes d'affaires! Mais à un moment donné, si personne ne le fait, ça reste lettre morte.»

L'initiative ne sombrera toutefois pas dans l'oubli. La Chambre de commerce et d'industrie de Shawinigan souhaite utiliser cette mobilisation comme outil de sensibilisation pour l'achat local.

«Nous lancerons notre planification annuelle dans quelques semaines», explique le président, Jonathan St-Jean. «Nous voulons mettre le focus sur l'achat local, en parlant avec des entrepreneurs pour voir s'ils sont prêts à identifier des fenêtres d'opportunités pour les entreprises locales.»

«C'est directement inspiré de ce que Claude a fait», reconnaît-il. «Il nous a fait réaliser qu'il y avait beaucoup de succès chez nous. On regarde comment faire des maillages entre les besoins de nos entreprises et les services offerts par d'autres. En les arrimant, nous aurons moins de fuites commerciales. L'achat local, ça touche toute la population, mais aussi les citoyens corporatifs.»

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