Survie de l'usine Sommex: un combat de tous les instants

Sommex livre un combat pour sa survie.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Sommex livre un combat pour sa survie.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À l'aube de ses 69 ans, Normand Ricard pourrait savourer une retraite bien méritée. Mais dix-huit mois après avoir racheté son entreprise Sommex, alors menacée de fermeture, l'homme d'affaires livre un combat de tous les instants pour permettre aux 45 employés de Trois-Rivières d'avoir un avenir.

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Le fondateur de Sommex, Normand Ricard, vit une année charnière pour la relance de l'entreprise. 

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«La bataille n'est pas gagnée. Je ne pensais pas que le marché serait aussi raide que ça. Les mentalités ont changé. Les gens vont pour le prix et celui-ci est en baisse, ce qui vient éroder les marges des détaillants et des fabricants», a-t-il admis avec franchise lors d'une entrevue exclusive accordée au Nouvelliste.

C'est que l'industrie du matelas vit son lot de bouleversements avec des géants qui sont à l'heure de la consolidation et de la rationalisation. Un contexte difficile qui l'a amené à rapatrier des activités dans son usine madelinoise au détriment des installations de Toronto, qui ne comptent plus que 25 employés.

«Remettre sur pied une compagnie qui est le point de fermer, c'est plus dur que la repartir à zéro car il faut rechercher la confiance des fournisseurs», explique-t-il. Et pour l'avoir lui-même enseigné comme chargé de cours, il goûte concrètement au fait que «ça prend de trois à cinq ans pour partir une entreprise».

Malgré l'ampleur du défi, le fondateur sera parvenu à faire passer le chiffre d'affaires de 16 à 22 millions de dollars en moins de deux ans. «Le pire est fait. Mais il manque encore trois millions $. Le gros de la réponse vient du marché américain et un seul client là-bas va te donner ça», précise celui qui se dit optimiste, mais réaliste, «sachant ce qui manque».

Par ailleurs, M. Ricard ne manque pas de souligner l'appui d'institutions financières et gouvernementales qu'il a reçu dans ses efforts de relance. «Les gens ont été très corrects à Trois-Rivières», tient-il à signaler. Quant aux 86 000 dollars accordés sous forme de subvention par le Fonds de diversification économique régional, l'aide visait un développement de marché qui prendra la forme, entre autres, de participation à des salons spécialisés dès cet été, aux États-Unis.

De plus, il peut miser sur le partenariat de sa fille, Anne Ricard, qui dirige les opérations des deux sites, et la collaboration de deux autres actionnaires, Serge Gaumond et Laurier Pedneault.

«Le message que je veux lancer, c'est que les consommateurs devraient essayer d'acheter des produits fabriqués chez nous qui sont d'aussi bonne qualité, avec de bons prix», a fait savoir M. Ricard, qui est particulièrement fier de sa marque Natura.

Si 40 ans après l'avoir fondé et 10 ans après l'avoir vendu, il est sorti de sa retraite à l'automne 2013 pour racheter son entreprise et éviter une fermeture certaine par le dernier propriétaire, Bedford Capital, c'était pour sauver les dizaines d'emplois à Trois-Rivières. «Et l'objectif est toujours de sauver des jobs, et non de faire de l'argent», affirme-t-il, saluant au passage la collaboration des travailleurs syndiqués qui ont accepté de prolonger leur convention collective.

Fondée en 1973, Sommex s'est hissée parmi les leaders de son secteur au Québec, aux côtés des Sealy, Simmons et Serta. Vingt ans plus tard, Sommex faisait l'acquisition de l'entreprise Spring Air Canada et de son usine de Toronto, assortie d'un partenariat avec Spring Air Vancouver. Une opération qui aura permis à Normand Ricard de faire sa marque au Canada, écoulant ses produits dans toute l'Amérique du Nord.

Après dix années de croissance, il vend Sommex au groupe Spring Air Partners en 2003 pour une retraite qu'il passera surtout en Europe. Durant cette période, il s'est impliqué dans la cause de la sclérodermie, une maladie qui a frappé son fils Louis Ricard. D'ailleurs, le père de trois enfants et le grand-père de huit petits-enfants envisage une nouvelle campagne de financement pour la Fondation Sclérodermie Québec. Et la recherche commence à porter ses fruits, selon ce Trifluvien marié depuis 52 ans.

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