Piquetage limité chez Delastek

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La ligne de piquetage est maintenant encadrée autour de Delastek.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Jugeant que si elles continuent, les activités reprochées aux syndiqués ont le potentiel de nuire de façon importante aux activités industrielles de Delastek, la Cour supérieure vient d'accorder à l'entreprise une ordonnance d'injonction interlocutoire provisoire de dix jours pour encadrer le piquetage des grévistes.

«Je suis très satisfait», a fait savoir le président Claude Lessard tandis que du côté syndical, le président de la section locale 1209 d'Unifor, Alexandre Maranger, affirme que «ça ne change pas grand-chose» dans la mesure où ses troupes se tiennent déjà plutôt loin de l'usine depuis quelques jours.

Depuis le 20 mai, la cinquantaine de grévistes doivent donc cesser et s'abstenir de bloquer, d'entraver, de limiter ou d'obstruer les clients, fournisseurs, usagers, représentants et employés de Delastek qui ne sont pas en grève, ou toute autre personne faisant affaires avec l'entreprise. Bref, le libre accès à l'usine doit être assuré.

Par ailleurs, le nombre de piqueteurs est limité à sept et ils doivent se tenir à l'extérieur des entrées, sorties ou voies d'accès menant aux installations de la 5e Avenue. Les grévistes sont également sommés de ne pas endommager les biens de l'entreprise et des employés non syndiqués, ainsi que de ne plus menacer ou intimider les gens qui se rendent à l'usine, en sortent ou s'y trouvent. Il est aussi ordonné de ne pas inciter personne à commettre les actes en question. «Le Tribunal retient ceci de la preuve: intimidation physique par le blocage de sortie d'automobiles ou des accès à l'usine; comportements s'apparentant à du harcèlement lorsque les syndiqués entourent et suivent les employés non syndiqués jusqu'à l'entrée de l'édifice; menaces à l'intégrité physique (menace de briser les dents); activités bruyantes perturbant les travailleurs de machinerie et pouvant causer des risques de blessures», peut-on lire dans la décision du juge Simon Ruel.

En somme, dit-il, Delastek a un droit clair de jouir paisiblement de son usine et d'exploiter librement son entreprise. «Dans ce contexte, Delastek peut utiliser des employés gestionnaires de l'entreprise pour assurer la continuité de ses opérations, et ces personnes, de même que les fournisseurs et les clients de l'entreprise, doivent pouvoir accéder librement à l'usine», poursuit-on dans le document de cour dont Le Nouvelliste a obtenu copie.

On considère également que Delastek a l'obligation de prendre les mesures requises visant à assurer la santé et la sécurité de ses employés, de ses fournisseurs, de ses clients et de toute personne autorisée à se rendre à l'usine.

Or, selon le juge Ruel, les activités reprochées aux syndiqués empêchent Delastek d'exploiter normalement son entreprise, des menaces à l'intégrité physique étant proférées aux employés non syndiqués et des tactiques d'intimidation étant utilisées. «Selon le Tribunal, ces activités causent un préjudice irréparable à Delastek et doivent cesser immédiatement», a-t-il tranché.

Pour justifier le rejet de la demande d'injonction au stade provisoire, le syndicat avait invoqué que Delastek n'avait pas les «mains propres» compte tenu que l'entreprise s'est fait prendre à recourir à trois briseurs de grève.

«Bien que la décision de la Commission des relations du travail puisse soulever des questionnements, il ne faut pas en exagérer sa portée dans le cadre du présent débat», soutient le juge Ruel.

En attendant le débat sur l'injonction interlocutoire et permanente prévu le 2 juin, les parties vont se retrouver à la table des négociations le 25 mai. Déclenché depuis le 1er avril dernier, le conflit de travail porte non seulement sur le fait que des non syndiqués effectuent des tâches réservées aux syndiqués, mais aussi sur les salaires, la représentation syndicale en santé-sécurité, les assurances et le libre choix des vacances.

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