Renaud-Bray achète Archambault: les libraires de la région surpris

La vente possible de la chaîne de magasins... (Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste)

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La vente possible de la chaîne de magasins Archambault au détaillant Renaud-Bray a surpris les libraires de la région.

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Linda Corbo
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Le Nouvelliste

(TROIS-RIVIÈRES) La nouvelle de la vente possible de la chaîne de magasins Archambault au détaillant Renaud-Bray est tombée lourdement dans le monde du livre mardi matin, causant notamment la surprise des libraires indépendants qui, à la suite de cette transaction, se retrouveront devant un joueur majeur qui pourrait devenir un poids lourd dans le marché. À ce jour, la transaction entre Renaud-Bray et Archambault doit être autorisée par le Bureau de la Concurrence avant de se concrétiser, mais le choc n'en est pas moins bien senti.

«Nous n'étions pas du tout préparés à cela. Que Renaud-Bray songe à s'étendre, ce n'est pas surprenant, mais du côté d'Archambault, on ne s'y attendait pas du tout», réagissait hier Audrey Martel, libraire et responsable des communications à la librairie L'Exèdre.

«Comme libraire indépendant, il est difficile de voir comment cette transaction va nous atteindre, ça peut ne rien changer, comme ça peut aussi avoir un effet négatif du fait que toute la concurrence devient sous la même main, une main qui n'a pas l'habitude d'être tendre... La transaction peut toujours être repoussée par le Bureau de la concurrence si on considère que cela devient déloyal, mais ça ébranle le milieu du livre. Tout le monde est un peu estomaqué par cette nouvelle.»

À la librairie Poirier, le propriétaire André Poirier était lui aussi très étonné d'apprendre cette transaction. «Pour ma part, je suis toujours plus à l'aise avec la diversité. Uniformiser la distribution n'est pas nécessairement une bonne affaire, d'autant plus que Renaud-Bray conteste plusieurs aspects qui découlent de la Loi sur le livre. Le fait de grossir sa distribution peut lui donner du poids. Je vois cela avec une certaine appréhension.»

Mme Martel évoque évidemment le conflit entre Renaud-Bray et le distributeur Dimedia, qui fait en sorte que plus de 3500 titres ne se retrouvent pas dans les Renaud-Bray présentement, rappelle-t-elle. «Qu'arrivera-t-il avec ces titres chez Archambault? Est-ce une façon de forcer la négociation? Le temps va nous le dire.»

André Poirier note de son côté que les deux bannières Archambault et Renaud-Bray ont deux visions très différentes de la culture. «Archambault a toujours été très versé vers la culture. J'y vais à l'occasion parce que je suis un amateur de musique et la diversité culturelle y est bien représentée», note-t-il.

Dans sa manière de concevoir le marché, Archambault était beaucoup plus près de la vision des librairies indépendantes, renchérit de son côté Audrey Martel. «La vision du marché de Renaud-Bray, qui prône la loi du plus fort, est assez loin de celle que se partagent tous les acteurs du milieu du livre par rapport à un marché qui est fragile et qu'il était important de maintenir dans sa totalité.»

Cela dit, à Trois-Rivières, les répercussions ne se feront peut-être pas sentir, dit-elle. «Nous, on va conserver nos clients et peut-être même en avoir davantage. Il y avait quand même un mouvement populaire de boycott face à Renaud-Bray qui était déjà en branle depuis quelques temps. Est-ce que ça va faire en sorte que les gens vont se tourner encore davantage vers les librairies indépendantes? On peut le souhaiter», fait-elle valoir, ajoutant que ses pensées vont vers les employés d'Archambault qui peuvent se retrouver dans un climat d'incertitude.

À Shawinigan, le libraire, éditeur et auteur Bryan Perro a été lui aussi étonné par cette nouvelle, mais n'a pas voulu commenter cette transaction.

Les deux bannières devraient demeurer distinctes

S'il en va de la volonté du nouvel acquéreur Renaud-Bray, les succursales trifluviennes d'Archambault et de Renaud-Bray, qui se retrouvent quasi face à face sur le boulevard des Récollets, conserveront toutes deux leur bannière distincte, comme ce sera le cas pour toutes les succursales au Québec, dit-on.

Pour le moment, les dirigeants de Québecor poursuivront leur travail de gestion chez Archambault, et ce, jusqu'à ce que le Bureau de la concurrence rende sa décision et que la transaction soit autorisée. On s'attend à un délai de quatre à six mois.

Dans ces circonstances, autant du côté du Groupe Archambault que du côté de chez Renaud-Bray, les commentaires se faisaient très minces hier concernant la transaction entre ces deux grandes bannières. À Trois-Rivières, aux deux succursales, les communications étaient dirigées automatiquement vers les sièges sociaux, où on se montrait extrêmement prudents.

Chez Archambault, Martin Tremblay, vice-président aux Affaires publiques disait préférer laisser la parole à l'acheteur Renaud-Bray, alors que de ce côté, le propriétaire Blaise Renaud n'accordait aucune entrevue, cédant la parole à une relationniste externe qui arguait pour sa part que pendant tout le processus du Bureau de la concurrence, Renaud-Bray a un devoir de réserve pour ne pas influencer la décision. Pour le moment, tout le personnel demeure en poste, et ce, dans les deux bannières.

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