Coupes chez Bombardier: de mauvais augure pour Delastek

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Les grévistes gardent le moral devant l'usine de Delastek.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Alors que le conflit de travail chez Delastek entre dans sa septième semaine avec une dégradation du climat sur la ligne de piquetage et un dialogue de sourds à la table des négociations, la situation difficile de l'un de ses clients, Bombardier, vient renforcer l'idée de l'employeur de ne pas réembaucher l'ensemble des grévistes, qui ne s'en font pas avec «les hauts et les bas de l'industrie».

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Claude Lessard, président de Delastek.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

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Le président de la section locale 1209 d'Unifor, Alexandre Maranger.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

«Il y a moins de syndiqués qui vont rentrer chez nous», a clairement indiqué le président Claude Lessard, appelé à commenter le vent de rationalisation qui frappe Bombardier Aéronautique.

En effet, la multinationale montréalaise a annoncé, hier, la suppression de 1750 postes dans son réseau de production mondial. Le célèbre avionneur est confronté à des coûts de développement plus élevés que prévu de sa nouvelle gamme d'avions commerciaux et à des retards de mise en service de sa CSeries.

Or, l'été dernier, le président de Delastek se réjouissait justement des lettres d'entente signées par Bombardier pour la construction de 24 appareils de la CSeries. Avec son expertise unique au Québec, l'entreprise shawiniganaise avait elle-même mis au point, en synergie avec l'équipe de Bombardier, des cabines de pilotage adaptées aux spécificités de la CSeries.

Toutefois, les présentes difficultés de la géante de l'aviation ne l'inquiètent pas outre mesure par rapport à l'impact potentiel sur ses affaires à long terme. Même que son entreprise, en dépit de la grève de la cinquantaine de syndiqués, continue à livrer la marchandise alors qu'un nombre équivalent d'employés non syndiqués sont toujours à l'oeuvre.

D'où cette partie de bras de fer autour de l'accréditation syndicale, qui représente le coeur du litige. Si le président Lessard reproche au syndicat de vouloir en élargir la portée, le président de la section locale 1209 d'Unifor, Alexandre Maranger, réclame plutôt qu'on la respecte.

Depuis un an et demi, particulièrement, la partie syndicale dénonce l'empiètement des juridictions par «quatre, cinq gars (non syndiqués) qui font nos jobs», rapporte le secrétaire archiviste, Junior Landry. Et depuis le déclenchement du conflit, le 1er avril dernier, l'entreprise de Shawinigan s'est fait taper sur les doigts pour avoir eu recours formellement à trois briseurs de grève alors que la plainte initiale visait 13 employés non syndiqués. Rappelons que les cadres ont le droit de s'impliquer dans la production.

Par ailleurs, tant l'employeur que le syndicat s'accusent mutuellement de mauvaise foi, le premier ayant même entamé des démarches auprès du ministère du Travail pour décrier l'attitude syndicale.

«Ça fait plusieurs rencontres qu'on se présente là-bas. Il ne veut pas négocier avec nous autres. S'il refuse encore le 25 mai prochain, on va se retirer immédiatement. Nous, on négocie de bonne foi. L'attitude de la compagnie est inacceptable. On ne rentre pas au travail tant que les points ne sont pas réglés», affirme Alexandre Maranger.

On sait que le conflit porte non seulement sur le fait que des non-syndiqués effectuent des tâches réservées aux syndiqués, mais aussi sur les salaires, la représentation syndicale en santé-sécurité, les assurances et le libre choix des vacances.

Selon les instances syndicales, le moral des troupes est excellent, malgré la perspective d'une longue grève. «On va tenir notre bout», précise-t-on, tout en évoquant d'éventuels soutiens financiers au sein de la grande famille d'Unifor qui viendront bonifier le fonds de grève hebdomadaire de 250 dollars.

Sur la ligne de piquetage, la tension ne cesse de monter au fil des semaines, chacun reprochant à l'autre tantôt des invectives, tantôt des gestes obscènes, en passant par de la bousculade. Et selon le syndicat, l'employeur aurait l'intention de faire installer une clôture près de l'usine. D'ailleurs, l'exécutif s'apprête à rencontrer dès aujourd'hui le maire de Shawinigan, Michel Angers, pour faire le point sur leur situation.

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