Faillite et insolvabilité en hausse en Mauricie

Deux conseillers budgétaires du CIBES de la Mauricie,... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Deux conseillers budgétaires du CIBES de la Mauricie, Aubert Forest et Bertrand Rainville.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Les chiffres concernant le surendettement des ménages québécois sont alarmants. Mais au-delà des chiffres, il y a la situation des personnes et des familles aux prises avec ce fléau.»

Voilà le constat du conseiller budgétaire au Centre d'intervention budgétaire et sociale (CIBES) de la Mauricie, Bertrand Rainville. Avec près de 250 consultations réalisées annuellement (ce chiffre pourrait quadrupler si le soutien des institutions financières était au rendez-vous), son équipe de la rue Bureau, à Trois-Rivières, est bien au fait des difficultés du consommateur.

Seulement l'an dernier, on rapporte 915 faillites personnelles en Mauricie, pour une hausse de 1,1 %. Les propositions des consommateurs ont bondi de 21,2 %, pour atteindre 423, contre 349 en 2013. Pendant ce temps, cette augmentation n'était que de 9,8 % au Canada et 16,2 % au Québec. Quant au nombre de dossiers d'insolvabilité de consommateurs, il a grimpé de 6,7 %, avec un total de 1338. Encore là, la progression est supérieure à la moyenne provinciale et canadienne.

Ces statistiques défavorables s'ajoutent aux informations découlant d'un sondage mené récemment par CROP pour Raymond-Chabot. On y apprenait, entre autres, que près de quatre Mauriciens sur dix (37 %) jugent leur situation financière personnelle actuelle fragile et la moitié ne pourrait subsister pendant plus de deux mois sans revenu et sans crédit, bien que les règles universelles d'épargne suggèrent un minimum de trois mois dans une telle éventualité.

La même enquête révélait que presque un Mauricien sur quatre (22 %) estime que ses dettes ont beaucoup augmenté ces trois dernières années, alors que seulement 14 % des Québécois tracent le même constat. Par conséquent, moins d'une personne sur trois (29 %) dans la région croit que sa situation financière personnelle va s'améliorer au cours des prochaines années, une vision pessimiste si on la compare avec l'ensemble du Québec, où 37 % pensent ainsi.

Pour le CIBES, le surendettement se caractérise par une impossibilité manifeste, pour une personne ou une famille, à rencontrer ses obligations financières ou encore, par de grandes difficultés à honorer ses mensualités avec régularité.

«On peut finalement considérer qu'une personne ou une famille est surendettée lorsque sa liberté d'agir est entravée par le poids des dettes sans que cela ne se concrétise nécessairement par des retards de paiements», décrit M. Rainville tout en précisant que le phénomène n'épargne aucune tranche de revenus annuels, que ce soit 30 000 dollars ou «125 000, 130 000 dollars».

Celui-ci affirme que les personnes ou les familles consacrant plus de 30 % de leurs revenus bruts en paiements de dettes entrent dans la catégorie des surendettés. Et lorsque les dettes s'accumulent sur les cartes et les marges de crédit, «plusieurs s'enferment dans une logique, une spirale, ajoutant de nouveaux emprunts aux anciens à l'aide de nouvelles cartes ou à travers une consolidation de dettes», souligne-t-il.

Pourtant, ce dernier considère qu'un budget familial n'a rien de sorcier et «sert à mettre sous contrôle l'argent hors contrôle». «Les déséquilibres se retrouvent essentiellement dans les habitudes de vie quotidiennes, hebdomadaires. Il faut revoir la manière dont on prend nos décisions financières plus substantielles comme l'achat d'une auto, de meubles, et à plus forte raison, d'une maison», explique le spécialiste.

Si son équipe gagne à être connue, soutenue et consultée, le fameux sondage CROP rapporte que 53 % des Mauriciens se disent mal à l'aise de traiter d'enjeux monétaires personnels avec d'autres. «Les questions d'argent demeurent ainsi un sujet délicat qu'on préfère taire autant auprès de ses proches qu'avec des conseillers spécialisés», concluait l'étude.

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