Le Florès: «Je ne vois pas à quel moment ça va rouvrir»

En mars, Carolle Charles prévoyait rouvrir Le Florès... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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En mars, Carolle Charles prévoyait rouvrir Le Florès le 1er mai. Vendredi, l'endroit était désert.

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(SHAWINIGAN) Contrairement à ce qu'avait avancé la propriétaire, Carolle Charles, le 6 mars dernier, l'auberge Le Florès n'a pas rouvert ses portes vendredi. Même que pour le moment, bien malin celui qui pourrait détecter ne serait-ce qu'un soupçon d'effluves d'optimisme dans cette saga en devenir.

Vendredi, pas la moindre âme qui vive n'apparaissait dans l'environnement de l'ancien joyau touristique de Sainte-Flore. Dans la porte d'entrée principale, une note avise toujours les visiteurs que les activités reprendront le 1er mai. Même leurre sur le site Web de l'entreprise. Les appels téléphoniques demeurent sans réponse.

La propriétaire évite toujours de commenter cette descente en vrille. Son fils, Me Stéphan Charles-Grenon, se fait tout aussi discret.

Rappelons qu'à la fin de l'automne, les Entreprises CJS avait réussi à s'entendre avec ses créanciers pour éviter la faillite. La proposition a été homologuée par un juge de la Cour supérieure le 28 janvier. Mais les ennuis financiers sont rapidement réapparus, au point où plusieurs employés accusent la propriétaire de leur devoir plusieurs semaines de salaires. Huit cas sont actuellement étudiés par la Commission des normes du travail.

Incapable de retenir son personnel dans ces circonstances, Mme Charles décidait de fermer temporairement son établissement au début mars, prévoyant alors le rouvrir le 1er mai. Mais hier, l'auberge était toujours verrouillée.

Richard Perreault, directeur du centre de santé, fait partie des privilégiés qui ont pu s'entretenir avec Mme Charles au cours des dernières semaines. Il reconnaît que son degré de confiance s'est effrité depuis le début avril.

«Le Florès n'ouvre pas le 1er mai et je ne vois pas à quel moment ça va rouvrir», observe-t-il. «Nous espérons beaucoup que ce sera vendu.»

Selon la liste des créanciers non garantis signée par Mme Charles en novembre, Les Entreprises CJS doit 11 632 $ à M. Perreault. Les réclamations de 134 créanciers non garantis frôlaient les 700 000 $ et il est acquis que dans le meilleur des scénarios, ils ne récupéreront qu'une fraction de cette somme. En effet, la proposition acceptée par les parties prévoyait le versement d'un montant de 30 000 $ au syndic Raymond Chabot. La première tranche de 10 000 $ est toujours attendue, mais le délai expire à la fin mai.

Le scénario de la vente semble privilégié pour le moment. Des partenaires privés locaux auraient démontré un certain intérêt, mais le prix exigé dépasserait l'entendement. Surtout que l'auberge nécessiterait aussi quelques centaines de milliers de dollars en rénovations.

En attendant, le temps file et la haute saison touristique risque de tomber à l'eau pour Le Florès en 2015.

«Il y a toujours des pourparlers entre diverses parties», mentionne Éric Pronovost, syndic responsable du dossier chez Raymond Chabot. «Je ne vois pas encore la couleur d'un développement concret, mais ça ne veut pas dire qu'il ne se passe rien.»

Même si un jugement a été rendu dans ce dossier au début de l'année, M. Pronovost suit l'affaire de près pour s'assurer que les obligations prévues dans la proposition seront respectées. Si le premier versement de 10 000 $ n'est pas versé à la fin du mois, Les Entreprises CJS sera en défaut. Plusieurs nouvelles avenues s'ouvriraient à ce moment, dont la faillite forcée demandée par les créanciers.

D'ici là, Mme Charles peut encore se trouver un nouveau partenaire d'affaires ou vendre une entreprise sérieusement altérée.

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