Résolu: «Fidèles à leur réputation», selon le maire de La Tuque

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

Agrandir

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(LA Tuque) «Ils sont fidèles à leur réputation. Sans crier gare, ils nous disent qu'ils ferment. C'est un arrêt rapide sans avertissement.»

Voilà comment le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, a réagi à l'annonce de la fermeture de la scierie de Rivière-aux-Rats pour une période indéterminée.

Se mordant visiblement les lèvres pour ne pas déverser son fiel sur Produits forestiers Résolu, le premier magistrat est d'avis que les difficultés du marché, telles qu'évoquées par l'entreprise, sont temporaires. «La baisse du prix du bois est compensée par le taux de change et le prix va s'équilibrer alors qu'énormément de constructions ont été arrêtées par le froid aux États-Unis», soutient-il.

Si celui-ci parle d'un coup dur pour sa Ville, la directrice générale de la Chambre de commerce du Haut-Saint-Maurice, Manon Côté, admet qu'il s'agit d'une «très mauvaise nouvelle pour notre économie». «On s'arrache les cheveux pour survivre en cette période d'austérité», a-t-elle confié au Nouvelliste.

Celle-ci se dit «très perplexe» de voir l'entreprise «demander plus de volume de bois tout en déclarant que le marché est à terre». «C'est très dur à suivre. Ça sent la politique, comme si on voulait brasser la soupe avant le 8 mai parce qu'on n'a pas eu les CAAF», poursuit-elle.

À son avis, la compagnie devrait trouver des solutions «pour que ça marche», comme le font bon nombre d'entreprises qui seront au Salon des commerçants et artisans du Haut-Saint-Maurice cette fin de semaine au Colisée municipal de La Tuque.

Par ailleurs, Mme Côté se console à l'idée de voir Rémabec conserver son siège social «chez nous» à la suite de sa transaction avec Kruger.

«Rémabec, je peux me fier à eux autres», a renchéri le maire latuquois.

Pour sa part, le président du Conseil central du Coeur-du-Québec (CSN), Paul Lavergne, trouverait «très décevant» que l'entreprise instrumentalise ses problèmes pour négocier avec le gouvernement et ce, sur le dos des travailleurs.

«Ça surprend pas mal tout le monde et ça soulève des questionnements. Alors que le gouvernement a fait passer son offre d'approvisionnement de 60 000 à 120 000 mètres cubes, la compagnie aurait pu faire ses investissements et ensuite, Québec aurait pu lui dire: on te donne le reste par rapport à la demande de 150 000 mètres cubes. Cela revient à notre dernière sortie où on demandait à Résolu de faire sa part, d'au moins faire preuve d'efforts», a-t-il commenté.

L'autre aspect qui le fait sourciller, avoue le porte-parole syndical, c'est que la convention collective vient à échéance à la fin du mois de juin. «Ce serait très dommage que la compagnie veuille affamer les gens avant de tomber en négociations», prévient-il.

Selon lui, si Produits forestiers Résolu est en pleine campagne publicitaire pour redorer son image, c'est que celle-ci n'est pas belle. «Avec son mode d'opération ancestral, elle est toujours en train de quémander au gouvernement et aux employés. On les a aidé à coups de centaines de millions de dollars et aux dernières négociations, elle avait exigé beaucoup de reculs», rapporte M. Lavergne.

Pour lui, l'entreprise «n'a pas de raison de dire qu'ils ne peuvent pas investir», d'autant plus qu'à l'époque où la valeur du dollar canadien était en hausse, chaque sou d'augmentation représentait des frais de 14 millions de dollars pour la compagnie. «Il y a beaucoup de questions, mais peu de réponses. J'ai de la misère avec ça», conclut-il.

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer