300 mises à pied à La Tuque

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Les quelque 300 travailleurs rattachés aux opérations de Produits forestiers Mauricie, à La Tuque, seront mis à pied après le 8 mai en raison de la fermeture de la scierie de Rivière-aux-Rats pour une période indéterminée.

Gabriel Delisle

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(La Tuque) Les quelque 300 travailleurs rattachés aux opérations de Produits forestiers Mauricie, à La Tuque, seront mis à pied après le 8 mai en raison de la fermeture de la scierie de Rivière-aux-Rats pour une période indéterminée. Outre les 125 employés de l'usine, près de 175 travailleurs en forêt sont touchés par cette décision conjoncturelle.

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Karl Blackburn, directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales chez Produits forestiers Résolu.

Photo François Gervais

Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière... (Photo: Le Nouvelliste) - image 1.1

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Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice, actionnaire de Produits forestiers Mauricie avec PFR.

Photo: Le Nouvelliste

«C'est un problème de marché, il n'y a pas de vente, les prix sont à terre», a fait savoir le directeur général de la Coopérative Forestière du Haut-Saint-Maurice, Claude Dupuis. Son organisation est partenaire d'affaires dans PFM, avec Produits forestiers Résolu.

Selon le porte-parole de cette dernière entreprise, Karl Blackburn, la relance américaine n'est pas aussi soutenue que prévue. Et outre l'effondrement du marché du bois d'oeuvre, il y a, dit-il, le coût plus élevé de la fibre en région qui vient compliquer les choses. «Et on est soumis aux mêmes droits compensatoires», ajoute celui qui, sans nier un dollar canadien favorable, remarque une hausse de sa valeur.

C'est lundi que la direction de PFM a annoncé la mauvaise nouvelle à ses employés. «Avec toute cette incertitude, on ne peut pas donner de date de redémarrage, mais ce sera quand les conditions nous le permettront», a précisé le directeur principal, Affaires publiques et relations gouvernementales - Canada, chez Produits forestiers Résolu.

Cet arrêt qui frappe la scierie de Rivière-aux-Rats survient alors que la coentreprise PFM avait sur sa table à dessin un projet d'investissement de huit millions de dollars qui devait permettre la consolidation de 90 emplois en forêt et la création de 40 nouveaux postes par l'ajout d'une troisième faction à l'usine.

«Ce sont deux choses totalement différentes. Mais en arrêtant les opérations, c'est clair qu'on ne va pas de l'avant avec les investissements», souligne M. Blackburn.

S'il a répété qu'il n'y avait pas de liens entre la décision de procéder à l'interruption de la production et l'impasse relative au dossier de modernisation, Claude Dupuis a tout de même indiqué que celui-ci avait été «mis sur la glace».

D'ailleurs, cette décision a été transmise au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, dans une lettre datée du 23 avril dernier, et dont Le Nouvelliste a obtenu copie.

Dans leur préambule, le vice-président de PFM, Gilbert Demers, et le président de la Coopérative forestière du Haut-Saint-Maurice, Mario Tremblay, font allusion à l'offre finale du ministre, datée du 25 mars 2015, pour un volume ponctuel annuel de 120 000 mètres cubes pour les trois prochaines années. Il s'agit d'une proposition deux fois plus généreuse qu'initialement de la part de Québec.

«Afin de rentabiliser les investissements envisagés à notre scierie de La Tuque, nous avions formulé une demande pour l'ajout de 150 000 mètres cubes au volume de la garantie détenue par la scierie, pour un volume total sous garantie de 546 000 mètres cubes. L'offre qui nous est faite est bien moindre, tant en volume qu'en durée», écrivent les deux cosignataires.

De plus, disent-ils, le volume qui pourra effectivement être récolté et transformé à la scierie pourrait être moindre à la lumière des informations transmises par le ministre qui évoquait des sources d'approvisionnement présentant des contraintes opérationnelles ou des essences avec peu de débouchés.

«Après analyse, nous considérons que votre offre ne rencontre pas les pré-requis de volume et de durée qui permettraient de rentabiliser les investissements envisagés», renchérit le duo qui se montre néanmoins reconnaissant pour les efforts déployés par le gouvernement.

Dans la même correspondance, les deux hommes font allusion à la reprise plus lente que prévue des mises en chantier aux États-Unis, qui met une pression à la baisse sur la demande et les prix du bois d'oeuvre résineux. Et s'ajoutent à cela une taxe à l'exportation et l'application de quotas en vertu de l'entente de 2006. «Ce contexte d'incertitude, auquel s'ajoute un coût de bois livré dépassant les

70 dollars du mètre cube, n'est pas propice à la réalisation des investissements envisagés. En raison de ces éléments, nous devons refuser le volume offert parce qu'il est assorti de l'obligation de procéder aux investissements de huit millions de dollars. C'est donc à regret que nous devons canceller notre projet d'investissement à La Tuque», concluent-ils tout en se disant prêts à reconsidérer le tout si l'approvisionnement et le marché devaient être au rendez-vous.

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