Fonds de diversification: approbation... avec réserve

Trois bénéficiaires du Fonds qui ont voulu démystifier... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Trois bénéficiaires du Fonds qui ont voulu démystifier ce programme: Alain Lemieux, d'Epsilia, Diane Chaîné, de Progi et Daniel Gélinas, de Marmen.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

La nouvelle gouvernance à saveur entrepreneuriale du Fonds de diversification économique, telle que confirmée mercredi par le ministre régional Jean-Denis Girard, est généralement bien accueillie par le milieu des affaires. Sauf que certains entrepreneurs se sentent mal à l'aise de déposer des projets à leurs pairs et de dévoiler ainsi leur profil à de possibles compétiteurs.

«C'est le même code d'éthique qu'avant. Les projets sont analysés par le ministère de l'Économie, de l'Innovation et de l'Exportation et par Investissement Québec. S'il y a lieu, les membres du comité peuvent se retirer dans certains dossiers. Et s'il y a des cas particuliers, ce sera adressé», a indiqué le ministre Girard.

Même s'il apprécie la présence des entrepreneurs au sein du nouveau comité, c'est la partie «conflit d'intérêt» potentiel qui fait sourciller le président de CELIBEC, Denis Giroux. «En soumettant un projet, on se met tout nu et il faut voir comment ça peut être géré», soutient celui qui n'exclut pas pour autant recourir au Fonds éventuellement.

Le ministre délégué aux PME dit vouloir donner un nouvel élan à ce Fonds qui est «de plus en plus dynamique depuis la dernière année», d'où la présence de dix entrepreneurs au sein du nouveau Comité de diversification qui agiront à titre d'ambassadeurs du milieu.

«Il faut aller plus loin et ça doit être géré par des entrepreneurs», a-t-il confié au Nouvelliste. «Nous souhaitons promouvoir les forces des deux régions et faire émerger davantage de projets innovants et structurants, issus notamment d'investissements étrangers. Ces femmes et ces hommes d'affaires agiront entre autres à titre de démarcheurs dans une perspective de diversification économique prise en charge par le milieu», a-t-il renchéri.

Selon lui, les nouvelles orientations de gouvernance de ce fonds permettront de simplifier les structures afin d'accélérer le processus de traitement des dossiers et de mettre en place un plan d'action axé sur de nouveaux marchés potentiels.

«Je suis convaincu que les changements annoncés permettront d'avoir un fonds de diversification plus simple et plus efficace, au bénéfice des entreprises du Centre-du-Québec. De plus, je ne peux que me réjouir de l'arrivée des nouveaux membres. Leur participation au Comité est un très bel exemple d'implication dans notre communauté», a commenté le ministre responsable de la région centricoise, Laurent Lessard.

Pour son homologue mauricien, cette annonce s'inscrit dans la volonté du gouvernement de renouveler le développement économique régional. «Déjà, le partenariat développé avec nos entrepreneurs et le climat de confiance que nous avons rétabli avec le milieu des affaires a permis la mise en place d'une nouvelle dynamique dans les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Si 2014 était l'année de la relance, 2015 sera assurément l'année de la croissance», prétend M. Girard.

Si la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec salue la réorganisation du Comité de diversification, on est plutôt déçu du côté de la Jeune Chambre de commerce de la Mauricie qui aurait aimé voir un jeune entrepreneur intégrer le groupe des dix. Et le directeur général Steve Renaud se désole aussi que les critères restent les mêmes et ne favorisent pas le soutien à la relève d'entreprise.

Alors que l'associé d'une très petite entreprise, Polyshine Innovation, Réjean Bouillon, souhaite avoir accès au programme, le président des Manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec, Donald Michaud, rappelle que le développement du secteur manufacturier passe justement par la diversification du tissu économique.

En matinée, trois bénéficiaires du Fonds ont tenté de démystifier ce programme auprès d'une centaine de membres de la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, dont Alain Lemieux, d'Epsilia, qui fait maintenant partie de la version 2.0 du Comité du Fonds.

«Ce ne sera pas du rubber stamp, je ne suis pas un yes man. Je n'ai pas de temps à perdre. Il faut que le projet soit sérieux, avec un bon produit. Une bonne idée sera bien reçue», conclut celui qui n'est pas un grand partisan des subventions et qui, au besoin, se retirera des discussions.

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