Le conflit de travail s'enlise chez Delastek

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Le moral tient bon chez les grévistes de Delastek, estime le président du syndicat, Alexandre Maranger (premier à gauche).

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Un employeur qui accuse d'intimidation les grévistes. Un syndicat qui soupçonne le patron de recourir à des briseurs de grève. Une ligne de piquetage qui est tendue. Des pourparlers qui piétinent. Un personnel syndiqué menacé d'être amputé de moitié lors du retour au travail. Deux semaines après son déclenchement, le conflit de travail s'enlise déjà chez Delastek à Shawinigan.

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Claude Lessard, président de Delastek.

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«Je ne vois même pas la lumière au bout du tunnel. Et s'ils continuent comme ça, ils vont profiter de l'été», a lancé au Nouvelliste le président Claude Lessard tout en réitérant son intransigeance sur la portée de l'accréditation syndicale. «C'est non négociable», a-t-il répété.

Or, si la grève fut déclenchée le 1er avril dernier, c'est que la négociation achoppe justement sur la protection du travail des syndiqués qui jugent que l'empiètement des juridictions est problématique. En effet, certaines tâches qui relèvent de l'accréditation syndicale sont effectuées par des non-syndiqués et l'employeur ne veut pas y remédier. D'autres points sont aussi en litige dont la représentation syndicale en santé-sécurité, les assurances et le libre choix des vacances.

Or, pour le président Lessard, ces sujets de discussion ne posent pourtant pas problème. D'abord, la différence entre les syndiqués et les autres membres du personnel a été tranchée par la Commission des relations du travail. Ensuite, son usine ne faisant pas partie d'un secteur prioritaire au niveau de la CSST, il ne se sent pas lié par la demande syndicale en matière de santé-sécurité. Finalement, il juge que la question des vacances a déjà été réglée à la table des négociations et il propose une solution en ce qui concerne les assurances. D'ailleurs, deux autres rencontres de conciliation sont prévues les 22 et 23 avril. «La dernière rencontre du 2 avril était quand même positive. On ne règle pas de grosses affaires, mais tant que ça avance, on est bien content», a confié le président de la section locale 1209, Alexandre Maranger, dans la roulotte installée pour les piqueteurs. Mais, du même souffle, il prédit un long conflit. «On est ici pour longtemps. On va prendre le temps qu'il faut, soit tant et aussi longtemps que nos points importants ne seront pas réglés et qu'on n'aura pas une convention qui a de l'allure», a ajouté celui qui «a fait venir un enquêteur sur les briseurs de grève».

Dès que les clauses normatives auront été traitées, le syndicat s'attaquera aux questions monétaires. «Ce n'est pas vrai qu'on demande des hausses de 60 % ou 70 %, mais on aimerait atteindre environ 17 $ l'heure après cinq ans et se rapprocher des autres compagnies alentour», précise celui qui parle d'un salaire annuel qui se rapproche davantage des 20 000 $ que des 30 000 $ pour sa cinquantaine de membres actuellement.

Ceux-ci touchent un fonds de grève hebdomadaire de 250 dollars. Et le président Maranger s'attend à recevoir l'aide d'autres sections locales Unifor.

S'il considère que «le boss est arrogant», le président Lessard reproche aux syndiqués de faire de l'intimidation sur la ligne de piquetage et de bloquer l'accès aux camions de livraison. «Les chauffeurs partent volontairement et on ne bloque aucun camion», rétorque le dirigeant syndical qui, par ailleurs, parle de relations «courtoises et gentilles» avec la cinquantaine de non-syndiqués encore au boulot, contrairement au patron qui, lui, rapporte des échanges intimidants.

D'ailleurs, pour Claude Lessard, le fait que des syndiqués se mettent à dos des gens à l'interne constitue un point de non retour. Tout comme sa décision de ne reprendre que la moitié des grévistes à la fin du conflit, les non-syndiqués faisant présentement la démonstration que le travail se fait avec moins de monde.

«On bat des records sur des pièces injectées. Et ceux qui seront repris, ils devront respecter les temps standards de production. La récréation est finie pour eux autres. La création d'emplois, ce sera zéro pis une barre. J'aurai moins de personnel et il sera compétent. Le conflit va être payant pour nous et les employés qui ont du coeur. S'ils veulent garder le peu de jobs, ils doivent se réveiller et un otage, ça doit se réveiller de temps en temps, il me semble», poursuit le grand patron, évoquant ces grévistes qui, à son avis, sont victimes de désinformation.

Répétant que le coeur de Delastek, c'est la recherche et le développement, le président ne sait pas si la suite des choses aura lieu à Shawinigan, «le berceau du syndicalisme» ou ailleurs. «Depuis le début, il menace d'aller au Mexique et de réduire le personnel. On ne le croit plus vraiment», a toutefois conclu M. Maranger.

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