Bonne nouvelle pour les exportateurs

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Patrick Wellington, vice-président et directeur général de Matériaux spécialisés.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Louiseville) La baisse du dollar canadien par rapport à la devise américaine fait l'affaire des entreprises mauriciennes qui vendent leurs produits aux États-Unis.

Michel Deveault, président et chef des opérations de... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Michel Deveault, président et chef des opérations de Meubles Canadel.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

Le dollar canadien valait 86 cents américains au début de l'année. Depuis la mi-janvier, il caracole à environ 80 cents. Difficile de dire si la tendance va se maintenir, mais cette valeur du dollar canadien réjouit l'équipe de Meubles Canadel de Louiseville.

«C'est sûr que sur le prix de vente de nos produits, il n'y a pas de différence encore, car la liste de prix établie est bonne pour un certain temps. Mais ça vient nous aider pareil. Ça fait voir l'avenir du bon oeil. On améliore notre compétitivité aux États-Unis par rapport à d'autres pays: Canadel devient plus compétitif, donc le magasin de meubles sera plus intéressé à avoir nos produits», analyse le président et chef des opérations, Michel Deveault.

Canadel exporte 80 % de sa production au sud de la frontière canadienne. Les caprices du dollar canadien peuvent représenter un véritable casse-tête lorsque vient le temps de faire des affaires aux États-Unis. Canadel signe des contrats de change avec les institutions financières, qui fixent la valeur du dollar canadien dans une certaine braquette, afin justement de se protéger contre les variations.

«Le taux de change est encourageant pour la business, car les contrats prennent de l'ampleur, dit Michel Deveault. Le but d'une entreprise pour ne pas se mettre dans le trouble est de protéger sa liste de prix. On estime que le dollar oscille entre tant et tant, on bâtit notre liste de prix en fonction de ça.»

AGT, une entreprise trifluvienne spécialisée dans la robotisation industrielle, présente ses soumissions en dollar canadien. La compagnie dirigée par Éric Bélanger utilise elle aussi des contrats de change pour se prémunir contre des mouvements excessifs de la valeur du dollar. Mais le président aime bien travailler avec un taux de change de 80 cents.

«Ça aide assurément pour avoir une escompte sur les prix annoncés. On a une meilleure flexibilité pour les clients, on a une marge d'environ 20 %. On vend un peu plus. Mais comme on achète beaucoup de produits aux États-Unis, en dollar américain, on dépense plus. Le gain est d'environ 5 à 10 %.»

Ce niveau de compétitivité est aussi bien accueilli du côté de Matériaux spécialisés. Le fabricant louisevillois de panneaux de fibre de bois vend une légère partie de sa production aux États-Unis, soit environ 5 %. Mais la baisse du dollar canadien rapporte des dividendes... de ce côté-ci de la frontière.

«Ce n'est pas dans notre stratégie d'aller compétitionner des panneaux aux États-Unis qui sont un marché assez protectionniste, mentionne le vice-président et directeur général de la compagnie, Patrick Wellington. On ressent beaucoup le buy american first. Mais la baisse de la valeur du dollar canadien nous aide à développer le marché canadien. Pour les distributeurs de panneaux de fibre de bois, les panneaux américains sont moins attrayants en raison du taux de change. On bénéficie d'un prix avantageux par le fait que les autres options sont plus chères. On est devenu plus compétitif sans affecter nos marges. Et on ne baisse pas nos prix.»

Matériaux spécialisés réussit à tirer son épingle du jeu principalement dans le panneau de bois d'entrée de gamme, utilisé notamment pour les toitures, malgré une vive concurrence américaine, note M. Wellington.

«Ces produits sont plus faciles à faire, il y a donc plus d'offres sur le marché, mais ils offrent moins de rentabilité. C'est là qu'on retrouve plus d'avantages actuellement, où on observe la plus grosse différence dans le fait que le dollar canadien baisse.»

La diminution de la valeur du dollar n'a pas encore d'incidence sur le carnet de commandes de Canadel. Mais si la tendance se maintient, la nouvelle prendra du coffre, d'autant plus que la reprise américaine va faire sa part pour donner du tonus aux ventes.

«Le yuan chinois est à parité avec le dollar américain. Quand le dollar américain baisse, le produit chinois nous rentre dans le corps. Mais quand notre dollar est plus faible, on est plus compétitif avec le chinois», ajoute M. Deveault, qui s'attend à ce que le chiffre d'affaires de la compagnie grimpe de 10 % en 2015.

Éric Bélanger croit qu'il faudra être patient avant de voir l'impact de la variation du dollar canadien sur le carnet de commandes de son entreprise. Le secteur dans lequel AGT évolue fixe à environ six mois le délai entre le premier contact entre un client et la vente d'un produit. Le délai sera davantage de deux ans sur l'ensemble de l'économie québécoise, selon ses prévisions.

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