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Ouverture d'un Best Buy à Trois-Rivières: statu quo ou création d'emplois?

Une trentaine d'emplois de commis ont été affichés... (Photo: Émilie O'Connor)

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Une trentaine d'emplois de commis ont été affichés sur le site Internet d'Emploi-Québec, et ce, uniquement pour le Best Buy de Trois-Rivières.

Photo: Émilie O'Connor

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une semaine après la fermeture des portes du magasin Future Shop du boulevard des Récollets à Trois-Rivières, le nouveau Best Buy ouvrait les siennes au public samedi. Tempête de neige obligeant, les clients ne faisaient pas la file devant l'espace commercial du Carrefour Trois-Rivières-Ouest.

Malgré tout, un essaim d'employés, vêtus de la chemise bleue typique de la bannière Best Buy, s'activaient à l'intérieur, avec le mot d'ordre de ne pas échanger mot avec les journalistes.

C'est dire qu'il est pour l'heure impossible d'en apprendre davantage sur les possibles mises à pied, et les non moins possibles embauches découlant de la fusion des marques Future Shop et Best Buy au Canada.

Chose certaine, l'entreprise affichait dernièrement sur le site Internet d'Emploi-Québec son désir de combler une trentaine de postes de commis, aussi bien à temps plein, qu'à temps partiel, et ce uniquement pour son commerce de Trois-Rivières. Impossible, donc, de savoir si ces postes viennent s'ajouter à ceux déjà existants ou s'ils pallient des départs, volontaires ou non, d'employés anciennement à la solde de Future Shop.

Présent sur le plancher lors de l'ouverture, le directeur général de l'établissement trifluvien, Bruno Lafrenière, n'a pas voulu commenter ces offres d'emplois. «Il y a beaucoup d'employés qui travaillent sur le terrain aujourd'hui», confirme-t-il. «Mais comme je n'ai pas réussi à rejoindre mon directeur des relations avec les médias, officiellement j'ai le droit de ne rien dire. Tout ce que je peux vous dire c'est que pour la clientèle, il n'y a pas tant de changements majeurs. Les gens qui vont entrer aujourd'hui vont avoir l'impression d'être chez Future Shop. Les changements vont venir

avec le temps. Chose certaine, la fusion, c'est positif», signale M. Lafrenière.

Le directeur Marketing et Affaires Corporatives Québec pour Best Buy Canada, Thierry Lopez, n'a pas voulu confirmer ou infirmer les embauches récentes effectuées au magasin de Trois-Rivières. Dans un échange de courriels, M. Lopez a simplement réitéré la volonté de Best Buy «de maintenir notre offre et nos services aux habitants de Trois-Rivières et de la région qui nous ont soutenu depuis notre ouverture et apprécient notre magasin. La conversion en Best Buy se fera progressivement sur les prochaines semaines et prochains mois: inventaire, promotions, affiches», écrit M. Lopez, en rappelant que la bannière investira 200 millions $ à travers le Canada «dans le but d'apporter une expérience client en magasin et en ligne hors pair.»

Selon Diane Gagné, spécialiste des relations de travail et professeure au Département des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Trois-Rivières, la loi permet à Best Buy de remercier certains de ses employés, sans justification, cela s'ils sont non-syndiqués et s'ils sont à l'emploi de la compagnie depuis moins de deux ans.

«Si les employés sont syndiqués, c'est très simple, l'employeur a l'obligation de les réembaucher. S'ils ne sont pas syndiqués, c'est le Code civil qui s'applique et la jurisprudence est beaucoup plus vague à cet effet. Si le magasin reste ouvert à la même adresse et fait juste changer de bannière, en théorie, l'employeur devrait garder ses employés, à moins que Future Shop n'ait congédié ces mêmes employés avant de fusionner. En retour, si le commerce ferme et va ouvrir ailleurs, il est dans son droit de rapatrier des employés en provenance d'autres magasins», mentionne Mme Gagné.

Ainsi, dans la situation actuelle, Mme Gagné est d'avis que l'article 2097 du Code civil s'appliquera, c'est-à-dire que la fusion ne constitue pas une cause juste et suffisante pour licencier du personnel. À un détail près: si les employés sont à l'emploi de Future Shop depuis moins de deux ans. Dans ce cas, ils ne sont pas couverts par la loi des normes du travail.

«Il n'y a alors rien qui protège les employés. Dans le cas contraire, selon l'article 45 du Code du travail, l'employeur dispose d'un an pour renégocier les conditions de travail de ses employés», indique la professeure de l'UQTR.

Rappelons que la fusion entre Future Shop et Best Buy entraînera la perte de 1500 emplois à temps plein et à temps partiel un peu partout à travers le pays.

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