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«Pour garder des emplois, il ne faut pas amener le Tiers-Monde au Québec»

Le piquet de grève est maintenant en place... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le piquet de grève est maintenant en place devant les installations de Delastek.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Dans un froid inhabituel pour un 1er avril qui reflétait toutefois bien l'état des relations de travail, la cinquantaine de syndiqués de Delastek ont installé leur piquet de grève, tôt mercredi matin. Et selon leur représentant, les membres de la section locale 1209 s'attendent à un long conflit qui fut déclenché, précise-t-il, à la suite d'une menace de lock-out.

Le conseiller régional de la FTQ, David Maden.... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Le conseiller régional de la FTQ, David Maden.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

«On veut régler les problèmes qui traînent depuis huit ans», a laissé entendre le conseiller régional FTQ, David Maden.

L'autre groupe d'une cinquantaine de travailleurs non syndiqués ont pu accéder à leurs bureaux sans problème alors qu'une auto-patrouille de la Sûreté du Québec était discrètement sur les lieux.

Le personnel syndiqué n'était plus au boulot depuis mardi midi, la direction ayant décidé de les payer pour rester à la maison. «Je ne peux pas me permettre de me faire briser des équipements», a justifié au Nouvelliste le président Claude Lessard.

La négociation, qui en est encore aux clauses normatives, achoppe principalement sur la protection du travail des syndiqués. En effet, certaines tâches qui relèvent de l'accréditation syndicale sont effectuées par des non-syndiqués et l'employeur ne veut pas y remédier. D'autres points sont aussi en litige dont la représentation syndicale en santé-sécurité, les assurances et le libre choix des vacances.

Or, pour le président Lessard, ces sujets de pourparlers ne posent pourtant pas problème. D'abord, la différence entre les syndiqués et les autres membres du personnel a été tranchée par la Commission des relations du travail. Ensuite, son usine ne faisant pas partie d'un secteur prioritaire au niveau de la CSST, il ne se sent pas lié par la demande syndicale en matière de santé-sécurité. Finalement, il juge que la question des vacances a déjà été réglée à la table des négociations et il propose une solution en ce qui concerne les assurances. D'ailleurs, une autre rencontre de conciliation est prévue aujourd'hui ainsi que les 22 et 23 avril. 

Mais pour la partie syndicale, l'empiètement de juridictions est justement problématique. «Il faut respecter les espaces», affirme M. Maden. Quant aux vacances, c'est «la façon de les prendre» qui constitue un irritant. 

Par rapport aux doléances relatives à la santé-sécurité, le porte-parole du syndicat soutient qu'un tel fleuron de l'industrie aéronautique devrait se soumettre aux mécanismes de prévention reconnus, et sans lesquels «il y a beaucoup plus de blessures».

Selon M. Maden, le spectre d'un déménagement de la production évoqué par le président Lessard dans un pays à faibles coûts représente une «menace facile». 

«C'est une entreprise qui bénéficie de subventions à la pelle. Et quand l'employeur veut partir, il ne demande pas la permission. On l'a vu avec la Coop fédérée à Trois-Rivières. Ce n'est pas en fonction de la convention collective. Mais pour garder des emplois, il ne faut pas amener le Tiers-Monde au Québec», affirme-t-il.

Sans vouloir préciser les demandes salariales, «n'étant pas rendu là», M. Maden n'a pas caché que la rémunération actuelle se situait autour du salaire minimum. «Ça prend la police pour montrer les livres», déplore-t-il alors qu'en mai 2013, la GRC et Service Canada avaient procédé à une importante perquisition de documents chez Delastek.

Et pour lui, le vote de grève à 100 % démontre l'esprit de confrontation qui prévaut à l'interne depuis la signature «sans beaucoup de conviction» du contrat de travail il y a huit ans et qui est venu à échéance le 31 mars dernier.

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