Grève chez Delastek: le président envisage le déménagement

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La cinquantaine de syndiqués de l'entreprise Delastek ont déclenché la grève mercredi matin.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Avec le déclenchement de la grève mercredi matin par la cinquantaine de syndiqués, le président de l'entreprise Delastek, Claude Lessard, évoque ouvertement l'idée de déménager sa production de Shawinigan dans des pays tels que le Mexique, le Maroc ou les États-Unis.

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Claude Lessard, président de Delastek.

Photo: Stéphane Lessard Le Nouvelliste

«J'évalue toutes les possibilités et aucun client ne m'oblige à faire sa production au Québec», a-t-il confié, hier, en entrevue exclusive au Nouvelliste.

Dans un tel scénario, celui-ci pourrait conserver localement son équipe non-syndiquée en recherche et développement (R&D), composée aussi d'une cinquantaine de personnes. Ce groupe sera d'ailleurs à l'ouvrage mercredi, malgré le piquet de grève qui sera en place dès 7 h 30.

Or, le coeur du litige qui a mené à l'arrêt de travail, selon les dirigeants de la section locale 1209 d'Unifor, c'est justement que certaines tâches qui relèvent de l'accréditation syndicale sont effectuées par des non-syndiqués «et l'employeur ne veut pas y remédier».

Mais le président Lessard est catégorique: cette question a déjà été tranchée il y a quelques années par la Commission des relations du travail qui faisait la différence entre les syndiqués et les employés de bureau, les contrôleurs de qualité, les ingénieurs, le service après-vente, la R&D et «tous ceux automatiquement exclus par la loi».

«Ils veulent élargir la portée de l'accréditation. Jamais je vais plier là-dessus. La R&D, c'est le propre de Delastek. Et j'ai voulu développer la matière grise au Québec», a-t-il clairement laissé entendre.

Par ailleurs, selon lui, la question des vacances a été réglée il y a trois semaines. «On dirait qu'on n'est pas assis à la même table de négociations. Ils sont à côté de la track», soutient M. Lessard, par rapport aux demandes syndicales à ce sujet.

Avec d'autres rencontres de conciliation prévues les 2, 22 et 23 avril, il se dit «prêt à leur donner le budget que ça nous coûte et qu'ils la négocient, leur assurance». Quant à une représentation syndicale en santé-sécurité, il ne se sent pas lié par cette demande, n'ayant pas, dit-il, le statut gouvernemental qui pourrait l'exiger.

Accusant le syndicat d'être de mauvaise foi, le président de Delastek considère que l'avenir de l'usine est en jeu «pour trois, quatre personnes». «Il y a de la désinformation, et l'information ne se rend même pas aux employés, qui sont pris en otage», déplore-t-il.

Celui-ci signale, au passage, que ses clients lui demandent de réduire ses coûts de 15 % d'ici deux ans, d'où l'intérêt de déménager potentiellement sa production dans des low cost countries, avec des demandes de hausses salariales de «60 % à 70 %».

Un point sur lequel Claude Lessard est d'accord, c'est quand le syndicat parle d'un conflit qui risque de durer alors que des commandes ont été repoussées en 2016.

Se disant surpris que le contrat de travail signé il y a huit ans ne vaille plus rien aux yeux des mêmes intervenants syndicaux, le président est déterminé à honorer ses contrats, en dépit de la grève.

«L'intransigeance des représentants de l'employeur ne nous donne aucun autre choix que d'exercer ce moyen de pression», a répété le représentant national du dossier, Luc Deschênes.

Les parties se sont rencontrées en conciliation la semaine dernière sans pouvoir s'entendre. Auparavant, les membres avaient donné un appui sans équivoque à leur comité de négociation alors qu'un mandat d'exercer tous les moyens d'action pouvant mener jusqu'à la grève avait été adopté à l'unanimité.

L'usine Delastek emploie en tout une centaine de personnes et fabrique des composantes de pièces aéronautiques destinées à divers clients dont Bombardier, Bell Hélicoptère et Viking.

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