La grève semble inévitable chez Delastek

Les activités de l'usine Delastek pourraient être perturbées... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Les activités de l'usine Delastek pourraient être perturbées par un arrêt de travail à compter de mercredi à la suite de l'échec des négociations lors des dernières séances entre les employés et la direction.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) À moins d'un revirement de dernière minute, la cinquantaine de syndiqués de l'entreprise Delastek, à Shawinigan, seront en grève dès mercredi à la suite de l'impasse des négociations et des menaces de lock-out exprimées par l'employeur lors de la dernière rencontre de conciliation tenue jeudi dernier.

«Ce n'est pas une grève d'une semaine ou deux, ça va durer. Il n'y a pas d'ouverture sur les points majeurs et il n'y a pas eu de rapprochement lors de la conciliation», a commenté au Nouvelliste le représentant national Unifor (FTQ), Luc Deschênes. Quant au président de la compagnie, Claude Lessard, il ne veut émettre aucun commentaire pour l'instant.

Se gardant bien de s'immiscer dans les dossiers de relations de travail, le maire de Shawinigan, Michel Angers, a tout de même dit souhaiter que les parties en arrivent à une entente et soient ainsi capables d'éviter un conflit car, dit-il, «c'est toujours difficile d'en sortir gagnant».

Réunis en assemblée syndicale la semaine dernière, les membres de la section locale 1209 d'Unifor avaient donné un appui sans équivoque à leur comité de négociation alors qu'un mandat d'exercer tous les moyens d'action pouvant mener jusqu'à la grève avait été adopté à l'unanimité. Et le droit de grève était acquis à compter du 1er avril.

Or, le conflit de travail surviendra au jour 1 de la fin de la convention collective qui venait à échéance le 31 mars 2015, soit aujourd'hui même. L'entreprise du secteur Grand-Mère compte une centaine d'employés, et plus de la moitié d'entre eux sont non syndiqués. C'est d'ailleurs cette composition hybride du personnel qui pose problème aux yeux du syndicat.

En effet, plusieurs irritants persistent en raison, notamment, du fait que certaines tâches, qui relèvent de l'accréditation syndicale, sont effectuées par des non-syndiqués. «C'est une priorité pour nos membres que de protéger notre accréditation et nous ne parvenons pas à nous entendre avec l'employeur», avait déjà déploré M. Deschênes.

Outre cette question du travail syndiqué qui est au coeur du litige, d'autres points sont problématiques dont la représentation syndicale en santé-sécurité, les assurances et le libre choix des vacances. Et si les pourparlers n'en étaient encore qu'aux clauses normatives, les éventuelles demandes salariales viseraient un rattrapage important, selon ce que Le Nouvelliste a appris.

Le présent contrat de travail avait été signé il y a huit ans. Depuis la mi-février, les parties avaient tenu huit séances de négociation avant que l'employeur ne fasse appel à un conciliateur du ministère du Travail.

Le conflit de travail éclate au moment même où l'avenir semblait prometteur pour Delastek avec l'envol des CSeries. L'an dernier, les lettres d'entente signées par Bombardier pour la construction de 24 appareils de la CSeries avaient fait le bonheur du sous-traitant shawiniganais qui se spécialise dans l'habillage intérieur des cabines de pilotage du dernier-né de la multinationale de l'aéronautique. Car Delastek fabrique des composantes de pièces aéronautiques destinées à divers clients dont Bombardier, Bell Hélicoptère et Viking.

Delastek en bref

Année de fondation: 1984

Premier contrat en aéronautique: 1992

Clients: Bombardier, Bell Hélicoptère, Viking

Nombre de syndiqués: 49

Fin de la convention: 31 mars 2015

Président: Claude Lessard

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