Bioraffinerie: un rêve de 700 millions $ à La Tuque

La Tuque pourrait bien devenir le berceau canadien... (PHOTO: AUDREY TREMBLAY)

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La Tuque pourrait bien devenir le berceau canadien de la transformation de la biomasse forestière en biodiésel. Le Haut-Saint-Maurice a dans ses cartons un projet de bioraffinerie qui nécessiterait des investissements pouvant aller de 700 à 800 millions $.

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(Shawinigan) La Tuque pourrait bien devenir le berceau canadien de la transformation de la biomasse forestière en biodiésel. Une entreprise européenne aurait même manifesté beaucoup d'intérêt envers le projet de bioraffinerie qui nécessiterait des investissements pouvant aller de 700 à 800 millions $.

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Le directeur forestier et développement économique de la Ville de La Tuque, Patrice Bergeron. 

Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

«L'idée est de tirer le maximum du potentiel économique de la forêt. Cela représenterait des investissements majeurs allant de 700 à 800 millions $», affirme Patrice Bergeron, directeur forestier et divertissement économique à la Ville de La Tuque. 

«Nous sommes dans le Haut-Saint-Maurice entourés d'énergie. Nous voulons avoir la première bioraffinerie au Canada qui produit du biodiésel à partir de biomasse forestière (résidus de coupes: écorces et branches).»

Ce projet d'envergure pourrait créer près de 300 emplois directs et indirects. Une pétrolière européenne serait même intéressée au projet. D'ailleurs, le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec, Pierre Arcand, a rencontré il y a quelques semaines des représentants de l'entreprise à Stockholm, en Suède. Le potentiel d'approvisionnement en résidus forestiers que représente le vaste territoire de La Tuque, près de 30 000 km2, a de quoi séduire des entreprises pétrolières et faire rêver dans la région.

En octobre dernier, une délégation de la Ville de La Tuque s'était justement rendue en Suède et en Finlande à l'occasion d'une mission économique. Très confiants à leur retour, les membres de cette délégation ont rencontré les leaders mondiaux du bioraffinage.

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, était de ce voyage. Il estime que les derniers développements sont les suites logiques de la mission économique en Scandinavie. «Le ministre [Arcand] est allé là-bas et ça augure très bien. Le ministre est allé confirmer ce qu'on disait, mais c'est encore mieux quand c'est le gouvernement qui le confirme, comme quoi nous avions beaucoup de biomasse et qu'on est prêt à la faire utiliser pour ceux qui veulent faire de la bioraffinerie. Il n'y a pas plus de développement là-dessus. C'est la suite logique de notre voyage», explique le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

Ce dernier s'est dit très heureux de voir que les choses semblent vouloir se précipiter. «Je ne croyais pas que nous aurions des nouvelles aussi rapidement. Ça commence a débloquer et tant mieux. Si ça prend cinq ou six ans à la place de huit pour faire le projet, tant mieux. Plus vite ça va se réaliser, mieux ça va être pour la région», a-t-il lancé. 

La bioraffinerie, dont on espère la construction pour 2023, utiliserait les quelque 650 000 tonnes de biomasse forestière produites chaque année par les opérations de coupes forestières de la Haute-Mauricie pour produire du biodiésel. De plus, les entreprises forestières qui oeuvrent dans le Haut-Saint-Maurice ont des «réserves» de biomasse, précise M. Bergeron, qui peuvent être transformées. «C'est un projet unique au pays. Il s'agit d'une alternative au pétrole. Et on peut fabriquer une foule de produit à partir de la biomasse.»  

«Nous travaillons présentement à sécuriser l'approvisionnement en biomasse pour favoriser la venue d'investisseurs étrangers», note Patrice Bergeron, qui indique que ce projet doit se réaliser avec la participation de plusieurs entreprises forestières. 

Les coûts d'approvisionnement en matière première représentent un important défi. Si le vaste territoire forestier est un des principaux atouts de La Tuque pour l'approvisionnement en biomasse forestière, il est également une de ces faiblesses. Les distances entre les sites de coupes forestières et la bioraffinerie seront souvent très grandes. «C'est coûteux et difficile aller chercher la biomasse», note Patrice Bergeron, lui-même ingénieur forestier. 

Voilà pourquoi on envisage toujours à La Tuque l'utilisation de pyrolyseurs mobiles qui, répandus sur le territoire, permettraient de transformer notamment la ressource près des sites de coupes. 

Ce projet d'envergure a été présenté hier à l'occasion de la rencontre sur les énergies renouvelables tenue à Shawinigan par le Ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec. Des experts en la matière étaient invités par Québec à participer aux tables rondes qui serviront à l'élaboration de la Politique énergétique 2016-2025. En soirée, des citoyens sont allés présenter leur vision de la prochaine politique énergétique. 

Le ministère avait invité des spécialistes de quelques provinces canadiennes, mais aussi de l'Italie, de l'Allemagne, de la France et des États-Unis. Plusieurs représentants de l'industrie ont également participé à cette journée d'échanges. 

Le responsable des relations avec les médias au ministère de l'Énergie et des Ressources naturelles, Nicolas Bégin, soutient que cette rencontre réunissait des spécialistes de partout sur la planète, «afin de s'inspirer de ce qui se fait ailleurs».

Avec la collaboration d'Audrey Tremblay

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