Future Shop devient un Best Buy à Trois-Rivières

Le magasin de matériel électronique ouvrira ses portes... (Photo: Émilie O'Connor)

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Le magasin de matériel électronique ouvrira ses portes à nouveau le 4 avril sous la bannière Best Buy.

Photo: Émilie O'Connor

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Olivier Gamelin
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Future Shop a mis la clé sous la porte de toutes ses succursales au Canada. Au Québec seulement, 11 magasins seront touchés. La décision a été annoncée aux employés samedi matin. Plusieurs magasins deviendront toutefois des Best Buy puisqu'ils appartiennent à la même bannière. Future Shop avait été acheté par le géant américain Best Buy en 2001 pour la somme de 580 millions $.

Au Carrefour Trois-Rivières-Ouest, des employés se sont présentés samedi et se sont butés contre des portes barricadées de bannières indiquant la réouverture du magasin le 4 avril. Visiblement, leur employeur ne les avait pas informés de cette fermeture dite «temporaire». Chez Best Buy, on parle plutôt de «transition».

Le syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC) au Québec déplore la façon dont les employés ont été mis devant le fait accompli en apprenant la nouvelle samedi matin. «C'est la façon de faire des Américains et c'est un manque de respect pour les travailleurs, c'est une journée triste pour les travailleurs», affirme Roxane Larouche, porte-parole des TUAC. En raison de ce regroupement, 500 postes à temps plein et 1000 postes à temps partiel seront éliminés un peu partout au pays.

Idem pour une multitude de clients qui ont dû rebrousser chemin Gros-Jean comme devant. L'un d'eux, qui venait prendre possession de son matériel informatique, a dû se contenter d'emporter une colère bien sentie, à défaut des objets électroniques souhaités. «On m'a téléphoné hier [vendredi] pour me dire que mes caisses étaient prêtes et que je pouvais venir les chercher», indique-t-il en ajoutant avoir déjà payé pour la marchandise. Un son de cloche identique chez Stéphanie Corriveau, cliente qui, également, venait s'enquérir d'une marchandise pour laquelle elle avait déjà déboursé les coûts d'achat.

Les consommateurs, qui ont récemment acheté des produits chez Future Shop ne devraient pas se retrouver le bec à l'eau s'il faut en croire les informations apparaissant sur son site. Il est possible d'y lire que les commandes en ligne seront honorées. En outre, les livraisons ayant été planifiées seront effectuées. Il sera également permis de retourner ou d'échanger de la marchandise acquise chez Future Shop en se rendant dans un magasin Best Buy.

Restructuration commerciale

Dans un communiqué de presse, la direction de Best Buy Canada signale «son intention de regrouper ses magasins et sites web Future Shop et Best Buy sous la marque Best Buy». Ainsi, 66 magasins Future Shop seront définitivement fermés, alors que 65 autres, dont celui de Trois-Rivières, entameront une transition vers la bannière Best Buy.

Le professeur de stratégie aux HEC Montréal, le Trifluvien d'origine Louis Hébert, ne s'étonne guère de la tournure des événements. «Il y avait trop de magasins pour la population. En plus, il y avait une division des forces avec deux marques et des produits quasiment similaires. Il était très, très difficile de justifier tant au plan concurrentiel qu'au point de vue de l'efficience de maintenir deux bannières distinctes», mentionne-t-il.

Le responsable du secteur du commerce de détail chez PwC, Alain Michaud, abonde dans le même sens. «Le maintien de Future Shop et de Best Buy était quelque chose qui était discutable. La différenciation de l'expérience de magasinage entre les deux bannières n'était pas évidente», observe-t-il.

M. Michaud ajoute que la restructuration nouvellement annoncée s'inscrit dans une démarche de longue haleine. «Best Buy a fait un bon nombre de réorganisations et d'annonces qui faisaient état d'activités de rationalisation, de coupures de postes, de refontes de structures et de l'ouverture de succursales avec de plus petites surfaces... donc, ce qui se passe, aujourd'hui (samedi), c'est la suite logique des choses», explique-t-il.

M. Hébert est persuadé qu'à terme, ce grand ménage printanier sera bénéfique pour l'entreprise qui l'a orchestré. «Ça va sans doute permettre d'alléger les coûts de l'organisation et d'aller dégager des surplus pour investir notamment dans les plates-formes électroniques.»

Notons que Best Buy Canada se lancera dans des investissements massifs qui pourraient frôler les 200 millions $. L'entreprise consacrera une partie de cette somme à la bonification de son site Internet.

Avec la collaboration de La Presse et de la Presse canadienne. 

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