Budget: des réactions mitigées dans la région

Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao,... (Mathieu Belanger, La Presse Canadienne)

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Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, reçoit les félicitations du premier ministre, Philippe Couillard, après le dépôt du budget 2015-21016. En Mauricie-Centre-du-Québec toutefois, plusieurs intervenants craignent les impacts de ce budget.

Mathieu Belanger, La Presse Canadienne

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) «Je salue qu'on arrive à l'équilibre budgétaire, c'était une nécessité à mon avis, mais je mets les citoyens en garde contre toute la publicité qui va entourer ce budget, car c'est un budget qui est dur», analyse le député caquiste de Nicolet-Bécancour, Donald Martel.

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Donald Martel

Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste

Ce dernier souligne qu'on a rarement vu un accroissement des dépenses de 1,4 %, tel que le prévoit le ministre des Finances. 

«C'est un effort considérable, on devra vérifier ces chiffres dans un ou deux ans.» M. Martel note par ailleurs que toutes les petites mesures positives que contient le budget Leitão, ne sont applicables que dans les prochaines années. 

«Pour faire avaler la pilule, on fait beaucoup d'extrapolations sur les années futures.» 

Le député relève aussi qu'il y a moins d'investissements dans les villes et les commissions scolaires, ce qui ne pourra à son avis, que se traduire par un transfert de taxation.

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Yves-François Blanchet

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

«Ça va faire mal aux services»

L'ex-ministre péquiste, Yves-François Blanchet, s'incline lui aussi devant l'atteinte de l'équilibre budgétaire, mais craint qu'étant donné que la croissance prévue ne se fera pas en fonction de revenus, les services en santé et en éducation ne pourront à nouveau que faire l'objet de coupes. «Ça va faire mal et diriger les gens vers le privé.»

À son avis, le gouvernement libéral semble ne plus faire une priorité de la lutte au décrochage scolaire, ce qui le désole. Il note toutefois que les libéraux ont reconnu leur erreur en restaurant les crédits d'impôt à la recherche, en art et dans les jeux vidéo.

«Le gouvernement a eu l'humilité de reconnaître qu'il s'était trompé.» Enfin, il ajoute qu'alors que le Fonds de diversification économique régional a fait la preuve qu'avec un peu d'aide, on pouvait créer de bons emplois, les libéraux semblent avoir renoncé à atteindre leur promesse d'en créer 250 000.

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Sylvie Tardif

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

«Le milieu économique jubile»

Sylvie Tardif, coordonnatrice de COMSEP, se posait de sérieuses questions, jeudi, en voyant le milieu économique littéralement «sur le party» à Québec à la suite du dépôt du budget Leitão. 

«Non mais, c'est vrai! Même les journalistes disaient que c'était le feu d'artifice chez les invités du gouvernement qui provenaient tous du milieu économique: chambres de commerce, entreprises privées, grandes entreprises, Montréal International, c'était la fête! Je n'ai pas entendu grands commentaires du milieu communautaire hier, ni des représentants des employés qui vont encore subir des coupes», ironisait-elle. Et elle n'a pas vu grand-chose non plus pour les plus démunis dans ce budget, ni pour les régions. 

«Pourtant, ce gouvernement avait promis de ne pas toucher aux plus démunis, rappelle-t-elle. Il avait aussi dit que tout le monde ferait sa part. Hé bien, le milieu économique semblait très, très heureux, lui.».

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Joanne Blais

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

«Les femmes écopent»

Joanne Blais, porte-parole de la Table de concertation des femmes de la Mauricie, estime

qu'encore une fois, les femmes font les frais du dernier budget, tout équilibré qu'il soit, surtout à cause des principales coupes faites et à venir touchant principalement le secteur de la santé et de l'éducation. 

Elle affirme, chiffres en main, que les femmes qui y travaillent font plus que leur large part, sans compter celles qui utilisent les services. Une étude de l'IRIS, rappelle-t-elle, montre que toutes ces mesures d'austérité libérales ont amené un écart encore plus important entre les hommes et les femmes. 

«Il y a eu pour 7,2 milliards $ de mesures qui ont favorisé les hommes contre 3,5 milliards $ pour les femmes. Le budget actuel continue dans la même veine. C'est important de le mentionner

surtout venant de la part d'un gouvernement qui s'était engagé à faire de l'ADS une priorité (analyse différenciée selon les sexes).»

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Normand Beaulieu

«On peut s'en tirer»

Normand Beaulieu, directeur général de Machinerie Pronovost Inc, de Saint-Tite, et vice-président de l'Association des manufacturiers Mauricie-Centre-du-Québec, estime qu'à première vue, un budget libéral qui ne prévoit pas d'augmentation d'impôt et qui présente un équilibre budgétaire ne peut qu'être une bonne nouvelle pour les gens d'affaires qu'il représente.

«Ce qui est un petit peu décevant, par contre, c'est qu'on baisse les crédits d'impôt à l'investissement. Or, ces crédits d'impôt sont très intéressants pour l'industrie manufacturière. Alors ça, c'est un peu décevant pour nous. D'un autre côté, les investissements dans les infrastructures se maintiennent, je n'ai pas tous les chiffres mais ça semble bien, sans compter les investissements dans le domaine maritime de 1,5 milliard $.»

M. Beaulieu croit qu'avec la proximité du fleuve Saint-Laurent, la Mauricie est bien positionnée pour en profiter. «Je pense qu'on peut bien s'en tirer», conclut-il, optimiste malgré tout.

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Jean-Guy Doucet

Photo: Olivier Croteau, Le Nouvelliste

«Il faudra attendre longtemps»

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Jean-Guy Doucet, constate que les PME devront s'armer de patience avant de bénéficier de mesures intéressantes. 

«Mais c'est quand même un budget qui prévoit une augmentation du PIB. Jusqu'à 4,4 % en 2015-2016. Ça, c'est intéressant pour les petits entrepreneurs, car on croit que la production va aller en s'améliorant.» 

Quant aux mesures qui toucheraient les petites entreprises, il note qu'il n'y a rien à court terme. 

«Une diminution de 0,4 % du pourcentage d'imposition de 2017 à 2020, il va falloir attendre longtemps! On aurait peut-être pu donner immédiatement un petit coup de main aux entreprises. On s'attendait à plus. Dans le reste, il y a des déductions de TPS et TVQ pour les grandes entreprises qui sont intéressantes. Quant au Plan maritime et le Plan nord, il faudra aussi attendre. Mais un budget équilibré, c'est une bonne nouvelle.»

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