Perte de la concession BRP à Lac-aux-Sables

Les frères Gilles, Denis et Raynald Champagne devant... (Photo: Sylvain Mayer Le Nouvelliste)

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Les frères Gilles, Denis et Raynald Champagne devant le commerce familial Garage G. Champagne.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Lac-aux-Sables) À peine une semaine après avoir lancé une pétition en ligne sur le site Mesopinions.com, le Garage G. Champagne de Lac-aux-Sables, qui perdra sa concession de motoneiges BRP, le 31 mars, a reçu plus de 1100 signatures d'appui de la part de ses clients et de la population.

L'entreprise familiale qui vend et entretient les motoneiges Ski-Doo de Bombardier depuis presque 50 ans a aussi reçu l'appui par résolution des municipalités de Sainte-Thècle, de Lac-aux-Sables et de la MRC de Mékinac.

BRP aurait décidé d'éliminer quelques-unes de ses concessions au Québec, dont celle de Lac-aux-Sables. «Ça va nuire directement au tourisme», prévoit Gilles Champagne, fils du fondateur du Garage G. Champagne, Gaston Champagne, car cette entreprise est située sur un important sentier de motoneige, le TQ23, où la présence d'un garage spécialisé comme celui-là est indispensable, estime-t-il.

«En enlevant Champagne de la TQ23, tu n'as plus de service BRP sur le sentier entre Saint-Raymond-de-Portneuf et Lanaudière», s'inquiète le maire de Lac-aux-Sables, Jean-Claude Tessier. Ce dernier déplore vivement que BRP ait choisi de «centraliser ses concessionnaires sur l'asphalte» au lieu de les installer là où circulent les motoneigistes.

«BRP a 50 % du marché minimum», dit-il. «Quand tu voyages et que quelqu'un a un pépin, son casque brise ou il a besoin de gants neufs, quand il y a un concessionnaire sur le sentier, ça valorise la marque Ski-Doo», plaide-t-il.

Le Garage G. Champagne lui même n'est pas en péril, assure Gilles Champagne, puisqu'il vend de nombreux autres produits ainsi que d'autres marques, mais les clients sont inquiets, confie-t-il.

Non seulement le commerce ne pourra plus vendre de motoneiges Ski-Doo de Produits récréatifs Bombardier (BRP), mais il ne pourra obtenir les pièces nécessaires à l'entretien des produits déjà vendus que pour une seule année encore, explique Gilles Champagne en ajoutant que c'est tout ce qu'il a pu arracher à BRP.

Gilles Champagne indique que l'entreprise initiée par son père a toujours été un partenaire fidèle de BRP. Dans les premières années, dit-il, le commerce vendait jusqu'à 125 motoneiges Ski-Doo par année. Aujourd'hui, dit-il, elle en vend entre 50 et 75.

Tous ces clients veulent avoir du service localement, plaide Gilles Champagne.

Ce dernier estime que BRP «n'a pas de raison valable de nous enlever cette concession-là. C'est un beau remerciement qu'il nous fait là pour l'avoir supporté pendant 50 ans», déplore-t-il.

Gaston Champagne, son père, a contribué à faire connaître les produits récréatifs Bombardier en prenant part à de nombreuses courses de motoneiges, raconte-t-il. «Il a fait de la compétition dans les années 1970», dit-il. «Il remportait des courses qui avaient été abandonnées par la compagnie.»

Gilles Champagne estime que le geste de BRP représente «un manque de loyauté» et arrive en pleine campagne de vente des modèles 2016. Ses clients «ne veulent pas aller à l'extérieur», plaide-t-il. C'est que les points de service BRP les plus proches sont à Saint-Étienne-des-Grès ou à Saint-Raymond-de-Portneuf.

La municipalité de Sainte-Thècle a adopté une résolution, le 2 mars dernier, demandant à BRP de «maintenir sa concession du Garage G. Champagne inc. à Lac-aux-Sables de façon à «assurer le développement du sport dans la région immédiate de Mékinac.» Sainte-Thècle rappelle que la MRC de Mékinac a été déclarée, par les maires de 10 municipalités, «MRC Motoneige-Quad» dans le but de développer l'économie de ces sports. C'est d'ailleurs le maire de Lac-aux-Sables, Jean-Claude Tessier, qui avait poussé ce projet afin de stimuler le tourisme en saison hivernale.

Depuis les problèmes reliés à l'exploitation de la forêt et la diminution des opérations du CN qui ont affecté la municipalité, «l'industrie première de Lac-aux-Sables, c'est devenu l'industrie touristique», indique le maire. «Là, ils viennent de péter ma baloune». dit-il, vraiment mécontent.

Il y a quatre concessionnaires BRP en Mauricie. Dany Aucoin, de chez Clément Moto à Louiseville nous indique qu'il n'a pas été touché par les compressions de BRP, même chose du côté d'Élitech Évasion à Saint-Étienne-des-Grès, confirme Gabriel Fugère.

Du côté de Nautico, à La Tuque, personne n'a répondu à notre demande d'information.

La porte-parole de BRP, Johanne Denault, a indiqué hier que BRP «ne traite pas de ses décisions d'affaires avec les médias.»

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