Le milieu des affaires de Bécancour derrière Stolt

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Dans l'ordre habituel, on retrouve Hugo Mailhot Couture, représentant de la Communauté abénakise de Wôlinak, Jean-Guy Dubois, maire de Bécancour, Mario Lyonnais, préfet de la MRC de Bécancour, et Guy St-Pierre, président du CLD de Bécancour.

Photo: François Gervais, Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) «Avec la fermeture de la centrale nucléaire de Gentilly-2, des conséquences économiques significatives se sont fait ressentir dans les secteurs du Centre-du-Québec et de la Mauricie. Les deux régions ont grandement besoin de cette usine».

Cet appui de la Ville, de la MRC et du CLD de Bécancour ainsi que de Wôlinak à l'endroit du projet de Stolt LNGaz est venu donner le ton à la deuxième partie de l'audience du BAPE. Car si la première phase tenue en février avait plutôt été marquée par les craintes environnementales, c'est le discours économique qui aura prévalu lundi soir à l'Église multifonctionnelle.

Les gens d'affaires et les élus n'ont pas manqué de souligner l'investissement initial de 488 millions de dollars lié à l'usine de liquéfaction de gaz naturel prévue pour l'automne 2017. Durant les deux années de construction, la main-d'oeuvre requise atteindrait une pointe de 250 travailleurs au plus fort des travaux, avec une moyenne de 200 travailleurs sur le chantier par année. Durant l'exploitation, 20 emplois directs seraient créés à Montréal et 30 à Bécancour.

«Nous savons tous qu'un tel apport de main-d'oeuvre direct se traduit par un facteur multiplicateur de cinq, donc, près de 1000 emplois indirects en phase construction et 250 emplois indirects en phase opération», a indiqué pour sa part le porte-parole de l'Association des Manufacturiers de la Mauricie et du Centre-du-Québec (MMCQ), Stéphan Latour, de Mesar.

«Considérant que le secteur manufacturier au Québec, et plus particulièrement dans la région, a été fortement affecté au cours des dernières années, la venue de Stolt LNGaz est primordiale pour la vitalité économique de notre région», peut-on lire dans le mémoire qui évoque les nombreuses fermetures, d'où la disponibilité d'une main-d'oeuvre qualifiée.

Pour la MMCQ, le promoteur a démontré une profonde préoccupation envers le développement durable et une prise en charge sérieuse de la santé et de la sécurité. Et selon l'organisme, dire non à la venue de Stolt LNGaz aurait un impact négatif sur les futurs investisseurs étrangers intéressés à s'établir au Québec.

De son côté, la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec est venue dire aux commissaires du BAPE qu'elle «voit d'un bon oeil» l'arrivée de cette usine dans le parc industriel de Bécancour. «Le projet de Stolt LNGaz représente une opportunité intéressante pour les industries québécoises d'améliorer leur compétitivité économique, mais également, leur performance environnementale», soutient le président Jean-Guy Doucet, pour qui la future usine serait même profitable à une entreprise de Saint-Léonard d'Aston qui pourrait ainsi être approvisionnée en gaz naturel par camion.

Son organisation considère que le projet sera réalisé dans le respect de l'environnement et de la population, «tout en contribuant à offrir un environnement d'affaires attrayant pour les investisseurs actuels et potentiels sur le territoire des MRC de Bécancour et de Nicolet-Yamaska».

Pour le préfet Mario Lyonnais, la compagnie a prouvé «qu'elle connaît, maîtrise et surveille tous les risques environnementaux encourus par son entreprise». Et de nouveaux revenus provenant de la taxation enrichiront le budget de la Ville, soit de deux à trois millions de dollars après la quatrième année d'exploitation.

Par ailleurs, le maire Jean-Guy Dubois s'est voulu rassurant sur la capacité de sa municipalité à prévenir les sinistres, planifier les mesures d'urgence et coordonner l'intervention en cas d'accident. Et tant le CLD, la MRC que la Ville de Bécancour réclament le maximum de retombées économiques en privilégiant les candidats et les sous-traitants situés dans un rayon de 50 kilomètres. «Les promoteurs se sont montrés ouverts et très intéressés à utiliser ce pattern-là pour choisir leurs employés et leurs sous-traitants. Ils sont bien au fait de ce qu'on vit comme région», a confirmé le président du CLD, Guy St-Pierre.

Pour l'environnementaliste Marc Brullemans, le gaz naturel, «qu'importe son utilisation», est un gaz explosif qui, bon an mal an, cause un grand nombre de victimes.

«De par les émissions de gaz à effet de serre qui lui sont associées, en amont comme en aval, je conclus que la construction de cette usine ne devrait pas avoir lieu», ajoute le coordonnateur interrégional «Nord» du Regroupement Vigilance Hydrocarbures Québec.

Si Guy Rochefort, du comité de citoyens pour la protection de l'environnement maskoutain, a relevé des omissions dans le dossier concernant, entre autres, le risque d'explosion d'un navire méthanier, une citoyenne de la rive nord, Joyce Renaud, a énuméré les inconvénients et les dangers pour les résidents de Champlain.

Finalement, Nicole Racine, de Bécancour, a questionné la provenance du gaz naturel tout en soulevant les risques aux installations.

La deuxième partie de l'audience du BAPE se poursuit mardi, dès 13 h 30.

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