Lock-out chez RockTenn: inquiétude à La Tuque

L'usine RockTenn a décrété un lock-out....

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L'usine RockTenn a décrété un lock-out.

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Audrey Tremblay
Le Nouvelliste

(La Tuque) L'exécutif du Syndicat Unik local 34 de l'usine RockTenn a déclenché, vendredi, une grève de 36 heures visant a dénoncer la lenteur des négociations avec son employeur. La direction de l'usine n'a pas tardé à riposter en décrétant un lock-out, samedi midi, qui touche près de 140 employés. Un copier-coller de 2010 qui commence à inquiéter la Haute-Mauricie.

Le comité exécutif du syndicat Unik local 34:... (Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Le comité exécutif du syndicat Unik local 34: Mario Lebel, Luc Pelletier, Dominic Proulx, Alain Ouellet. Absent: Martin Savard. 

Photo: Audrey Tremblay, Le Nouvelliste

«Toute grève ou tout conflit de travail est inquiétant pour un maire, surtout lorsqu'il s'agit du principal employeur de la Ville. La Ville est sur une bonne lancée, on vient de sortir d'une récession forestière. On s'est retroussé les manches et on va de l'avant alors on espère que ce lock-out ne viendra pas minimiser les efforts qu'on a faits.

Les citoyens sont un peu pris en otage. Je suis inquiet, mais je ne prends ni pour l'un, ni pour l'autre. On veut qu'ils retournent à la table pour régler ce différend», a souligné le maire de La Tuque Normand Beaudoin. La Ville devrait d'ailleurs réagir de façon officielle lundi.

La chambre de commerce et d'industrie du Haut Saint-Maurice (CCISHM) est elle aussi préoccupée par la situation. On souhaite de leur côté un règlement dans le plus court délai possible. «Nous souhaitons, compte tenu de la fragilité de notre économie, que les deux parties puissent arriver le plus rapidement possible à une entente qui saura les satisfaire mutuellement», a fait savoir Manon Côté, directrice générale de la CCIHSM.

Une lueur d'espoir pointe peut-être à l'horizon. Une nouvelle offre a été déposée en fin de journée, dimanche, par l'entreprise. Une offre qui viendra à échéance le 11 mars à 17 h. On retrouve dans cette nouvelle offre un boni à la signature de 4500 $, un montant forfaitaire de 1000 $ au 1er septembre 2015 et 2016, et des augmentations de salaire de 2,5 % en 2017 et 2 % en 2018.

Dans la lettre envoyée au Syndicat, la compagnie a également souligné sa déception quant à la tournure des événements et qu'aucun retour au travail ne surviendrait tant qu'une entente ne sera pas conclue entre les parties.

Le syndicat a d'ailleurs dénoncé que la partie patronale ait décidé d'informer plusieurs employés, dimanche après-midi, du contenu même des discussions. Une façon de faire qui «démontre encore énormément le manque de respect de la compagnie».

Avec la grève, qui s'est rapidement transformée en lock-out, les syndiqués qui sont sans contrat de travail depuis le 1er septembre 2013 dénonçaient la lenteur des négociations. «Un an et demi, c'est trop long. Il y a eu plusieurs rencontres récemment, mais ça n'avance pas. On est même allé en médiation, mais ça tourne en rond. [...] Nos demandes du début ont baissé tranquillement, mais là quand l'autre partie ne bouge pas...», affirmait Luc Pelletier, le président du syndicat.

«La situation financière à La Tuque est très bonne. La compagnie autant que l'usine fait beaucoup d'argent et tant mieux. Je travaille ici depuis 27 ans et on parle de profits records. On est bien content, mais s'ils parlent de profits records et que mon augmentation pour 4 ans est de 0 % alors que les cadres ont reçu, avec raison, des augmentations, ça ne fonctionne plus. C'est ridicule», a-t-il ajouté.

Le président a également souligné les concessions qui ont été faites dans le passé sans toutefois parler de rattrapage, les employés veulent simplement «rembarquer dans le train», selon lui.

Les autres syndicats de l'usine ont, pour leur part, accepté les offres patronales. Il s'agit de situations bien différentes selon le président du syndicat. «Ils se sont entendus l'an passé, mais il faut être à l'usine pour savoir que c'est deux réalités bien différentes. Nous autres, ce sont des employés qui se concentrent autour des machines à papier. Les employés travaillent de nuit, de fin de semaine, à Noël, au jour de l'An. Ils travaillent 365 jours par année», a précisé Luc Pelletier.

Rappelons que les membres avaient récemment accordé à 89 % un mandat de grève à leur exécutif.

Pour sa part, la section locale 530 d'Unifor de l'usine de La Tuque, qui se compose de 250 travailleurs, s'est adressée à ses propres membres sur Facebook samedi.

«Des employés, sur leur quart de travail régulier, ainsi que des gens de la fiabilité sont au travail depuis hier (vendredi) soir afin d'hiverniser l'usine. Au menu bâche, ''veneer'', laine minérale et des chaufferettes électriques qui ne cessent d'arriver par camion. La direction nous a avisés en début d'après-midi qu'elle allait nous rencontrer en début de semaine pour nous donner plus d'information.»

Ils ont aussi fait savoir que pour les employés du local 530, agents de sécurité et local 27, il n'y avait jusqu'à maintenant aucune modification aux horaires de travail. Tous les employés doivent se présenter au travail comme à l'habitude. 

Sur les réseaux sociaux, la situation soulève non seulement des inquiétudes, mais également de la colère. Le débat s'enflamme entre les différents employés de l'usine, mais également avec le reste de la communauté, exactement de la même façon qu'en 2010. À cette époque, le lock-out avait duré une dizaine de jours.

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