ANALYSE

Où s'en va le Fonds de 200 millions $?

Le Fonds de 200 millions de dollars a... (PHOTO ÉMILIE O'CONNOR, ARCHIVES LE NOUVELLISTE)

Agrandir

Le Fonds de 200 millions de dollars a été mis sur pied par le gouvernement péquiste à la suite de la fermeture de Gentilly-2.

PHOTO ÉMILIE O'CONNOR, ARCHIVES LE NOUVELLISTE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Au printemps 2013, Yves François Blanchet était tout sourire pour dévoiler les critères du Fonds de 200 millions de dollars mis sur pied par son gouvernement à la suite de la fermeture de Gentilly-2. Deux ans plus tard, le ministre péquiste n'est plus en politique, mais le programme a survécu au changement de régime, avec son lot d'emplois, d'investissements, mais aussi d'irritants et d'incertitude.

L'une des récentes annonces du ministre Jean-Denis Girard... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.0

Agrandir

L'une des récentes annonces du ministre Jean-Denis Girard pour le Fonds de 200 millions $ a eu lieu chez Avant-Garde Technologie à Trois-Rivières. 

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

Selon les dernières informations obtenues par Le Nouvelliste, le comité a approuvé un total de 168 projets, pas tous annoncés, pour la création de 1260 emplois. La contribution de 45 millions de dollars du Fonds a ainsi permis de générer des investissements de 335 millions de dollars. Ce qui veut dire que 155 millions de dollars sont encore disponibles pour les régions de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

Depuis son arrivée, le ministre libéral Jean-Denis Girard a procédé à des annonces en lien avec ce Fonds dont il avait pourtant contesté les résultats en campagne électorale. D'ailleurs, chaque fois qu'il confirme une aide financière, ça grince des dents du côté du Parti québécois. D'autant plus que des projets tels que celui de Produits Injection Laurentide, acceptés avant l'élection d'avril 2014, font maintenant l'objet d'annonces officielles. On comprend mieux pour quelle raison le soutien tout de même important de 500 000 $ n'ait été annoncé que par un simple communiqué de presse. Il faut bien se garder une petite gêne à faire de la récupération politique...

Car de la politique, il y en a autour de ce Fonds de 200 millions de dollars. Même si leur responsabilité à la présidence d'organismes économiques tels que le CLD de la MRC de Bécancour et Innovation et Développement économique Trois-Rivières pouvaient justifier leur nomination, les deux coprésidents du comité de diversification, Jean-Guy Paré et Réjean Hardy, avaient manifestement une affinité avec le gouvernement péquiste. Et pour ceux qui pouvaient en douter, les deux hommes ont participé au cocktail de financement du PQ dans Nicolet-Bécancour jeudi dernier, à l'Auberge Godefroy, avec, en vedette, le candidat à la direction du parti, Pierre Karl Péladeau. Reste à voir pour combien de temps les ministres libéraux des deux rives, Girard et Lessard, vont-ils tolérer ce duo «ennemi» à la tête du Fonds de diversification.

«Ça démontre toute la problématique des nominations partisanes dans la gestion du Fonds», n'a pas tardé à commenter le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, qui juge inacceptable l'implication partisane des deux coprésidents. Dans leur cas, il aurait fallu se garder une petite gêne à faire du militantisme politique...

Se décrivant comme «n'étant pas le plus partisan», le représentant caquiste dit avoir déjà tendu la main à l'ancien président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, devenu ministre, pour «travailler plus efficacement». «Pour les quatre prochaines années, on n'est pas dans la même équipe, mais on peut s'entraider», fait valoir cet ancien directeur général de CLD.

Or, selon lui, «il n'y a pas la plus grande transparence concernant la gestion de ce fonds-là». «Il aurait fallu compenser rapidement le nombre et la qualité des emplois perdus à Gentilly-2 et il fallait que les investissements se fassent de façon assez rapide», soutient celui pour qui «le Fonds n'a pas fait une différence».

Ce membre de l'opposition répète que «des enveloppes pour des prêts, il y en a au Québec». D'où l'intérêt, à son avis, d'y aller de subventions. Et il croit toujours que Bécancour aurait dû se voir remettre une somme spécifique «pour s'adapter à la situation». Une doléance soulevée la semaine dernière par le maire Jean-Guy Dubois qui s'est plu à rappeler que «la centrale était à Gentilly» alors qu'il voit pleuvoir l'argent partout sauf sur sa ville.

Et à l'instar du premier magistrat, le député Martel réclame une révision des critères du Fonds pour qu'il colle davantage au tissu économique de la rive sud. Sauf que près d'un an après l'arrivée au pouvoir des libéraux, rien n'a changé.

Ce qui semblerait compliquer la tâche du ministre Girard, c'est qu'il existe d'autres fonds de diversification économique ailleurs au Québec comme à Lac-Mégantic et pour la MRC des Sources, en Estrie. Et le gouvernement chercherait à uniformiser l'offre pour ne pas avantager une région au détriment de l'autre, à la suite de certaines critiques.

Décidément, le maire Dubois n'a pas fini de «gérer de l'incertitude», même si son projet d'incubateur a finalement reçu le feu vert du comité du Fonds.

Fonds de 200 millions $

Premiers projets annoncés en Mauricie

16 septembre 2013

Marmen (5 millions $) Trois-Rivières

Service Mécanique Industrielle (70 536 $) Trois-Rivières

ADF Diesel Saint-Stanislas (650 000 $)Rosaire Tessier et Fils (110 000 $) Saint-Narcisse

Premiers projets annoncés au Centre-du-Québec

4 octobre 2013

Corporation de promotion et de développement de Bécancour (119 594 $)

Fromagerie L'Ancêtre (643 500 $) Bécancour

Oriens Technologies (1 275 000 $) Bécancour Thermoforme d'Amérique (650 000 $) Nicolet

Bilan à ce jour

168 projets approuvés

1260 emplois créés

45 millions $ versés

335 millions $ générés

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer