Stages d'étudiants étrangers: les employeurs devront débourser 230 $

Jonathan Paquet, directeur adjoint du Laflèche international.... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste)

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Jonathan Paquet, directeur adjoint du Laflèche international.

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Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) À partir de maintenant, les organismes et employeurs qui accueilleront des étudiants étrangers en stage de formation devront payer la somme de 230 $ à Citoyenneté et Immigration Canada et remplir un formulaire de plusieurs pages.

Cette mesure, imposée en plein milieu de la session d'hiver, suscite déjà des problèmes aux collèges et universités de partout au pays, indique Sylvain Benoit, directeur du Bureau de l'international et du recrutement de l'UQTR.

M. Benoit est déjà en discussion avec d'autres universités québécoises et une rencontre est justement prévue jeudi, à Ottawa, avec des partenaires universitaires des quatre coins du Canada, dit-il, pour discuter de cette situation.

«Ça nous met dans une position très délicate auprès de certains de nos partenaires et ça nous enlève un levier de recrutement pour les cycles supérieurs», plaide-t-il, car les stagiaires ont souvent le goût de demeurer au Québec pour faire leur maîtrise ou leur doctorat. La nouvelle loi C-35, d'où découlent les mesures précitées, vient lourdement compliquer les choses.

Au Collège Laflèche, on n'en revient pas de cette mesure surprise. «On a des ententes, des trucs qui ont été décidés depuis les mois d'octobre et novembre derniers. On nous arrive avec ça et il faut que j'appelle les employeurs pour leur dire qu'ils doivent payer 230 $», déplore le directeur adjoint du Laflèche international, Jonathan Paquet.

«Personne n'est content», dit-il. En fait, ajoute-t-il, certains employeurs sont revenus sur leur décision ou bien ils répondent: «Il faut que j'en parle à mon CA», ou «je vais voir ce que je peux faire.»

Le Collège Laflèche, qui accueille en moyenne 25 étudiants étrangers en stage chaque année, attend sous peu 20 étudiants français. «S'il y en a 10 ou 15 qui décident de ne pas venir parce que les employeurs ne veulent pas payer 230 $, c'est catastrophique pour eux parce qu'ils devront se trouver un stage en France», indique M. Paquet.

L'information arrive au compte-gouttes à ce sujet, explique Denis Rousseau, directeur des études et responsable du Service de coopération et de développement international au Cégep de Trois-Rivières. On ne sait pas, par exemple, si les employeurs qui accueillent déjà des stagiaires devront payer eux aussi les 230 $.

Du côté du Collège Shawinigan, neuf étudiants étrangers pourraient écoper de cette loi, cet hiver. Toutefois, le Collège n'a pas voulu commenter tout de suite, car il manque lui aussi d'information, a indiqué la responsable des communications, Annie Berthiaume.

Le Cégep de Trois-Rivières reçoit en moyenne une dizaine d'étudiants-stagiaires de France chaque année.

«Déjà, d'avoir un stagiaire, ça demande une ouverture de l'employeur. Mais dès qu'il va devoir payer 230 $ et remplir un formulaire de 3 ou 4 pages, ça vient compliquer la démarche administrative. Donc, moi je m'attends à ce que les employeurs disent, dans ce contexte-là, ça ne m'intéresse pas de débourser 230 $», craint M. Rousseau. «Moi, je pense qu'on va carrément mettre fin au programme», dit-il.

«Ça fait des mois qu'on trouve des milieux de stage, qu'on reçoit les c.v. des étudiants, que les employeurs ont parlé aux étudiants et leur ont dit: C'est beau; tu as acheté ton billet d'avion, alors viens.» Et là, à la dernière minute, on force l'employeur à payer 230 $. C'est assez majeur», déplore de son côté M. Paquet.

Frappés d'imposantes restrictions budgétaires par le gouvernement, les Collèges estiment qu'ils ne peuvent supporter eux-mêmes ces frais.

«On ferme des programmes, on met des professeurs à pied ou on réduit leur tâche. S'il faut qu'on subventionne les étudiants français pour venir étudier ici, disons que c'est dur à justifier», plaide Jonathan Paquet.

Le Collège Laflèche a écrit à Immigration Canada et signifié le problème à l'ambassadeur du Canada en France. «Tous les Collèges vont se mobiliser, c'est certain», prévoit-il.

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