Québec annonce sa participation au projet Quest

Le projet de Bécancour sera relié à l'exploitation... (Photo: François Gervais Le Nouvelliste)

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Le projet de Bécancour sera relié à l'exploitation d'une mine au Nord-du-Québec. Sur la photo, on retrouve les trois ministres délégués Jean D'Amour, Jean-Denis Girard et Luc Blanchette, en compagnie du président du conseil d'administration de Minéraux rares Quest, Pierre Lortie.

Photo: François Gervais Le Nouvelliste

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Avec un investissement projeté de 800 millions de dollars et la création de près de 400 emplois envisagée à Bécancour d'ici 2019, le projet d'un complexe de terres rares fait saliver les intervenants politiques et économiques de la rive sud. Mais malgré l'annonce d'une participation gouvernementale à la hauteur maximale de 600 000 dollars pour soutenir le début d'une étude de faisabilité, Minéraux rares Quest ne veut pas sous-estimer les embûches financières et technologiques qui risquent «de se dresser sur notre route».

Et contrairement au projet d'une cimenterie en Gaspésie, l'entreprise d'exploration canadienne devra se soumettre à l'examen du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement. «Le BAPE est obligatoire dans le cas de terres rares», a précisé le ministre délégué aux Mines, Luc Blanchette.

Selon le président du conseil d'administration de Quest, Pierre Lortie, les instances concernées ont déjà reçu «les premiers documents» en matière environnementale. D'ailleurs, l'aide de Québec vient compléter une ronde de financement de 3,6 millions de dollars amorcée par l'entreprise pour justement effectuer des travaux environnementaux et d'optimisation des procédés.

Comprenant également la construction et l'exploitation d'une mine à ciel ouvert à 235 kilomètres au nord-est de Schefferville, le projet est évalué dans son ensemble à 1,63 milliard de dollars. D'où le défi de convaincre des partenaires financiers de souscrire à cet «investissement assez important», avoue le haut dirigeant. Et avant de demander de l'argent, explique-t-il, «il faut avoir les permis».

«Nous espérons que les procédures d'analyse de l'impact environnemental de ce projet majeur pourront débuter en 2015», a-t-il lancé lors de la conférence de presse organisée dans les locaux de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour.

C'est le ministre délégué au Développement économique régional, Jean-Denis Girard, qui a confirmé l'implication d'Investissement Québec au capital-actions de Quest. «Il faut prendre des risques pour faire avancer l'économie du Québec. C'est sûr qu'il va y avoir des embûches, il y a plusieurs étapes à franchir, des défis, mais on sera partenaire car c'est un secteur d'avenir et un projet structurant», a-t-il déclaré.

Par cet appui, son gouvernement veut envoyer un signal fort aux investisseurs à l'effet que le Québec est une place de choix pour investir. «Le secteur des mines a le potentiel d'attirer des investissements majeurs. Le projet de Minéraux rares Quest générera près de 700 emplois spécialisés et de qualité dans les régions du Nord-du-Québec et du Centre-du-Québec», a renchéri son collègue Luc Blanchette.

Aussi présent, le ministre délégué aux Transports, Jean D'Amour, a fait remarquer que la mise en valeur du parc industriel et portuaire de Bécancour suscitée par ce projet d'investissement correspond parfaitement aux objectifs de la stratégie maritime dont il est le responsable. «Elle contribuera notamment à la réalisation de projets industriels de grande envergure nécessitant un accès maritime et assurément, favorisera la naissance de nouveaux vecteurs de croissance économique pour le Québec», a-t-il affirmé.

Pour le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Coeur-du-Québec, Jean-Guy Doucet, l'enjeu environnemental est «crucial». «On espère que les groupes environnementaux seront compréhensifs dans leur analyse», a-t-il fait savoir.

De son côté, le préfet de la MRC de Bécancour, Mario Lyonnais, serait «entièrement d'accord de passer des ententes pour éviter le BAPE». «Quand les gens sont prêts, il faut aller de l'avant», a-t-il soutenu.

En ce qui concerne le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, la nouvelle autour de Quest «vient réchauffer une braise qui commençait à refroidir dans mon poêle personnel». Il apprécie les propos du président de la compagnie qui se demande ouvertement «si nous serons assez réveillés pour saisir les occasions et bâtir ici une industrie de métaux de haute technologie d'envergure mondiale».

«Les métaux de terres rares constituent un vecteur puissant de la nouvelle économie industrielle. Le patrimoine géographique du Québec nous procure un avantage certain par rapport à d'autres régions du monde. Cela dit, nous ne sommes pas seuls et d'autres pays dotés de ces ressources ne sont pas aveugles, ils voient bien le potentiel», a prévenu en conclusion Pierre Lortie.

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