Restructuration des CLD: les syndicats aux aguets

Trois griefs ont été déposés à la suite... (Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste)

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Trois griefs ont été déposés à la suite des mises à pied chez IDE, Innovation et Développement économique Trois-Rivières.

Photo: Stéphane Lessard, Le Nouvelliste

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les CLD de Maskinongé et de Shawinigan ainsi qu'Innovation et Développement économique Trois-Rivières vont trouver la CSN sur leur chemin après avoir restructuré leur organisation ayant conduit à l'élimination de postes syndiqués.

Le CLD de Shawinigan est le dernier en lice à avoir annoncé sa réorganisation, une décision qui entraîne la suppression d'une dizaine d'emplois à la suite de sa dissolution prévue le 31 mai. La Ville de Shawinigan prévoit créer sa propre division de développement économique par le biais d'un appel de candidatures. Serge Lavergne assure que la CSN, qui représente les travailleurs de ce CLD, va agir pour que ces travailleurs licenciés ne soient pas oubliés.

«On croit que les postes devraient être offerts à ces gens, aux mêmes conditions. La convention collective devrait suivre. On va discuter avec la Ville pour qu'elle réembauche les gens du CLD», déclare le conseiller syndical de la CSN.

M. Lavergne rappelle que l'équipe du CLD de Shawinigan a fait ses preuves et profite d'une expertise hautement appréciable en matière de développement économique.

«La Ville semble vouloir afficher les postes, mais on va essayer de régler ça. La plupart des conditions devraient être semblables, mais on est quand même ouvert à regarder ça.»

Chez IDE Trois-Rivières, les relations semblent déjà tendues entre la direction et la CSN. La restructuration entraîne cinq mises à pied. Trois sont contestées par la centrale syndicale.

«L'employeur s'est servi des coupes en choisissant des gens qui sont plus proches de l'employeur que du syndicat. On revendique des droits de déplacement (bumping), mais l'employeur refuse», ajoute M. Lavergne, en soulignant que trois griefs ont été déposés par la partie syndicale.

Les relations ne seraient pas plus roses au CLD de Maskinongé. En décembre, le conseil d'administration annonçait la coupe de 2,5 postes pour faire face aux compressions budgétaires imposées par Québec. Un départ volontaire et une mise à pied ont résulté de cette mesure et la CSN conteste le congédiement de cette personne auprès de la Commission des relations du travail.

«Avec la nouvelle structure, l'employeur a ajouté des exigences sur certains postes et il ne reste plus qu'une seule salariée membre du syndicat. Le CLD a affiché un nouveau poste (conseiller en développement agricole et rural) en demandant que la personne soit agronome. La personne congédiée n'est pas agronome, mais a déjà fait ce travail par le passé. La personne congédiée était aussi membre du syndicat, car les autres qui demeurent au CLD ont tous démissionné de l'unité syndicale. On conteste son congédiement, car on prétend que son congédiement est pour activité syndicale. Ils ont fait la mise à pied, car elle était membre du syndicat», prétend le conseiller syndical.

Selon M. Lavergne, quatre employés ont démissionné de leur unité syndicale pour demander une révocation d'accréditation à la Commission des relations du travail. Cette demande avait été rejetée en juillet 2014 par un jugement de la CRT qui concluait notamment que l'employeur avait fait preuve d'ingérence dans les affaires syndicales.

La direction et les quatre requérants ont demandé une révision de cette décision en août.

La CRT vient de publier son verdict et l'organisme rejette la requête du CLD et des quatre personnes demandant la révocation de l'accréditation syndicale.

«C'est un stratagème de l'employeur pour s'entourer de gens qui démissionnent du syndicat, pour remercier les camarades qui ont démissionné», lance M. Lavergne, qui se promet bien d'utiliser la dernière décision de la CRT lorsqu'il va défendre la semaine prochaine la cause de l'employée congédiée.

La direction du CLD de Maskinongé préfère prendre le temps de bien analyser le contenu de la récente décision de la CRT avant de commenter le tout officiellement.

Déstructuration décriée

Au-delà du drame personnel relié à chaque perte d'emploi dans les CLD et à la CRÉ, le président du Conseil central du Coeur-du-Québec (CSN), Paul Lavergne, déplore la déstructuration des centres de concertation régionale «qui ont pris 25-30 ans à bâtir».

«Je ne sais même plus comment être capable de vivre autant de pertes d'emplois, après Alcan, Laurentide, la CRÉ et les CLD», a-t-il confié, estimant à une cinquantaine le nombre de mises à pied vécues dans les deux dernières organisations.

Avec des licenciements qui n'ont pas respecté la liste d'ancienneté chez les CLD, le syndicat entend se battre sur deux fronts, soit la Commission des normes du travail et la Commission des relations du travail.

Et quand il voit le ministre régional, Jean-Denis Girard, affirmer que «ça ne va pas si mal» en Mauricie, M. Lavergne trouve «qu'il essaie de cacher des choses ou qu'il ne comprend pas certaines choses» alors qu'un faible taux de chômage cache souvent, dit-il, un taux élevé de personnes qui ne cherchent plus activement un emploi.

Et le président syndical n'a pas manqué de rappeler que le ministre Girard applaudissait quand les intervenants «disaient que ça n'avait pas de bon sens» de faire disparaître les organismes de concertation régionale.

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