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Produits forestiers Mauricie fait une croix sur son projet de modernisation

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Claude Dupuis, directeur régional de la Coopérative forestière du Haut-Saint-Maurice.

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(La Tuque) Les deux partenaires dans Produits forestiers Mauricie (PFM), soit la Coopérative forestière du Haut-Saint-Maurice et Produits forestiers Résolu, ont annoncé mardi qu'ils abandonnaient leur important projet d'investissement pour la modernisation de la scierie de Rivière-aux-rats. Ils estiment qu'ils n'avaient pas d'autre choix.

«Il s'agit ici de l'échec d'une deuxième tentative en 18 mois visant à consolider les emplois dans la région et à bien positionner cette scierie pour le futur», déplore Claude Dupuis, directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice.

Produits forestiers Mauricie a présenté au gouvernement un projet d'investissement de 8 millions de dollars qui aurait permis le maintien de 90 emplois en forêt et d'en créer 40 nouveaux par l'ajout d'une troisième faction à la scierie de La Tuque. Pour ce faire, PFM demandait 150 000 m3 de bois supplémentaire.

La semaine dernière, Québec a proposé un volume de bois ponctuel de 60 000 mètres cubes de sapin, épinettes, pin gris et mélèzes (SEPM) annuellement pour l'usine de Produits forestiers Mauricie (PFM). Une offre qui ne justifie aucunement les investissements selon les dirigeants.

«Pour qu'un investissement de plusieurs millions de dollars soit justifiable, il doit pouvoir s'appuyer sur une certitude quant à la teneur des approvisionnements et ceux-ci doivent être assortis d'une certaine longévité, deux ingrédients essentiels qu'on ne retrouve pas dans la proposition du ministre», explique Claude Dupuis.

Le volume n'étant pas au rendez-vous, les deux partenaires dans Produits forestiers soutiennent qu'ils n'ont pas d'autre choix que de «faire une croix sur ce projet de modernisation de la scierie, aussi pénible ce choix puisse-t-il être». 

Une situation que dénonce M. Dupuis qui soutient que cela entraînera des impacts déplorables pour les individus touchés, pour leurs familles ainsi que pour la communauté de La Tuque. «Dans une perspective à plus long terme, sans ces investissements, il sera difficile de soutenir la compétitivité de la scierie dont la survie sera éventuellement en cause», affirme M. Dupuis.

Le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, s'est dit très déçu de l'annonce et il affirme qu'il continuera à faire des pressions auprès du gouvernement. «On veut une rencontre avec le ministre. On va certainement continuer à défendre le dossier. [...] Ils ont besoin de 150 000m3 et le gouvernement leur offre 60 000m3, c'est bien, mais c'est impossible de faire fonctionner une troisième faction et investir 8 millions. C'est vraiment de valeur. Je pense que le gouvernement devrait embarquer plus», a commenté M. Beaudoin.

Il n'est pas le seul à demander une telle rencontre. M. Dupuis la réclame depuis l'offre du gouvernement la semaine dernière.

«Il faut essayer de comprendre. Encore hier (lundi), le ministre et le premier ministre disaient à Dolbeau qu'il y avait du bois de disponible au Québec, que la forêt et les régions c'était important pour eux autres, qu'ils veulent consolider et créer des emplois C'est ce que l'on met sur la table et présentement l'offre n'est pas à la hauteur. On ne demande pas de subvention ou de prêts on demande seulement du bois. C'est de l'investissement privé. C'est incompréhensible», lance le directeur général de la Coopérative forestière du Haut Saint-Maurice.

Toutefois, même si aucun échéancier n'est avancé par PFM, le temps presse et on tente désespérément de garder espoir. Les dirigeants voulaient des réponses avant la période des Fêtes et voient arriver rapidement le printemps. «Si on veut opérer en forêt, il faut se préparer. Un investissement de 10 millions $ tu ne peux pas faire ça en criant ciseau.»

Quant aux volumes de bois qui pourraient être modifiés dans une éventuelle solution, Claude Dupuis ne veut pas s'avancer et «négocier sur la place publique». Les dirigeants gardent le cap sur 150 000 mètres cubes de bois.

«Je suis de nature optimiste et je veux parler à ces gens-là. Je pense qu'on est encore capable de sauver le projet, mais ça prend du bois. Pas de bois, pas de projet. Il n'y aura pas de demi-projet», insiste M. Dupuis.

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, qui n'était pas au courant du refus de PFM, a déclaré pour sa part, hier matin, que toutes les entreprises en voulaient plus. «On va avoir la chance de les rencontrer s'ils veulent nous expliquer pourquoi ils ne sont pas capables d'investir davantage», a-t-il souligné.

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