Stolt LNGaz: des Bécancourois craignent le pire

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La citoyenne Nicole Racine a fait part de ses préoccupations devant le BAPE.

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Bécancour) Présence de déchets nucléaires à proximité et d'installations «explosives» dans le parc industriel, augmentation du trafic fluvial de matières dangereuses et possibilités de déflagrations de l'usine et des conduites: voilà autant de craintes qui ont poussé certains citoyens à demander la tenue d'audiences publiques sur l'environnement au sujet du projet de construction d'une installation de liquéfaction de gaz naturel (GNL) à Bécancour par Stolt LNGaz.

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Une centaine de personnes ont assisté à cette première partie de l'audience publique.

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«J'ai assisté à leur soirée d'information et cela m'a laissé vraiment très perplexe», a soutenu l'un d'eux, Raymond Croteau, lors de la première partie de l'audience publique du BAPE tenue lundi soir à Bécancour en présence d'une centaine de personnes.

Pour sa part, Nicole Racine croit que Bécancour et les communautés limitrophes ont droit à plus de détails sur les risques d'une telle installation, sur les coûts de protection incendie qui reviennent à la municipalité et sur les risques d'accidents à effet domino.

«Est-ce qu'un montant en garantie est prévu en cas d'accident sérieux, d'obligation de démantèlement, en cas de faillite ou cessation d'activité?», a-t-elle demandé devant les commissaires.

En plus de partager cette inquiétude de «devoir vivre avec ces risques pendant de très nombreuses années», Danielle Rochette s'est dit préoccupée par la demande en gaz naturel qui sera générée par l'usine de Stolt LNGaz, «sans compter l'éventuelle usine d'IFFCO».

«Il m'apparaît y avoir là un danger de glissement vers l'extraction du gaz de schiste au Québec, et dans ma région en particulier, un danger de justification à moyen terme d'une filière dont le BAPE vient de mettre en lumière les risques à de nombreux niveaux et dont la population d'ici ne veut pas», a-t-elle laissé savoir.

Aux questions de plusieurs intervenants sur la provenance du gaz naturel et sa teneur en gaz de schiste, les promoteurs répètent qu'ils ne peuvent identifier l'origine de la molécule, une difficulté confirmée par un représentant du ministère des Ressources naturelles.

Selon les scénarios d'accidents étudiés par le promoteur, aucune des résidences ou des lieux publics du voisinage ne seraient touchés, compte tenu de leur éloignement. Pour la majorité des scénarios évalués, les distances d'impacts pouvant nuire à la santé demeurent à l'intérieur de la zone industrielle.

«Moi, je m'inquiète de l'effet domino, mais sur l'économie de la région. Les écologistes applaudissent quand des usines ferment, les chômeurs applaudissent quand des usines ouvrent», a soulevé Yvon Lavigne. Et à son instar, Guy Boisclair, de l'Auberge Godefroy, a voulu en savoir plus sur les retombées économiques du projet.

Or, durant la construction, la main-d'oeuvre requise atteindrait une pointe de 250 travailleurs au plus fort des travaux, avec une moyenne de 200 travailleurs sur le chantier par année. Durant l'exploitation, 20 emplois directs seraient créés à Montréal et 30 à Bécancour. L'usine serait composée de deux unités de liquéfaction d'une capacité de production de 1400 tonnes métriques par jour chacune, pour une production annuelle de 1 million de tonnes de GNL. L'approvisionnement en gaz naturel de l'usine, à la hauteur de 1330 millions de mètres cubes standards par an, se ferait par le réseau de distribution de Gaz Métro. Quant à l'expédition du GNL, deux modes de transport sont prévus: par «petit» bateau méthanier, à raison d'un à trois par semaine, et par camion (quatre transports sur une base hebdomadaire).

Le projet nécessiterait des investissements de 488 millions de dollars. Le promoteur souhaite que l'exploitation de l'usine débute à l'automne 2017. L'audience publique se poursuit lundi.

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