Marché du travail: le royaume du temps partiel

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Frédéric Laurin, professeur au département des sciences de la gestion à l'UQTR.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La Mauricie affiche son meilleur bilan annuel dans l'enquête sur la population active de Statistique Canada depuis trois ans, mais ce sursaut doit aussi être analysé dans un environnement économique plus large dans lequel la région continue à tirer le diable par la queue.

Frédéric Laurin, professeur au département des sciences de la gestion à l'Université du Québec à Trois-Rivières, soulève une donnée qui attire habituellement peu l'attention dans ce genre d'analyse.

Ainsi, le fait que la Mauricie ait principalement créé des emplois à temps partiel en 2014 modère l'enthousiasme du professeur associé à l'Institut de recherche sur les PME.

«C'est une mauvaise nouvelle, parce que si les restaurants ferment, c'est parce qu'il y a quelqu'un qui n'a pas d'argent à quelque part», fait-il remarquer. «Il y a une tendance. Le temps partiel gagne en force.»

En fait, selon l'agence fédérale, les 26 900 emplois à temps partiel recensés en Mauricie en 2014 constituent un sommet depuis les dernières données disponibles, en 1987. Pire, à 23,4 %, aucune autre région au Québec ne se retrouve avec une telle proportion d'emplois à temps partiel par rapport à l'ensemble de sa main-d'oeuvre.

Il faut également rappeler que dans une perspective plus large, les statistiques du marché du travail régional traînent toujours de la patte par rapport au reste du Québec et du Canada.

Ainsi, malgré les gains de la dernière année, Trois-Rivières affiche les pires taux d'emploi et d'activité parmi les 35 régions métropolitaines de recensement à travers le pays. Par contre, à 7,3 %, son taux de chômage n'a jamais été aussi bas depuis 2001, soit l'année jusqu'où Statistique Canada a procédé à la révision de ses données.

Quant à la Mauricie, elle demeure parmi les cancres en ce qui concerne les principaux indicateurs du marché du travail.

En 2014, au Québec, le taux de chômage s'est établi à 7,7 %, contre 8,6 % pour la région. Le retard est beaucoup plus prononcé en ce qui concerne les taux d'activité et d'emploi. Ces derniers se situent respectivement à 55,6 % et 50,8 % en Mauricie, alors que dans l'ensemble du Québec, ils s'établissent à 64,7 % et 59,7 %. «Il y a encore du chemin à faire», pointe M. Laurin.

Enfin, en revenant sur les données mensuelles, le chercheur constate que 2014 avait plutôt bien débuté dans la région, mais les statistiques laissent croire que le portrait s'est détérioré en fin d'année.

«Je vois des tendances fortes», analyse l'universitaire. «Ça s'est amélioré jusqu'en avril et ça s'est dégradé par la suite.»

L'enquête sur la population active pour janvier 2015 sera dévoilée le 6 février.

[Région - Proportion]

Ouataouais : 16,8 %

Côte-Nord : 17 %

Abitibi-Témiscamingue : 17,7 %

Lanaudière : 18,4 %

Laurentides : 18,5 %

Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine : 19 %

Montérégie : 19 %

Centre-du-Québec : 19,1 %

Chaudière-Appalaches : 20 %

Capitale Nationale : 20,2 %

Bas-Saint-Laurent : 20,4 %

Montréal : 21,3 %

Saguenay-Lac-Saint-Jean : 21,7 %

Laval : 22,3 %

Estrie : 22,9 %

Mauricie : 23,4 %

MOYENNE PROVINCIALE : 20,1 %

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