Marcotte Alimentation: la mobilisation prend forme

Claude Villemure sera à la tête d'une importante... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Claude Villemure sera à la tête d'une importante délégation régionale qui rencontrera Jean-Guy Ladrière demain.

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(Trois-Rivières) La mobilisation prend forme dans la région à la suite de l'annonce du transfert vers Lévis des activités d'entreposage de Marcotte Alimentation, entreprise appartenant depuis cet automne au Groupe Colabor. L'appel de Claude Villemure, le propriétaire de trois restaurants à Shawinigan et instigateur l'été dernier de la marche «Shawinigan on se tient debout», a été entendu.

Quelques restaurateurs et personnalités politiques vont rencontrer jeudi le président et directeur des installations de Trois-Rivières et ancien propriétaire de l'entreprise, Jean-Guy Ladrière. Si les restaurateurs espèrent que Colabor revienne sur sa décision pour ainsi sauver 60 emplois, ceux-ci envisagent plusieurs scénarios allant même jusqu'à la création d'une coopérative.

«Est-ce qu'il y a encore quelque chose à faire? Avons-nous tout fait pour sauver les 60 emplois», demande Claude Villemure, deux jours avant la rencontre. «S'il n'a plus rien à faire, il faut s'en servir comme exemple. On se rend compte qu'on peut être désavantagé en région. Nous sommes par contre en mode solutions.»

L'homme d'affaires précise qu'il sera accompagné de collègues restaurateurs dont Dany Bruneau, notamment du Carlito et de la microbrasserie Archibald à Trois-Rivières, de Pierre Dubillard, du restaurant Le Rouge Vin, et de Michel Raymond, du Pasta Grill à Shawinigan.

L'instigateur de la rencontre explique que bien des restaurateurs de la région, dont plusieurs ont manifesté de l'inquiétude quant au transfert de l'entreposage vers Lévis, apprécient la grande flexibilité qu'offre un entrepôt dans la région notamment lorsqu'ils ont besoin de produits supplémentaires. De part la nature même du service offert, les restaurateurs ne peuvent conserver de trop grands inventaires pour les produits frais.

De plus, le député libéral de Saint-Maurice, Pierre Giguère, une représentante du ministre responsable de la Mauricie et ministre délégué aux Petites et Moyennes Entreprises, à l'Allègement réglementaire et du Développement économique régional, Jean-Denis Girard, ainsi que la conseillère municipale et mairesse suppléante de Shawinigan, Lucie De Bons, seront de cette rencontre. Le directeur général d'IDE Trois-Rivières, Yves Marchand, de même que le directeur général du CLD de Shawinigan, Luc Arvisais, y participeront également tout comme le professeur d'économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Frédéric Laurin, qui y sera à titre d'observateur.

«Marcotte est le meilleur exemple qui montre que Trois-Rivières et Shawinigan doivent travailler ensemble», note Claude Villemure. «C'est le devoir de tout le monde de se relever les manches.»

Claude Villemure souhaitait que les députés soient présents lors de cette rencontre afin de les sensibiliser également sur les problèmes liés à l'octroi de contrats alimentaires par Québec. Rappelons que la perte en 2013 du contrat d'approvisionnement des hôpitaux et centres de soins longues durée de la Mauricie et du Centre-du-Québec, au profit d'un concurrent américain, a donné un dur coup à l'entreprise. La différence dans les soumissions entre Marcotte et l'entreprise américaine pour ce contrat de cinq ans de 7,5 millions $ par année n'était que de 35 000 $. La perte de ce contrat avait entraîné la suppression de 30 emplois à Trois-Rivières.

Jean-Guy Ladrière estime que le groupe a raison de dénoncer les pertes d'emplois en Mauricie, comme il l'a fait lorsque son entreprise a perdu le contrat de la santé. Toutefois, il soutient que la décision du Groupe Colabor a été prise de façon réfléchie et qu'il n'y a «rien à faire». M. Ladrière demeure toutefois le propriétaire du bâtiment de Trois-Rivières. Des clients seraient d'ailleurs intéressés à louer l'entrepôt.

«La décision de transférer vers Lévis a été prise en sachant qu'on serait capable de remplir le bâtiment de Trois-Rivières», explique l'ancien propriétaire de Marcotte Alimentation.

Claude Villemure ne cache pas que la création d'une coopérative est envisagée. La possibilité n'est pas exclue, mais ne figure pas dans les priorités, note le restaurateur.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, ne veut pas faire de l'ingérence dans la décision d'une entreprise privée. Toutefois, il précise que si les restaurateurs veulent se regrouper en coopérative pour assurer localement l'approvisionnement alimentaire, la Ville «sera au rendez-vous» pour les aider.

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