Appel à la mobilisation: «Le pessimisme, c'est terminé»

Le professeur Frédéric Laurin initie une mobilisation économique... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le professeur Frédéric Laurin initie une mobilisation économique dans la région.

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Martin Lafrenière
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Tout indique qu'au moins 10 chefs d'entreprises de la Mauricie et de Bécancour vont bientôt former un regroupement de gens d'affaires dont l'objectif sera de relancer l'économie de la région.

L'idée de travailler à une solide relance en unissant des entrepreneurs régionaux vient de Frédéric Laurin, professeur en économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières et chercheur à l'Institut de recherche sur les PME.

Depuis le mois de septembre, M. Laurin a rencontré une trentaine de chefs d'entreprises. L'initiative est basée sur l'urgence d'agir afin de repartir la roue de l'économie de la région qui connaît des moments difficiles depuis la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. Et pour y arriver, une stratégie de développement et de diversification économique sera établie par et pour les gens d'affaires dans une approche de coopération avec les organismes de développement économique.

«On mise sur les entreprises, car ce sont elles qui vont créer des emplois, qui connaissent leurs problématiques, qui sont à même d'identifier les créneaux porteurs. Il y a énormément de problématiques d'entreprises avec des solutions d'affaires. On veut faire émerger des projets d'investissements communs qui peuvent répondre à des problématiques communes. Le pessimisme, c'est terminé. On se prend en main pour démontrer que des choses vont changer», raconte M. Laurin, qui fait confiance aux entreprises pour trouver des solutions notamment dans le développement de marchés, l'innovation et la formation de la main-d'oeuvre.

Par le biais d'études menées à l'Institut de recherche sur les PME, le corridor nord-sud menant du secteur de Shawinigan à Bécancour ressort comme étant un axe très fort économiquement parlant, en y ajoutant les secteurs du meuble de la région de Louiseville et du bois de la Haute-Mauricie. Le renforcement économique doit passer par cet axe et il faudra travailler sur cette structure.

«Il y a une connexion forte entre les entreprises situées entre Bécancour et Shawinigan. On a une région qui se définit par cet axe où il y a des interlations et le défi est de pouvoir réfléchir à cette unité régionale. Le deuxième défi est qu'une région en difficulté doit travailler sur plusieurs axes pour s'en sortir, que ce soit le décrochage scolaire, l'entrepreneuriat. Tout cela demande de la coordination et on veut que cela se fasse à l'initiative d'un groupe de chefs d'entreprises», ajoute le professeur de l'UQTR.

L'Institut de la recherche sur les PME est aussi préoccupé par un fait marquant: l'équipe a mené en 2013 une étude portant sur la performance économique des différentes régions du Québec en observant le rendement de chaque région en terme de taux de croissance, de taux de chômage, de niveau des exportations, de niveau de scolarité et des revenus. Quinze indices ont été mesurés au cours de cette étude et la Mauricie arrive au dernier rang avec un score de 12,60.

«L'objectif est de ramener la Mauricie au niveau de la moyenne québécoise d'ici 10 ans, entre les Laurentides et l'Estrie, soit entre 8,53 et 9,07. C'est un objectif réaliste compte tenu des atouts: la présence de deux cégeps et d'une université, de deux ports, d'un aéroport, des moyens de transport, de la position géographique, de l'organisation du développement économique, de la présence d'un fonds de diversification économique, d'un passé industriel, d'infrastructures industrielles, d'une qualité de vie. Il faudra valoriser les éléments de bien-être de la région.»

Frédéric Laurin croit être en mesure de dévoiler l'identité des entreprises membres du futur regroupement d'ici quelques semaines. Une stratégie très concrète de développement économique devra être établie d'ici un an. Les entreprises membres du regroupement pourront réaliser cette stratégie en utilisant les ressources de l'Institut de recherche sur les PME.

«Dans les années 1950, on a fait du développement économique en développant des infrastructures. Dans les années 1990, on a parlé de productivité, d'innovation. Aujourd'hui, ça passe par la façon d'organiser les choses.Les autres éléments sont importants, mais la coopération entre les entreprises et les organismes de développement économique est primordiale.»

Étude sur la performance économique des régions du Québec

Classement moyen total

Région | Résultats

Capitale-Nationale | 4,73

Montérégie | 6,47

Chaudière-Appalaches | 6,53

Outaouais | 6,80

Laval | 7,27

Abitibi-Témiscamingue | 8,40

Laurentides | 8,53

Estrie | 9,07

C.-Nord et Nord-du-Québec | 9,13

Lanaudière | 9,20

Montréal | 9,27

Saguenay-Lac-Saint-Jean | 9,93

Centre-du-Québec | 10,47

Bas-Saint-Laurent | 10,87

Gasp.-Îles-de-la-Madeleine | 12,27

Mauricie | 12,60

L'étude a été menée en 2013 par l'Institut de la recherche sur les PME. Plus le résultat se rapproche de la note 1, plus la région se rapproche du premier rang concernant les 15 indices mesurés dans le cadre de cette étude.

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