Coupes chez Marcotte Alimentation: les restaurateurs montent au front

Le restaurateur shawiniganais Claude Villemure déplore le transfert... (Photo: François Gervais, Le Nouvelliste)

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Le restaurateur shawiniganais Claude Villemure déplore le transfert des activités de Marcotte Alimentation et souhaite reproduire à l'échelle mauricienne le mouvement de solidarité «Shawinigan, on se tient debout!».

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Marie-Josée Montminy
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Réagissant à la nouvelle du transfert des activités du distributeur Marcotte Alimentation de Trois-Rivières vers Saint-Nicolas, le restaurateur shawiniganais Claude Villemure en appelle à la mobilisation.

Les 52 employés de  Marcotte Alimentation de Trois-Rivières... (Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste) - image 1.0

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Les 52 employés de  Marcotte Alimentation de Trois-Rivières ont appris, mercredi, qu'ils pourront conserver leur emploi jusqu'au 18 septembre.

Photo: Sylvain Mayer, Le Nouvelliste

L'homme qui avait initié le mouvement «Shawinigan, on se tient debout!» à la suite de l'annonce de la fermeture de l'usine Laurentide, croit maintenant qu'il faudrait lancer un mouvement «La Mauricie, on se tient debout!».

«Ça va faire! On ne peut pas ne rien dire!», s'indigne M. Villemure, propriétaire des restaurants Les Ailes Buffalo, Le Mémento et Les deux frères à Shawinigan. Le restaurateur se fait un

devoir d'encourager l'économie locale et pour lui, le départ de la région d'une entreprise qui fait travailler des gens d'ici doit être dénoncé.

Pendant toute la journée de jeudi, Claude Villemure a multiplié les appels à des collègues restaurateurs de Shawinigan et de Trois-Rivières pour les sensibiliser à l'enjeu de la vitalité de l'économie locale en espérant les rallier pour la défendre. L'homme d'affaires souhaite pouvoir rencontrer les dirigeants du Groupe Colabor, qui a acquis Marcotte Alimentation en septembre dernier.

«Une vingtaine de restaurateurs ont accepté de me donner le mandat de parler avec Colabor», confiait jeudi après-midi celui qui, avec un comité, a attiré à Shawinigan le 27 septembre quelque

2000 personnes pour une marche de mobilisation, d'affirmation et de solidarité.

«Si on ne fait rien, il ne se passera rien. Mon but est que Colabor change d'idée. Il faut mettre de la pression. Nous, on va aller ailleurs si ça reste comme ça. Parce que même si on paye certaines choses plus cher, on préfère acheter ici», soutient le restaurateur qui gère ses trois établissements avec ses filles et sa conjointe.

«Ce n'est pas qu'on n'a pas un bon service avec Marcotte, qu'on va aller ailleurs. On a un très bon service. Mais on a déjà refusé de faire affaire avec d'autres fournisseurs moins chers ailleurs, et on est resté avec Marcotte parce que c'est local», insiste-t-il. M. Villemure dit acheter pour un demi-million de dollars de produits de Marcotte Alimentation par année.

Le déménagement des activités dans un secteur de Lévis à la fin de mars implique la perte de

60 emplois pour la Mauricie.  «60 emplois ici, 60 emplois là... On finit l'année avec 3000 emplois de moins», se désole M. Villemure. «Marcotte a démarré à Shawinigan, puis est déménagé à Trois-Rivières. Avec le temps on l'a digéré, parce qu'on se disait que c'était dans la région et que les employés de Shawinigan continuaient à dépenser à Shawinigan et à payer des taxes municipales à Shawinigan», ajoute-t-il.

Dans un contexte de restructuration du tissu économique de la Mauricie avec le déclin de la grande industrie, M. Villemure est particulièrement sensible à la rétention des entreprises déjà existantes. 

«On a l'air des Expos de Montréal, qui développaient de bons joueurs qui s'en allaient ailleurs quand ils étaient rendus bons. On parle de partir des PME en Mauricie, mais est-ce qu'elles vont toutes quitter la région une fois développées?», se demande-t-il.

D'un autre côté, au fil de ses discussions de jeudi avec d'autres restaurateurs, il en est aussi venu à la recommandation «que tout le monde se regarde dans le miroir». «Il y en a qui ont changé de fournisseur pour 50 cents. On se fait hara-kiri, dans les régions, quand on choisit pour quelques dollars d'aller ailleurs. Oui, il y a beaucoup de compétition en restauration, mais il faut mettre ça de côté. Des fois, les affaires, c'est au-delà des chiffres.»

Dans ses revendications, Claude Villemure vise également le volet de la réglementation publique en ce qui concerne l'octroi de contrats. 

«Il faut que le gouvernement change les façons de faire avec le système de contrats au plus bas soumissionnaire. Si Marcotte n'avait pas perdu le contrat des hôpitaux pour 35 000 $, on n'en serait peut-être pas là aujourd'hui», évoque-t-il en faisant référence à la perte, pour Marcotte, d'un contrat de 30 millions $ au profit de la compagnie

américaine Gordon Food Services en 2013.

Marcotte Alimentation approvisionnait depuis 12 ans les hôpitaux et centres d'hébergement et de soins de longue durée de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Une vingtaine d'employés avaient été mis à pied quand le contrat avait échappé à l'entreprise trifluvienne. 

«Avec cette mesure de plus bas soumissionnaire, on encourage les multinationales», déplore

M. Villemure.

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